George Orwell expliquait comment les socialistes modifient le langage pour modifier l’histoire

Par Epoch Times
21 juin 2019 Mis à jour: 12 juillet 2019

George Orwell a écrit qu’en modifiant le passé et en dépeignant le souvenir restant de l’histoire comme maléfique – ou favorable uniquement au régime socialiste – il était possible de manipuler les gens dans le présent . Les gens seraient ainsi incapables de comprendre la réalité des faits comme ils avaient été prévus à l’origine.

Et comme pour montrer à quel point la société d’aujourd’hui s’est rapprochée de ce dont George Orwell mentionnait, la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique a été signalée en 2018, par les censeurs de Facebook comme ayant un contenu inapproprié selon les nouvelles définitions de « discours haineux ».

Pour montrer toute l’ampleur de l’ironie, regardons ce qu’Orwell avait prédit dans son roman dystopique « 1984 » : « En pratique, cela signifie qu’aucun livre écrit avant 1960 environ ne peut être traduit dans son ensemble. La littérature pré-révolutionnaire ne pouvait faire l’objet que d’une traduction idéologique, c’est-à-dire d’une altération du sens aussi bien que de la langue. Prenons par exemple le passage bien connu de la Déclaration d’indépendance »

George Orwell cite le passage qui dit : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.

« Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. »

Par cette déclaration, les pères fondateurs des États-Unis ont décrit des vérités qu’ils estimaient évidentes : que les droits des hommes – et l’égalité des chances dans le monde – sont donnés aux hommes par leur créateur divin. Et que parmi ces droits naturels figurent le droit de vivre, le droit à la liberté et le droit de rechercher le bonheur.

Les Pères fondateurs affirment que les hommes du gouvernement sont là pour garantir ces droits naturels, et le gouvernement de l’État tire son pouvoir du consentement de ceux qu’il gouverne. Ce concept, en soi, va à l’encontre de la trinité totalitaire du socialisme, du fascisme et du communisme qui a fait son apparition dans le monde au XXe siècle.

Miner le totalitarisme

Dans ces systèmes totalitaires modernes, c’est le gouvernement qui alloue des droits à la population, et non l’inverse. En vertu de ces lois, il n’y a pas de droits naturels, il n’y a pas de créateur au-delà des couloirs du gouvernement, le bonheur est dans l’argent et l’indulgence immorale, plutôt que dans la vertu, et l’homme moyen est considéré comme trop naïf pour avoir droit à la liberté.

G. Orwell a anticipé le problème. Son régime totalitaire fictif était spécifiquement un régime socialiste, avec « INGSOC » étant son acronyme pour « socialisme anglais ».

G. Orwell poursuit en citant la Déclaration d’indépendance, notant la phrase suivante :  » Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement… »

En d’autres termes, si un régime s’oppose aux droits naturels qu’il propose et va à l’encontre de la pensée que le gouvernement découle du « consentement des gouvernés », précisément pour défendre ces droits naturels, alors le peuple de ce pays a le droit de modifier ou d’abolir ce gouvernement, et d’en établir un nouveau.

Avec cette proposition, aucun des régimes totalitaires du XXe siècle ne pouvait tenir longtemps.

Le newspeak (novlangue)

Comprenant cela, G. Orwell a imaginé comment un régime socialiste pourrait gérer de telles valeurs subversives. La réponse d’Orwell était l’idée d’un langage modifié par le gouvernement et d’un système de valeurs déformé qui pourrait modifier la façon dont les gens interprètent l’information. Et ce n’est pas non plus de la pure fiction, car modifier la façon dont les gens interprètent l’information est le but de la guerre psychologique.

G. Orwell appelait cette forme de langage modifié, et méthode de perception trafiquée, « Newspeak (le novlangue)« .

Pour illustrer le fonctionnement de ce système, G. Orwell a expliqué comment il serait appliqué par le socialisme pour modifier la façon dont les gens interprètent la Déclaration d’indépendance. Il a dit qu’avec un document comme celui-ci, les concepts mêmes devraient être considérés comme criminels, et « une traduction intégrale ne pourrait être qu’une traduction idéologique, où les mots de T. Jefferson seraient transformés en panégyrique sur le gouvernement absolu ».

Il a expliqué que l’expression « tous les hommes sont créés égaux » pourrait être une phrase utilisée par le régime, mais qu’il la changerait en « tous les hommes sont égaux », et son sens serait interprété différemment pour exprimer une « vérité palpable » comme l’idée que « tous les hommes sont de taille, poids ou force égale ».

