François Baroin, président de l’Association des maires de France : « Les maires sont en danger »

10 août 2019 Mis à jour: 11 août 2019

François Baroin, président de l’Association des maires de France (AMF), affirme que « les maires sont en danger  », et demande, après la mort de l’un d’entre eux dans l’exercice de ses fonctions, que l’on donne « un véritable coup d’arrêt »aux violences contre les élus, dans une interview au Journal du dimanche, daté du 11 août.

La mort de Jean-Mathieu Michel, maire de Signes (Var), est « une immense émotion et une très vive douleur », affirme M. Baroin, lui-même maire de Troyes (Aube). « Ce qu’il a fait, un constat de flagrance sur un acte illégal, est pratiqué par nombre d’élus, tous les jours, dans une forme d’héroïsme obscur », ajoute-t-il.

Selon lui, la dégradation de la situation des élus depuis vingt-cinq ans est « incontestable ». « Le respect de la responsabilité municipale, de l’autorité et de l’élu se dégrade d’année en année. Ce qui était un élément marginal il y a dix ou quinze ans devient un élément dominant. Insultes, violences verbales, menaces sous forme de lettre anonymes ou via les réseaux sociaux : les mains courantes déposées par les élus sont de plus en plus nombreuses », explique-t-il.

« Les maires sont en danger. Ils ont de plus en plus de responsabilités que leur confère le législateur (…) Il faut donc protéger ces élus de proximité, leur donner des garanties de protection plus élevées, un pouvoir de police administrative plus important, la possibilité d’installer des caméras dans des zones à risque… Tout cela fera partie des propositions que nous formulerons quand le projet de loi du gouvernement sur le futur statut de l’élu arrivera au Sénat, à l’automne. C’est indispensable ».

« Il faut donner un véritable coup d’arrêt et assurer une meilleure protection des maires, une amélioration de leurs conditions d’exercice du mandat et une identification des sujets sensibles », insiste M. Baroin.

Maire de Signes depuis 1983, Jean-Mathieu Michel, 76 ans, est mort lundi après avoir été renversé par la camionnette dont il voulait verbaliser les occupants pour avoir jeté des gravats en bordure d’une route. Le conducteur de la camionnette a été mis en examen pour « homicide involontaire ».

Dans un message lu par la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, lors des obsèques de Jean-Mathieu Michel, le président Emmanuel Macron a promis de veiller « personnellement à ce que face aux incivilités et à la désagrégation chez certains du sens de l’État et de la Nation, la réponse soit toujours ferme, exemplaire et sans complaisance ».

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