Gao Zhisheng : Pékin dit à l’ONU de ne pas se mêler de ses affaires

5 avril 2011
Mis à jour: 28 octobre 2017

Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a demandé à un groupe de travail des Nations Unis de ne pas se mêler de ses affaires en ce qui a trait à la détention de Gao Zhisheng, l’avocat chinois spécialiste des droits de la personne.

Le groupe de défense des droits de l’homme Freedom Now a révélé la semaine dernière que le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire avait demandé la libération immédiate de Gao. Le Groupe de travail a déclaré que le régime communiste chinois contrevient au droit international en gardant Gao en détention et qu’il ne rencontre « même pas les standards internationaux minimums d’application régulière de la loi ».

Une lettre du président du Groupe de travail demandant la libération immédiate de Gao avait été envoyée au régime chinois le 6 juillet 2010.

Puisque Pékin n’a pas répondu à la lettre, le Groupe de travail de l’ONU a émis un avis sur le cas de Gao le 19 novembre 2010.

L’avis indique : « À la lumière des allégations soulevées, le Groupe de travail aurait accueilli la coopération du gouvernement [chinois]. En l’absence de toute information du gouvernement, le Groupe de travail estime qu’il est en position d’émettre un avis sur les faits et circonstances entourant le cas, étant donné que les faits et allégations contenus dans la communication n’ont pas été contestés par le gouvernement. »

L’avis poursuit : « La détention de M. Gao est arbitraire puisque le gouvernement n’a invoqué aucun fondement légal pour justifier sa privation de liberté. M. Gao n’a été formellement accusé d’aucune offense sous la loi criminelle ou autre loi chinoise. De plus, sa détention actuelle pourrait être reliée à des actions pour lesquelles il a été précédemment détenu; en particulier, son travail en faveur des groupes religieux persécutés. »

Lors d’une conférence à Pékin le 29 mars 2011, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jian Yu, a affirmé ne pas connaître les détails du cas de Gao Zhisheng et elle a averti l’ONU de ne pas s’ingérer. Jian Yu a déclaré que les rouages des droits de l’homme de l’ONU devraient « conserver une attitude objective et impartiale et respecter la souveraineté juridique de la Chine ».

L’épouse de Gao, Geng He, et ses deux enfants ont fui la Chine en février 2009 et ont obtenu l’asile politique aux États-Unis.

Mme Geng a commenté les efforts du Groupe de travail visant à faire libérer son mari. « Cela fait environ un an que mon mari Gao Zhisheng est disparu à nouveau. Nous sommes très encouragés par le rapport de l’ONU. La Chine affirme qu’elle est aussi gouvernée par la loi, mais elle torture ou fait toujours disparaître des avocats comme mon mari qui veulent protéger la loi et lutter pour la justice et les droits de l’homme. J’espère que la communauté internationale pourra m’aider à rapatrier mon mari! »

Gao Zhisheng a été placé en résidence surveillée et en détention durant plusieurs années après avoir publié des lettres ouvertes qui critiquaient la persécution du Falun Gong par le régime chinois. Peu après avoir publié une lettre ouverte adressée au Congrès américain en septembre 2007 ? qui dénonçait le régime chinois sous plusieurs angles, demandait la fin de la persécution du Falun Gong et appelait au boycott des Jeux de Pékin ? Gao a été enlevé. Depuis, il a été détenu et libéré à plusieurs reprises, mais a passé la majorité du temps en détention.

On est sans nouvelles de Gao depuis avril 2010. En février 2009, Gao a publié un article décrivant les 50 jours de torture qu’il a traversés en 2007. Le 10 janvier 2011, l’Associated Press a publié un récit des souffrances de Gao, alors qu’il avait eu l’autorisation de s’entretenir avec l’agence de presse en avril 2010.

Le 24 mars 2011, Gao a remporté le Bindmans Law and Campaigning Prize au Royaume-Uni. Ce prix reconnaît les « avocats et militants qui ont combattu la répression ou qui ont lutté pour contester les climats et les notions politiques », selon le site de Bindmans. Son épouse a accepté le prix en son nom.

Faire un don à Epoch Times

Soutenez le journalisme honnête

RECOMMANDÉ