« En France, on nie le problème des prélèvements d’organes forcés en Chine »

18 juillet 2013 Mis à jour: 25 novembre 2016

À l’occasion de la sortie en France du livre Organes de l’État, Abus de transplantation d’organes en Chine, une conférence de presse a été organisée à l’Assemblée Nationale ce mercredi 17 juillet 2013. Organisée par l’Association Dafoh (Doctors against forced organ harvesting) et en présence du co-auteur du livre David Matas, la conférence a reçu le soutien de Lionnel Luca, député UMP. Le livre Organes de l’État  expose le point de vue de plusieurs professionnels de la santé et spécialistes de la Chine sur la question des prélèvements d’organes forcés, une pratique lucrative et institutionnalisée dans les rangs de l’État chinois. Étaient présents David Matas avocat international des droits de l’homme et nominé au prix Nobel de la paix, Harold King responsable de Dafoh en France, Geneviève Salsat, attachée parlementaire de Lionnel Lucca, Valérie Boyer, députée UMP et auteure en 2010 d’une proposition de loi règlementant le tourisme de transplantation d’organes, Michel Wu, ancien rédacteur en Chef de RFI pour la section Asie, Alain Tong, président de l’association Falun Dafa France, Sylvie Le Lan d’Ensemble contre la Peine de Mort et Marie Françoise Lamperti d’Agir pour les Droits de l’homme.

Le soutien de Lionnel Luca aux peuples opprimés par un régime totalitaire

Lionnel Luca, député UMP et vice président du groupe d’étude sur la question du Tibet à l’Assemblée Nationale soutient depuis plusieurs années les conférences sensibilisant sur la question des violations des droits de l’homme en Chine notamment celle de la persécution du Falun Gong. Alors qu’il était dans sa circonscription, c’est son attachée parlementaire Geneviève Salsat qui a transmis les encouragements du député :

« Lionnel Luca se réjouit que vous puissiez bénéficier de cette salle à l’Assemblée Nationale. Vous savez son opposition à tout régime totalitaire ; M. Luca est un grand libéral. Il a maintes fois dénoncé, quelque soit le régime, les répressions et les censures qui entravent la liberté de l’homme. Il a été très longtemps, le président du groupe d’étude sur la question du Tibet. Il s’est beaucoup battu, notamment lors des JO à Pékin pour que les droits de l’homme soient mis sur la table des discussions et que la situation des tibétains soit clairement exposée. Il continue à défendre ce peuple et tous les peuples qui sont opprimés par un régime politique totalitaire. Il est un fervent partisan de la liberté et notamment de la liberté d’expression, c’est pourquoi il a accepté avec grand plaisir de faire cette conférence de presse. En son nom, bienvenue à l’Assemblée. »

Organes de l’État, Abus de transplantation d’organes en Chine

Alors qu’une résolution formelle vient d’être présentée au Congrès américain, en France sort le livre Organes de l’État, une compilation d’essais autour de la pratique illégale des prélèvements d’organes forcés en Chine dont les victimes sont les pratiquants du Falun Gong, détenus pour leur croyance. Ces essais présentent les différents aspects de la question par plusieurs spécialistes expliquant l’histoire des prélèvements d’organes, l’implication des grandes sociétés pharmaceutiques, leurs études cliniques, ainsi que l’analyse, dès son origine, de la persécution du Falun Gong

« Contrairement au phénomène mondial de trafic d’organes, où le donneur reste vivant », le docteur Trey co-auteur du livre avec M. Matas précise que « les prélèvements forcés d’organes en Chine sont majoritairement basés sur la « mort intentionnelle » du donneur… une mort qui n’est pas survenue lors d’un accident ou selon le cours naturel de sa vie, mais plutôt par la décision ou la volonté d’autres personnes. Les pratiquants du mouvement spirituel Falun Dafa sont devenus la cible principale pour cette réserve de donneurs vivants. »

Selon Gabriel Danovitch, néphrologue américain et auteur d’un essai dans le livre, «  il me semble que je ne peux pas contrôler ce qui se passe en Chine…Mais, nous pouvons contrôler ce qui se passe chez nous. Nous pouvons contrôler le contenu de nos revues, de nos réunions, de nos manifestations et de nos conférences. C’est à nous. Au moins nous pouvons contrôler ce qui se dit dans nos médias »

