Garder ses petits-enfants seulement une fois par semaine pourrait tenir à distance la maladie d’Alzheimer, selon les résultats d’une étude

Par Michael Wing
16 septembre 2019 Mis à jour: 16 septembre 2019

De nos jours, l’Amérique est vieillissante. Le Bureau du recensement des États-Unis estime que les personnes âgées seront collectivement plus nombreuses que les enfants aux États-Unis, d’ici 2035, ce qui entraînera une forte augmentation du nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de certaines formes de démence.

Mais le nombre croissant de retraités pourrait être une bonne chose, surtout pour leurs enfants qui travaillent de longues heures. Un rapport du Bureau du recensement de 2011 a révélé que parmi les enfants américains âgés de moins de 5 ans, les grands-parents étaient les principaux pourvoyeurs de soins, pour environ 24 % des cas.

Et selon une étude menée auprès de femmes plus âgées, prendre soin de ses petits-enfants n’est pas seulement un cadeau du ciel pour les adultes occupés au travail ; cela peut aussi aider les grands-parents à garder l’esprit clair et à réduire la démence.

Illustration – Shutterstock | Romrodphoto

Constatant que le maintien d’une vie sociale active et engagée est lié à une meilleure santé globale, l’étude, publiée dans la revue médicale Menopause, a évalué et testé si prendre en charge des enfants avait un effet sur les capacités cognitives, en particulier.

En examinant une cohorte relativement restreinte de 186 femmes ménopausées en Australie, les auteurs ont constaté qu’une certaine interaction avec les petits-enfants était bénéfique. « Les données suggèrent que la performance cognitive la plus élevée est démontrée chez les femmes postménopausées qui passent 1 jour/semaine à s’occuper de leurs petits-enfants », ont-ils déclaré.

Qu’est-ce qui rend si bénéfique le fait de s’occuper d’enfants quand nous avons une capacité limitée ? Dr Diana Kerwin, de l’hôpital Texas Health Presbyterian Hospital de Dallas, a déclaré à la station de télévision KTVT : « Lorsque nous interagissons avec un autre être humain, nos cellules cérébrales s’activent rapidement. » Dr Kerwin a expliqué que les compétences complexes utilisées dans l’interaction humaine sont beaucoup plus importantes que celles requises pour faire des mots croisés ou s’asseoir devant la télévision.

Les femmes participant à l’étude étaient âgées de 57 à 68 ans. Les résultats devraient être une bonne nouvelle pour les baby-boomers qui sont de plus en plus appelés à s’occuper de leurs petits-enfants.

L’étude sur la ménopause a révélé que le fait de s’occuper de petits-enfants un jour par semaine aidait non seulement les femmes plus âgées ayant des aptitudes symboliques et mathématiques, mais aussi des aptitudes verbales. Ce n’est peut-être pas surprenant pour ceux qui interagissent régulièrement avec les tout-petits bavards.

Bien qu’il faille faire plus de recherche sur les grands-parents et la maladie d’Alzheimer plus spécifiquement, il est clair que de s’impliquer auprès des petits-enfants est une excellente façon pour les personnes âgées de rester en santé. Une étude publiée dans la revue universitaire Evolution and Human Behavior, sur les personnes âgées de 70 à 100 ans vivant en Europe, a montré que la participation aux soins d’enfants entraîne une baisse des taux de mortalité.

Illustration – Shutterstock | Monkey Business Images

Ce qui pourrait être plus surprenant, c’est que l’étude a révélé que « l’effet de prendre soin d’enfants s’étendait au-delà des grands-parents, mais aussi aux adultes âgés sans enfants qui aidaient leurs simples proches ». Cette étude s’est penchée sur les hommes et les femmes, montrant que les grands-pères peuvent aussi bénéficier des mêmes effets.

L’auteure de l’étude, Sonja Hillbrand, a déclaré à l’agence de presse Reuters : « Ce lien pourrait être un mécanisme profondément enraciné dans notre passé évolutif, alors que l’aide aux soins des enfants était cruciale pour la survie de l’espèce humaine. »

Illustration – Shutterstock | Rikard Stadler

Un point commun à toutes les études, cependant, est qu’une trop grande responsabilité envers des enfants peut stresser les grands-parents et aggraver leur état de santé. L’étude sur la ménopause a révélé que si les femmes plus âgées s’occupaient d’enfants cinq jours par semaine, leur rendement aux tests d’aptitudes cognitives diminuait.

Il semble donc qu’une expérience modérée en matière de garde d’enfants peut être géniale pour les grands-parents, mais le fait d’avoir à être « parents » à nouveau est trop fatigant et stressant.

Comme l’explique Sonja Hilbrand à Reuters, « tant que vous ne vous sentez pas stressée par l’intensité de l’aide que vous apportez, vous pouvez faire quelque chose de bien pour les autres, aussi bien que pour vous-même ». Bonne nouvelle pour les grands-parents et, bien sûr, leurs petits-enfants.

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