George Soros, entre la finance et la philanthropie: le chaos mondial ?

Par Vincent Honorat
3 juillet 2020
Mis à jour: 5 juillet 2020

Thibault Kerlirzin est consultant en stratégie d’intelligence économique, diplômé de l’école de Guerre économique. Depuis plusieurs années, il s’est spécialisé dans l’analyse du rôle trouble que jouent certaines ONG, autoproclamées porte-voix de l’intérêt général. Il revient pour nous sur son dernier ouvrage, Soros l’Impérial aux éditions Perspectives libres.

Pourquoi et depuis combien de temps vous intéressez-vous à George Soros ?

En juin 2015, presque un hasard, j’étais arrivé à la Fondation Prometheus ; je devais écrire des articles pour la lettre de la Fondation, et Bernard Carayon m’avait passé un article du Monde où la France était accusée de trafic illégal de bois en République démocratique du Congo, en même temps que la Chine. Leur rapport émanait d’une organisation qui s’appelait Global Witness. Donc j’ai fait ce que je fais habituellement : j’ai cherché qui était derrière Global Witness, qui finançaient… qui se trouvaient au poste d’administration… quel était leur background, etc… et j’ai ce nom Open Society qui est sorti… je me suis souvenu d’un ami qui m’avait parlé de Soros pour son implication dans les révolutions colorées au début des années 90 en Europe, j’ai trouvé ça intéressant et j’ai commencé à fouiller (…)

« Si je le définis en une formule, Soros est simplement l’ennemi du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes… »

J’ai accumulé énormément de données, jusqu’en 2016… à ce moment, j’ai monté sur les conseils d’un ami le blog Soros Connection, que j’ai actualisé jusqu’aux présidentielles de 2017. Quand le candidat qui était officieusement soutenu par Soros est arrivé au pouvoir, j’ai trouvé que ce n’était plus vraiment la peine de continuer à faire ce blog. Finalement, Pierre-Yves Rougeyron (qui publie mon livre) m’en a reparlé et m’a convaincu d’écrire le livre…

Comment George Soros a-t-il commencé sa carrière dans la finance ?

En s’appuyant sur sa double « nationalité », au début des années 60 : vivant aux États-Unis, il a gardé son côté hongrois pour avoir un pied sur les deux continents, ça lui a beaucoup servi pour monter son Quantum Fund et gagner beaucoup d’argent à la fin des années 60 (…) Il expliquait en fait très simplement qu’il se comportait comme un aveugle guidant l’aveugle : c’est-à-dire qu’il attribuait, quand il était à New York, des valeurs arbitraires aux entreprises européennes : les autres traders américains ne connaissant que les entreprises américaines le suivaient sans réfléchir…

(…) Pour la banque d’Angleterre, on arrive au début des années 90 où il est déjà une pointure : c’est quand même le financier qui a fait le plus d’argent à Wall Street ! Plus que Waren Buffett… même s’ils n’ont pas la même méthode d’investissement. Donc George Soros a réussi à faire sortir la banque d’Angleterre du système monétaire européen en pariant contre la Livre sterling. Les Anglais ont baptisé ce jour le mercredi noir. Soros, avec son cynisme, l’a rebaptisé le mercredi blanc… Il ne s’est pas arrêté là, il y a des choses qui sont un peu moins documentées puisqu’on retient évidement le plus spectaculaire, mais en 1993, il a spéculé contre le Franc à l’époque où Balladur était Premier ministre. Il l’a fait aussi contre l’Allemagne, contre la Couronne suédoise…

Mais finalement, le moment où sa fortune a le plus progressé, c’est avec l’arrivée d’Obama en 2008, qu’il a largement soutenu et financé. D’ailleurs Soros a perdu beaucoup d’argent avec la victoire de Trump en 2016, ce qui l’a poussé à aller se « plaindre » à Davos après son élection.

Soros, ennemi des nations, mais ami des peuples ?

