Géothermie, data centers, eaux usées : des nouvelles sources d’énergie

15 novembre 2016 Mis à jour: 16 novembre 2016

Dans le contexte de la transition énergétique, l’innovation joue un rôle majeur. Toutes les idées sont bonnes pour rationaliser notre consommation afin de laisser s’échapper dans la nature, le moins de calories possibles. C’est le principe de l’économie circulaire qui permet aux villes franciliennes de repenser leur urbanisme autour du cycle de l’énergie.

Dans cet exercice, nous connaissions déjà l’utilisation de la chaleur venant des data center. Ces centres de données, constitués d’équipements informatiques puissants, se sont multipliés ces dernières années et sont de très gros consommateurs d’énergie. Ils doivent être en permanence rafraîchis par des groupes de production de froid, créant eux-mêmes de la chaleur. Un data center de 10 000 m2 consommerait autant d’électricité qu’une ville moyenne de 50 000 habitants.

Dalkia, la filiale d’EDF sur les services énergétiques, a eu l’idée de récupérer ces volumes d’air chaud. En concertation avec le syndicat d’agglomération du Val d’Europe en Seine-et-Marne, des réseaux de chaleur ont été construits pour valoriser cette énergie. Ainsi le data center de l’établissement bancaire Natixis permet de chauffer une partie du quartier d’affaires de Val d’Europe, avec une capacité d’alimentation de 600 000 m² de bureaux. En sortie d’échangeurs, une eau à 55 °C chemine dans les canalisations et assure la production de chauffage et d’eau chaude.

Autre ré-utilisation de l’énergie, celle dégagée par les eaux usées. La Mairie de Paris a inauguré en octobre un nouveau dispositif de production d’énergie pour la piscine Aspirant-Dunant dans le XIVe arrondissement. Le principe est de récupérer la chaleur de l’eau des égouts pour chauffer les bassins et les douches de l’établissement. Cette chaleur est comprise entre 13 et 20 °C toute l’année et est assimilable à de la géothermie « basse température ». Les calories sont ainsi récupérées par des échangeurs thermiques (des plaques métalliques) installées dans les égouts à proximité de la piscine.

Enfin, la géothermie classique utilise la chaleur naturelle produite par la Terre. C’est le cas de la centrale géothermique de Lognes dans le 77, qui va pomper une eau chaude à plus de 1 200 mètres de profondeur. La région Île-de-France compte quarante-cinq installations de ce genre, ce qui correspond à 90% des installations en France et permet de chauffer 1 million de personnes. Cela fait de la région la championne du monde de la géothermie.

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