Le livre Organes de l’État rassemble des auteurs venant de quatre continents différents, les collaborateurs sont Gabriel Danovitch, le bio éthicien américain Arthur Caplan, le professeur israélien Jacob Lavee, le professeur australien Maria Fiatarone-Singh, le médecin malaisien, Docteur Ghazali Ahmad, l’ancien membre du parlement canadien David Kilgour et David Matas, avocat des droits de l’homme basé au Canada, membre de l’Ordre du Canada et nominé au prix Nobel de la paix. David Matas présent à la conférence est également coauteur avec David Kilgour de l’ouvrage Bloody Harvest (Prélèvements meurtriers – L’assassinat des pratiquants du Falun Gong pour leurs organes) édité en 2009. Les essais du livre fournissent aux lecteurs des faits et des statistiques, des réflexions approfondies et des témoignages de ce qui se passe dans les prisons en Chine. Ils exhortent les gouvernements et les individus à arrêter ces crimes contre l’humanité.

Vers de nouveaux amendements contre le prélèvement d’organes forcés en Chine

La députée Valérie Boyer, a eu l’amabilité de venir entre deux réunions pour assurer de son soutien. Elle a commencé par indiquer qu’elle allait reprendre les amendements déposés en 2010 (Une proposition de Loi en France pour réglementer la transplantation d’organes à l’étranger) et déposer une nouvelle résolution. Selon la députée, la commercialisation du corps nécessite une règlementation internationale.

En 2010, ses amendements avaient été éludés par le Ministre de la Santé de l’époque pour cause que la règlementation française était  assez stricte sur la traçabilité des organes et donc que les termes de la résolution étaient superfétatoires. Avec la résolution du Parlement espagnol qui a suivi en 2010 et la nouvelle résolution de juin 2013 du Congrès Américain (États-Unis, une résolution appelle à la fin des prélèvements d’organes illégaux en Chine) visant à positionner plus clairement une nation contre les prélèvements d’organes illégaux sur les pratiquants de Falun Gong en Chine et sur la question éthique des crimes contre l’humanité qu’ils subissent en Chine, Mme Boyer pense avoir de nouveaux éléments pour saisir le Président de la Commission des affaires étrangères et le sensibiliser sur cette question. Elle pense également faire remonter cette question aux parlementaires français du Parlement Européen et à l’Agence de Biomédecine française. Effectivement, il n’y a pas de loi interdisant les patients d’aller faire une transplantation et aucun suivi ni sanction ne sont réalisés sur des patients revenant de l’étranger et demandant des médicaments anti-rejet à leur médecin ou se retirant de la liste de demandes de transplantation d’organes. Également, il n’y a pas de positionnement du gouvernement français par rapport aux prélèvements d’organes sur les pratiquants de Falun Gong, ce qu’on fait clairement plusieurs pays européens, l’Union Européenne, les États Unis, l’État d’Israël, etc.

Selon la Député Valérie Boyer, il est dans notre culture que le corps est un, indivisible et inaliénable. Cependant aujourd’hui la commercialisation du corps, dans laquelle elle inclut la vente d’ovocytes, la procréation médicalement assistée sont en train d’être acceptée par l’opinion publique, ce qui donne lieu à un environnement où règne le paradoxe. A ceci, Alain Tong de l’Association Falun Gong France a voulu préciser la différence entre les prélèvements d’organes forcés, un processus dans lequel la personne est tuée et prélevée contre sa volonté ; et la commercialisation de la reproduction où la personne reste vivante, mais vend une partie de son corps. C’est la même différence qu’ Harold King a précisé entre le trafic d’organes où le donateur est vivant et le prélèvement d’organes où le « donateur » est assassiné pendant la transplantation.