Ce sont deux choses qui ne sont pas forcément contradictoires : on peut se dire l’ami des peuples, mais ce qui vous enferme, c’est le cadre national ; on peut être un cosmopolite total comme Soros et dire comme les marxistes : « Camarades, c’est la nation qui t’opprime, il faut abolir toutes les nations. »

Ce qui est plus paradoxal, c’est quand il appelle au respect de la démocratie, des peuples ou qu’il se prétend philanthrope mais qu’en parallèle il finance des révolutions colorées et qu’il fait beaucoup de lobbying via ses ONG : on l’a vu avec l’Ukraine, mais aussi tellement d’autres pays, actuellement aux États-Unis il faut être aveugle pour ne pas comprendre que c’est une révolution de couleurs qui est en train d’avoir lieu avec Black Lives Matter…

C’est quelqu’un d’hypocrite, oui, il est aussi cynique : il va sortir des discours de circonstances pour ensuite faire le contraire… mais comme tellement de monde, il n’est pas unique sur ce point, on focalise sur Soros, mais il y a tellement d’autres personnes qui font la même chose, la Fondation Mac Arthur, la Fondation Ford, la Fondation Gates…

Il y a souvent des anecdotes amusantes, comme en 1993 quand il dit : « Non, je n’investirai pas dans les pays où mes ONG sont actives, parce que ça serait un conflit d’intérêt », et en 1994: il le fait ! C’est quelqu’un qui se prétend philanthrope et donc respectable, il va être le premier à critiquer les manœuvres douteuses de certaines entreprises, mais beaucoup d’entreprises où il a investi dans le domaine de la santé ont eu affaire avec la justice pour des cas de corruption et de pots de vin.

Soros a-t-il un lien avec le mouvement Black Lives Matter ?

Les Sorosleaks sont sortis en 2016, des documents de l’Open Society ont été révélés : j’en ai publié une partie quand je parlais de l’Ukraine où je montrais que les organisations qui s’étaient réunies en tant que « représentantes » de la société civile avaient tous des liens avec l’Open Society de Soros… Pour Black Lives Matter, nous avons appris à ce moment que cette organisation avait reçu 650.000 dollars de l’Open Society en 2016. Mais si ça se trouve, il y a eu d’autres organisations qui l’ont financée, qui sont elles-même financées par Soros… (…)

Soros et les associations d’aide aux migrants

C’est le premier gros travail que j’avais fait : on m’avait demandé un rapport sur les ONG qui aident les migrants le long de la route des Balkans occidentaux pour les faire dispatcher dans différents pays d’Europe. À l’époque, j’avais cartographié 70 ONG dont la moitié était financé par l’Open Society. Chacune a son propre moyen d’action : tu as les ONG qui vont typiquement sur le terrain donner des téléphones portables, de la nourriture ou autres, en général ce sont des actions qui ne sont pas spontanées mais qui ne sont pas énormément financées ; il y a après les associations qui sont plus institutionnalisées, présentes au niveau national et qui aident les migrants à remplir des formalités juridiques ou donnent des conseils pour passer ou les aident si on considère qu’il y a des abus contre eux, et enfin il y a les ONG au niveau international qui, par exemple, vont agir au niveau européen pour peser sur les décisions politiques. (…)

Retrouvez l’intégralité de l’interview ici.

00:40 Pourquoi et depuis combien de temps vous intéressez-vous à George Soros ?
04:07 Comment George Soros a-t-il commencé sa carrière dans la finance ?
09:05 Soros, ennemi des nations, mais ami des peuples ?
12:14 Soros a-t-il utilisé sa Fondation Open Society comme alliée dans la guerre économique ?
13:03 Soros et Black Lives Matter
19:36 Est-ce que vous voyez un lien entre Black Lives Matter et le collectif Justice pour Adama ?
22:26 Soros et les associations d’aide aux migrants
27:00 Soros, One et Reporters sans frontières
30:43 Soros a-t-il déjà gagné ?

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