De même, dans nos systèmes modernes, le sens de « tous les hommes sont créés égaux » a été changé. Certains l’interprètent à travers le prisme de la politique identitaire, à savoir que les prétendues différences d’égalité entre les races devraient être résolues par une tyrannie gouvernementale pour obtenir des résultats égaux. Plutôt que d’avoir une part égale dans la vie, les totalitaristes modernes estiment que l’égalité devrait être appliquée afin que tout effort mène au même résultat égal.

Cela s’écarte bien sûr de l’idée que les gens sont « créés » égaux par le divin, et que le gouvernement ne devrait pas entraver l’autonomie, la liberté et la « poursuite du bonheur » d’un individu ou d’un groupe – surtout pas par une ingénierie sociale de masse qui classerait et réglementerait les gens par race.

Le concept du mot « noirblanc »

D’autres aujourd’hui tentent de discréditer complètement la Déclaration d’indépendance en attaquant la légitimité des Pères fondateurs et le système de gouvernement qu’ils ont créé pour les États-Unis.

Ceci est basé sur l’idée de critiquer le passé, souvent à travers une lentille de perception modifiée par la politique socialiste. La « théorie critique » devient alors le principal outil utilisé dans les académies socialistes modernes en enseignant aux étudiants à interpréter toute l’histoire à travers le prisme marxiste de la prétendue lutte entre « l’oppresseur » et « l’opprimé ».

Sous le prisme marxiste, les Pères fondateurs deviennent les « opprimés » qui luttent contre les « oppresseurs » de Grande-Bretagne, ce qui en fait des figures révolutionnaires communistes aux yeux des gens endoctrinés par cette idéologie. Ils deviennent aussi les « oppresseurs » qui détenaient des esclaves, discréditant ainsi leurs actions ou leurs revendications aux yeux des gens qui utilisent ce genre de logique. Par le biais de ce système, les perceptions des Pères fondateurs peuvent être utilisées de différentes manières, selon la demande de l’intérêt politique.

G. Orwell a également expliqué comment cela fonctionnerait. Il appelait ce concept « NoirBlanc ». Il a écrit : « Comme tant de mots novlangues, ce mot a deux significations contradictoires. » Appliqué à un ennemi  « c’est l’habitude de prétendre impudemment que le noir est blanc, en contradiction avec les faits évidents « , et appliqué à un membre du Parti,  » c’est une volonté loyale de dire que le noir est blanc quand la discipline du Parti l’exige ».

En d’autres termes, cela signifie que les gens peuvent dire que quelque chose est mauvais quand cela correspond à leur intérêt idéologique. Et dire que la même chose est bien quand cela correspond à d’autres intérêts idéologiques. La perception du bien et du mal ne repose plus sur un système de valeurs défini, mais sur ce que la politique socialiste exige à ce moment-là.

Ce concept est au cœur des « deux poids, deux mesures » actuelles de la politique socialiste – où quelque chose est bon ou excusable alors qu’il est fait par son propre camp, mais mal et digne d’une attaque constante si c’est fait par ses opposants. Pourtant, comme G. Orwell l’a expliqué, il ne s’agit pas d’un système conscient de deux poids, deux mesures, mais plutôt d’une croyance intériorisée : « Cela implique la capacité de CROIRE que le noir est blanc, et plus encore, de SAVOIR que le noir est blanc, et d’oublier qu’on a toujours cru le contraire. »

La double-pensée

« Cela exige une altération continue du passé, rendue possible par le système de pensée qui englobe réellement tout le reste et qui est connu dans le langage courant sous le nom de DOUBLE-PENSÉE », a écrit G. Orwell.

G. Orwell explique que modifier la perception du passé est une partie importante de la tyrannie socialiste. Sans une bonne connaissance du passé, les gens tolèrent leurs conditions actuelles, « en partie parce qu’il n’a pas de normes de comparaison ».

Comme moyen de contrôle sous le socialisme, a-t-il expliqué, le citoyen doit « croire qu’il est mieux loti que ses ancêtres et que le niveau moyen de confort matériel est en constante augmentation. Mais la raison de loin la plus importante pour le réajustement du passé est la nécessité de sauvegarder l’infaillibilité du Parti. »

« La mutabilité du passé est le principe central d’Ingsoc », écrit-il. « Les événements passés, affirme-t-on, n’ont pas d’existence objective, mais ne survivent que dans des documents écrits et dans la mémoire humaine. Le passé, c’est le passé, quels que soient les documents et les souvenirs sur lesquels les gens s’entendent. »

C’est le logo Ingsoc basé sur celui de 1984 d’Orwell. Vu dans le film Nineteen Eighty-Four. G. Orwell s’est appuyé sur les systèmes politiques existants pour créer l’idéologie politique Ingsoc.

« Et puisque le Parti est préposé à la garde et au contrôle des documents et l’esprit de ses membres, il s’ensuit que le passé devient ce que le Parti décide d’en faire. »

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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