Le marché de la transplantation, un secret d’état chinois

Après la diffusion de la vidéo : Tués pour leur organes, le marché de la transplantation, un secret d’état chinois, David Matas a commencé à présenter le contexte des prélèvement d’organes en Chine. Depuis la loi de 2007 interdisant en Chine les prélèvements d’organes, rien n’a été fait en réalité. En 2007, le régime s’était donné 5 ans pour stopper ces pratiques « illégales », puis en 2012 il s’est de nouveau donné deux années pour y mettre fin. 600 cliniques de transplantations d’organes sont apparues en Chine depuis 2000, sans explication d’un besoin particulier. Pourtant cette date coïncide avec les débuts de la persécution des pratiquants de Falun Gong en Chine et leur emprisonnement massif en tant que prisonniers de conscience. Ces cliniques de transplantation ou hôpitaux non civils sont tenus par le régime militaire, lui même contrôlé par le parti communiste chinois (PCC). Selon M. Matas, si des changements n’ont pas eu lieu c’est seulement une question de volonté politique du régime. Par exemple, pendant longtemps le régime chinois a nié l’existence de l’épidémie du Sida en Chine, car c’était l’armée qui avait le monopole sur le vaste réseau de prostitution en Chine. Quand le régime a décidé d’agir contre le Sida, il a demandé à l’armée de distribuer des préservatifs à toutes les prostituées. Le PCC a donc tous les moyens nécessaires pour arrêter instantanément le vaste réseau de prélèvements d’organes forcés en Chine, mais il ne le fait pas pour des raisons politiques et lucratives.

Selon David Matas, en Chine les changements se font toujours en apparence. Par exemple, si un site internet fait de la publicité pour les étrangers de la transplantation d’organes en Chine et si il est détecté par un organisme humanitaire, aussitôt il est retiré du web et réapparaitra plus tard sous un autre nom. Si le site internet a disparu, le commerce d’organes derrière est toujours actif.

Il y a beaucoup d’hôpitaux militaires qui font des prélèvements d’organes, mais les chiffres de ces transplantations n’entrent pas dans les statistiques publiques. Le gouvernement chinois parle officiellement de 10.000 transplantations d’organes en Chine chaque année (chiffre non vérifiable) et reconnaît que 95% viennent des condamnés à mort. Cependant, avec un nombre de peine de mort en baisse, cela diminue aussi la source des organes. C’est pourquoi, ils vont chercher auprès des prisonniers de conscience, qui ne sont pas dans le système judiciaire et qui sont exécutés au moment où on leur retire leurs organes. Sur cette population de prisonniers des camps de travaux forcés, il n’y a pas de chiffres officiels (bien que certains soient donnés dans le livre Organes de l’État), car les statistiques en Chine sont toujours manipulées en fonction des besoins publiques et politiques.

Concernant les changements de la Chine, Alain Tong a parlé des camps de travaux forcés chinois, tel le camp de Masanjia dont l’existence a été révélé, il y a quelques mois. Suite au tôlé international le régime chinois a dit qu’il allait fermer tous les camps de travaux forcés chinois. Ce qui veut dire que tous les pratiquants de Falun Gong vont être transférés dans les centres de lavage de cerveaux. En apparence, les camps de travaux forcés auront été fermés, en réalité ils porteront un autre nom et les prisonniers de conscience seront transférés dans d’autres prisons.

Selon Matas, il y a toujours en Chine un système officiel et un système officieux. Le premier servant à cacher politiquement le second. Le système de prélèvements d’organes en Chine est une décision politique de la part du régime, car cela apporte beaucoup d’argent aux hôpitaux et aux cliniques. C’est pourquoi la politique des prisonniers de conscience est maintenue. Le système officieux, comme le bureau 6.10 sert à appliquer les décisions sans avoir à se soucier de la Constitution chinoise pour assurer le maintien des prisonniers de conscience, le maintien des centres de travaux forcés et les prélèvements dans les hôpitaux militaires.

Selon David Matas depuis la publication de Prélèvements meurtriers en 2007 avec David Kilgour, il y a eu des changements dans la règlementation de la transplantation d’organes dans plusieurs pays. Parmi les nombreux exemples cités et abordés dans le livre, il y a celui du médecin israélien le Dr Jacob Lavee. Avant d’avoir les informations sur les prélèvements d’organes forcés en Chine, les médecins israéliens travaillaient beaucoup avec les médecins chinois. Tous les frais de transplantation d’organes réalisés en Chine étaient même remboursés par l’État. Depuis la publication des prélèvements d’organes forcés, ces pratiques ont cessé en Israël qui a arrêté sa collaboration avec la Chine. Le Parlement Israélien a passé une loi, qui a pris effet en avril 2012, interdisant aux compagnies d’assurance de rembourser les patients pour toutes sortes de greffes effectuée à l’étranger.

