La France en tête de la construction de routes solaires

22 novembre 2016 Mis à jour: 21 novembre 2016

À l’heure de la transition énergétique et de la mutation vers la ville de demain, la première route solaire au monde est en train de voir le jour grandeur nature à Tourouvre dans l’Orne. Les travaux, qui ont commencé le 24 octobre, devraient se terminer le 10 décembre. La route a été inaugurée par la ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, Ségolène Royal. Selon la ministre, « la France a plus d’un million de kilomètres de routes (…) Pour la transition énergétique, il est temps de transformer la route, hier simple ruban de bitume, en source d’énergie », a-t-elle lancé après avoir visité l’usine SNA, qui assure la fabrication.

Le prototype de la route a été conçu par le groupe de BTP Colas, filiale de Bouygues, en partenariat avec le CEA Tech et l’Institut national de l’énergie solaire. Nommé « Wattway », il est capable de capter l’énergie solaire et de produire de l’électricité aux infrastructures se situant à proximité.

À Tourouvre, il sera testé sur une longueur d’un kilomètre sur la départementale 5, pour un total de 2 800 m2 de dalles photovoltaïques et un coût de 5 millions d’euros venant des subventions publiques. 2 000 véhicules par jour en moyenne devraient circuler sur ces dalles qui ont été posées directement sur la chaussée.

« Très fines mais très résistantes, antidérapantes et conçues pour durer, les dalles Wattway peuvent supporter le passage de tout type de véhicules, y compris des poids lourds », souligne le groupe Colas.

Selon les ingénieurs, ces dalles pourraient servir à alimenter en électricité les infrastructures de la ville telles que le mobilier urbain, des bâtiments, des commerces, des entreprises, et également à recharger des bornes pour véhicules électriques. Autre innovation, pour l’accès à l’énergie, elles pourraient être installées proches d’habitations situées dans des zones isolées et non raccordées au réseau électrique. Enfin, 100% de l’énergie sera renouvelable et leur durée de vie est estimée entre 20 et 30 ans.

« C’est une utopie qui devient réalité, on peut faire de l’autoconsommation et renvoyer l’énergie sur le réseau. Le kilomètre que l’on va lancer aujourd’hui équivaut à la consommation de 5 000 usagers », s’est enthousiasmée la ministre. 

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