Chaque génération doit connaître la réalité du socialisme

Par Michael Walsh
23 janvier 2020 Mis à jour: 23 janvier 2020

Le célèbre écrivain britannique Oscar Wilde a dit un jour que les seconds mariages étaient un triomphe de l’espoir sur l’expérience : ayant échoué une fois dans un domaine aussi éprouvant que l’union « jusqu’à ce que la mort nous sépare », les chances de réussir une deuxième fois sont bien minces.

Et pourtant, des millions de personnes continuent de l’essayer en pensant qu’en théorie, cette fois, d’une manière ou d’une autre, elles réussiront.

Que devons-nous donc penser de la vogue actuelle du socialisme et même de la sympathie ou du soutien cachés du communisme – ceci en sachant que, selon la théorie marxiste-léniniste, le socialisme n’est que l’étape initiale du communisme ? Ces concepts sont partagés, par exemple, par les principaux candidats démocrates à la présidence américaine – tel que le sénateur Bernie Sanders, un socialiste déclaré, ou la sénatrice Elizabeth Warren qui veut « pressurer les riches » – des candidats qui sont acclamés par un bon nombre des médias américains.

Les politiques collectivistes et confiscatoires de ces deux baby boomers gériatriques (M. Sanders, qui a récemment subi une crise cardiaque, a 78 ans ; Mme Warren en a 70) représentent un certain retour à l’histoire des États-Unis. Entre 1900 et 1948, on a vu les socialistes déclarés comme Eugene Debs, Norman Thomas et Henry Wallace se présenter à plusieurs reprises comme candidats à la présidence américaine sur les listes des socialistes ou des progressistes.

Bien sûr, aucun d’entre eux n’a été élu président des États-Unis, bien que leurs « compatriotes idéologiques » en Italie, en Allemagne et en Russie aient réussi à mettre en place divers modèles de la société en s’inspirant de la philosophie marxiste-socialiste. Le régime communiste classique de l’Union soviétique possédait les moyens de production, tandis que le fascisme italien et le national-socialisme allemand se contentaient de mettre l’industrie privée au service de l’État, avec à peu près le même effet que le cas de l’URSS. Les tentatives d’appliquer en Europe et, plus tard, en Chine, un idéal malsain et inhumain a eu comme résultat des dizaines de millions de morts. Comme le dit le proverbe, on ne peut pas faire d’omelette sans casser des têtes – euh, des œufs.

En 1904, lorsque Eugene Debs a fait la première de ses quatre tentatives d’accéder à la présidence américaine en tant que représentant du Parti socialiste d’Amérique, le communisme n’était encore qu’un héritage théorique laissé par Karl Marx. Cependant, la Première Guerre mondiale a bouleversé l’ordre international, laissant la voie ouverte aux révolutions socialistes en Bavière, en Hongrie et, avec plus de succès, en Russie. Bien que le communisme se soit finalement effondré aussi en Russie, sa menace – et son attrait pernicieux – subsiste toujours.

Depuis que Marx a publié son Manifeste du parti communiste en 1848, les défenseurs de la liberté économique et individuelle ont dû faire face à ses idéaux ambigus de « tolérance », « d’égalité » et « d’équité » – un gant de velours utilisé pour la première fois pendant la Révolution française pour dissimuler la main de fer du totalitarisme coercitif. Bien que les systèmes socialistes aient échoué à maintes reprises, les vrais adeptes du socialisme et, par conséquent, du communisme, leur accordaient différents noms en soutenant toujours que le modèle socialiste n’a pas encore été correctement mis en œuvre.

La gauche continue donc d’essayer : aux États-Unis, le « progressisme » a relevé la tête en 1972, lorsque George McGovern a remporté l’investiture présidentielle démocrate (et a été battu à plate couture par le candidat républicain Richard Nixon). Il a refait surface pendant la présidence de la « transformation fondamentale » de Barack Obama.

Aujourd’hui, après son échec face à Donald Trump aux élections de 2016, il revient une fois de plus, se cachant derrière l’étiquette de « socialisme démocratique » – un mensonge sinistre qui semble avoir un attrait particulier pour les jeunes électeurs. Ces derniers confondent souvent le « socialisme » avec les travaux publics et la charité chrétienne en considérant le « politiquement correct » (une notion inventée par le communiste russe Leon Trotsky) comme une simple application des bonnes manières.

Il y a trente ans, en 1989, le mur de Berlin est soudainement tombé lorsque l’État satellite soviétique d’Allemagne de l’Est s’est rendu compte qu’il ne pouvait plus contenir le désir de liberté de ses citoyens captifs.

J’étais à Berlin, marteau en main, au moment de la chute du Mur. En l’occurrence, j’étais également en Union soviétique au moment de la tentative de coup d’État contre Mikhaïl Gorbatchev en août 1991, un événement qui a annoncé la fin de l’URSS. Cette fin est arrivée le jour de Noël de cette année-là, lorsque le marxisme-léninisme a définitivement été jeté aux oubliettes de l’histoire. C’est du moins ce que nous pensions.

Nous avions tort. Chaque génération, cela semble maintenant clair, doit affronter à nouveau le collectivisme. Comme l’a fait remarquer Ronald Reagan, « la liberté n’est jamais à plus d’une génération de son extinction. Il faut combattre pour elle, la protéger et la transmettre aux suivants pour qu’ils fassent de même ».

Cela est également devenu un combat intergénérationnel avec de jeunes idéalistes ayant peu ou pas d’expérience de la vie – beaucoup d’entre eux ont été éduqués par des professeurs marxistes – se ralliant aux cris des gauchistes obstinés. Ils cherchent à réparer des injustices réelles ou imaginaires tout en espérant obtenir tout gratuitement, y compris les soins de santé, l’éducation ainsi qu’un bail à vie gratuit pour une chambre dans la maison de leurs parents.

Il est inutile de leur décrire ce que nous avons vu à Berlin en 1989 : les Allemands de l’Est pleurant de joie alors qu’ils mettaient le pied à l’Ouest pour la première fois – comme quelque chose sortant du film Le Magicien d’Oz – le film ennuyeux en noir et blanc de leur existence sous le communisme se transformant soudainement en un film en couleur de l’autre côté de la Porte de Brandebourg.

Il ne sert à rien de leur en parler, car démontrer, plutôt que raconter, est le meilleur moyen de les convaincre de ne pas écouter le chant des sirènes du collectivisme : ce qui en résulte n’est pas l’ordre scandinave (qui est en train de se détériorer, surtout en Suède), mais le chaos vénézuélien. Si vous voulez voir la destruction et la pollution de l’environnement, alors allez à Cuba ou en Chine, pas aux États-Unis ou en Europe occidentale.

Dans les années 1960, les Américains avaient le Corps de la Paix qui envoyait de jeunes idéalistes dans des pays arriérés pour leur offrir de l’aide. Ce dont nous avons peut-être besoin aujourd’hui, c’est d’un Corps de la Liberté destiné non seulement à aider les autres, mais aussi à aider nos propres jeunes à faire face à la pratique réelle du socialisme et non à ses promesses. Qu’ils voient de leurs propres yeux la destruction humaine et matérielle qui résulte de l’adoption d’un gouvernement de la propre forme de Satan.

Le célèbre aphorisme d’Oscar Wilde mentionné ci-dessus a une première partie qui est moins souvent citée : « Le mariage est le triomphe de l’imagination sur l’intelligence. » Remplacez le premier mot par « socialisme » et vous saurez ce qu’il est réellement.

Michael Walsh est l’auteur des livres The Devil’s Pleasure Palace et The Fiery Angel.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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