Concernant le nombre de transplantation en Chine, David Matas souligne que normalement c’est au gouvernement chinois de fournir les statistiques et d’expliquer d’où viennent les 200.000 transplantations supplémentaires non comptées dans les statistiques officielles. Le gouvernement chinois depuis 2007 n’y a donné aucune réponse. Il est difficile même en France de savoir l’origine des organes et aucune loi n’interdit le tourisme de transplantation d’organes en Chine. Seuls les médecins peuvent le savoir lorsque leur patient leur demande des médicaments antirejet (remboursés par la Sécurité Sociale), après une transplantation qui ne s’est pas déroulée en France. Le chapeau est aussi à porter par les industries pharmaceutiques dont l’objectif est de vendre un maximum de médicaments sans s’embarrasser de la traçabilité des organes. Il y a également une responsabilité partagée entre les professionnels de la santé, les docteurs en chirurgie de transplantation qui vont enseigner en Chine et les échanges inter-universitaires pour former les équipes de chirurgiens chinois. Ainsi dire que la source des organes est contrôlée en France est un écran de fumée, si il n’y a pas un contrôle de l’ensemble du corps médical français, patients y compris.

Dans plusieurs pays, le Canada, l’Espagne, la Malaisie, Israël, Taiwan, les États Unis, etc. le système éthique a été changé par le Parlement depuis que la nouvelle des prélèvements d’organes forcés en Chine ait été révélée il y a 7 ans avec la parution de Bloody Harvest, Prélèvements Meurtriers. Au niveau international, l’OMS a demandé que le système de transplantation d’organes soit transparent pour que l’on puisse savoir exactement la provenance d’un organe. Il y a donc eu énormément d’actions et de changements en relation avec la réglementation des prélèvements d’organes aux niveaux nationaux, mais cela n’est pas encore règlementé au niveau international.

Sur la même photo, de droite à gauche, David Matas, avocat international des droits de l’homme et co-auteur du livre u00ab Organes de l’État » ; Marie Françoise Lamperti, présidente d’Agir pour les droits de l’homme et Michel Wu, ancien journaliste et rédacteur en chef de RFI pour l’Asie. (Yang Hao, Epoch Times)
Sur la même photo, de droite à gauche, David Matas, avocat international des droits de l’homme et co-auteur du livre u00ab Organes de l’État » ; Marie Françoise Lamperti, présidente d’Agir pour les droits de l’homme et Michel Wu, ancien journaliste et rédacteur en chef de RFI pour l’Asie. (Yang Hao, Epoch Times)

Pas de droit mondial pour protéger les populations des crimes contre l’humanité

Présidente de l’Association Agir pour les Droits de l’homme, Marie Françoise Lamperti s’associe depuis quelques années aux ONG luttant contre les prélèvements d’organes forcés en Chine. L’Assemblée des Citoyens du Monde, qui regroupe plusieurs associations à travers le monde a également été alertée sur cette question et diffuse cette information sur son réseau. Selon cette organisation, le problème récurrent que cette situation tragique soulève  est que les seules interventions possibles se situent au sein  des nations elles-mêmes.

« C’est à dire qu’il n’existe pas  un  droit mondial,  des institutions supranationales qui permettent aux individus d’interpeler un État, d’avoir un recours par une procédure démocratique face aux États qui pratiquent  ce type de crimes contre l’humanité.  Certes,  le  droit international existe mais ce droit est le droit de chaque nation, différent d’un État à un autre et  trop limité pour agir comme outil de protection envers les peuples. C’est pourquoi il n’y aura  pas de recours  juridique possible tant que des institutions supranationales comme, par exemple,  une institution mondiale des droits humains ne soient créées ; tant qu’on ne parviendra pas à faire émerger un droit mondial pour protéger les peuples. Les conséquences tragiques sont devant nous encore aujourd’hui, notamment, avec le témoignage des prélèvements forcés d’organes sur les pratiquants du Falun Gong provoquant, comme vient de le dire Maître Matas, la mort immédiate des victimes » a t’elle précisé.

Les droits de l’homme, la liberté et la démocratie sont le fondement de la paix mondiale

Michel Wu est un ancien journaliste chinois vivant en France, portant derrière lui quarante années de journalisme, notamment en tant que rédacteur en chef de RFI pour la section Asie. Selon lui, « le problème des prélèvements d’organes forcés en Chine est avant tout un problème politique avant d’être un problème des professions de la santé ou du tourisme. La cause du problème vient du régime chinois. Sans la chute du régime communiste chinois, ce problème ne pourra jamais être traité correctement. En ce qui concerne la France, c’est aussi un problème de politique, car que ce soit la gauche ou la droite, la droite ou la gauche, malgré le changement de gouvernement on applique en fait toujours ce qu’on appelle la « Realpolitik ». Mme Boyer a dit tout à l’heure que pour la plupart des officiels français, ce problème n’existe pas ; malgré les preuves et les travaux accomplis par David Matas et David Kilgour, malgré les échos internationaux. Pour Paris, pour la position officielle de la France, c’est un problème qui n’existe pas. Je ne comprends pas, on a le plaisir d’inviter les entrepreneurs chinois à l’Elysée, mais on se tait sur ce qui se passe actuellement en Chine. »

Michel Wu a voulu remercier les travaux de Matas, surtout son travail en faveur des victimes du communisme en Chine. Il a continué en interpellant le gouvernement et les médias français.

« Est ce que la déclaration des droits de l’homme de 1789 ne sert qu’à décorer la façade de la France ? C’est une question qui se pose partout dans le monde. Est ce que la presse française est vraiment indépendante ? En tant que journaliste, je me pose la question. Sur les questions internationales au moins, les journalistes suivent la ligne du quai d’Orsay. Je connais le métier, et je crois que c’est cela. Regardez un peu le silence de la presse française sur le Falun Gong. Il y a même des journalistes qui reproduisent la propagande chinoise de diffamation de cette pratique spirituelle. Peut être les journalistes aujourd’hui préfèrent se plonger dans la facilité. »

« Si on reconnaît que le respect des droits de l’homme est le fondement de la paix mondiale, que la liberté et la démocratie sont des valeurs universelles à défendre, on ne doit pas se taire devant un pareil crime contre l’humanité en sacrifiant l’éthique au monde des intérêts économiques » a t’il conclu.

Est-il nécessaire de dire la vérité ?

Lors des questions-réponses, M. Matas a répondu si il avait reçu des pressions lors des différentes conférences qu’il avait faites à travers le monde. Il a en fait reçu plusieurs fois des pressions et des menaces avec son homologue et confrère David Kilgour. Plusieurs de leurs conférences ont du être annulées à cause des pressions de l’Ambassade chinoise sur le gouvernement et les institutions locales. En Australie, il a été menacé de mort en pleine conférence par un intervenant chinois, qui lui reprochait d’être contre la Chine ; à quoi David Matas a répondu qu’il n’était pas contre la Chine mais contre les prélèvements d’organes forcés, qui sont un crime contre l’humanité. Il y a aussi eu des incidents au bureau d’Epoch Times en Australie, qui avait été vandalisé il y a quelques années pour avoir voulu organiser une conférence sur les prélèvements d’organes.

Selon lui, il n’est pas le plus à plaindre, ceux qui sont le plus à plaindre sont les citoyens chinois, dont  les pratiquants de Falun Gong qui sont victimes en Chine des prélèvements d’organes forcés. Il a parlé également de l’avocat des droits de l’homme Gao Zhisheng, qui a voulu défendre les pratiquants de Falun Gong et qui a été emprisonné et torturé encore aujourd’hui. (Gao Zhisheng raconte 50 jours de torture en détention) Son bureau a été fermé, sa licence lui a été retirée et sa famille harcelée. « En tant qu’avocat international des droits de l’homme basé au Canada, la pression et les menaces dont je suis victime ne sont rien par rapport à ce qui subissent les avocats en Chine. » a ajouté David Matas.

Selon Ethan Gutmann, auteur d’un essai de Organes de l’État au moins 65.000 pratiquants de Falun Gong ont été assassinés pour leurs organes entre 2000 et 2008. Il a aussi noté que d’autres groupes—les Tibétains, les Ouïghours et quelques chrétiens—avaient aussi été victimes du meurtre d’état organisé pour des organes. Selon lui, il s’agit bien sûr d’un génocide et tous ceux qui y ont participé devront un jour être jugés.

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