Gestion du Covid-19 : environ 40 % des infirmiers ont envie de changer de métier

Par Emmanuelle Bourdy
12 octobre 2020
Mis à jour: 12 octobre 2020

Cette crise sanitaire du coronavirus aura laissé des séquelles auprès des soignants. Elle aura également mis en lumière un malaise qui existait déjà depuis de nombreux mois. Une enquête révèle que 40 % d’entre eux ont envie de changer de métier. Certains ont déjà franchi le cap.

D’après une enquête – publiée en exclusivité par Le Parisien – réalisée par l’Ordre des infirmiers du 2 au 7 octobre 2020, 40 % des 60 000 infirmiers interrogés aimeraient changer de métier. Ce résultat est le reflet de la manière dont a été vécue la crise sanitaire due au coronavirus. Les infirmiers sont désormais 57 % à se sentir en état de burn-out, alors qu’avant la crise, ils étaient 33 %, un chiffre qui n’était cependant pas négligeable mais qui a explosé avec la pandémie.

Patrick Chamboredon, le président de l’Ordre des infirmiers, tire la sonnette d’alarme. « Ce chiffre est important, voilà pourquoi on lance l’alerte », souligne-t-il. « On observe un mal-être croissant en à peine six mois », précise-t-il encore. Les soignants ont l’impression de « ne pas voir le bout du tunnel », ajoute encore Patrick Chamboredon. « Lorsqu’on est en première ligne, c’est très compliqué. Tout le monde se pose la même question : quand est-ce que ça va s’arrêter ? » remarque-t-il encore.

Les sous-effectifs des infirmiers sont à l’origine du problème. Le Parisien relate qu’une infirmière peut être amenée à gérer un étage de 15 patients lourds avec un seul aide-soignant. En plus des sous-effectifs, le manque de moyens et de matériel concourent à ce que la situation se dégrade encore. Les patients ne peuvent pas être pris en charge correctement, faute de temps. Les soignants sont au bord de l’épuisement et certains, alors même qu’ils n’ont pas pu prendre de congés depuis mars 2020, doivent encore faire une croix sur les congés de la Toussaint, ainsi que le « souhaitent » les hôpitaux de Paris.

Les auxiliaires de vie se plaignent également de leurs conditions de travail et d’un manque évident de reconnaissance. L’une d’entre elles confie au journal : « Entre nous, on se surnomme les invisibles. »

Lors du Ségur de la santé, les salaires des soignants avaient été renégociés, mais cette aide est loin d’être suffisante. De nombreux syndicats hospitaliers et collectifs de soignants appellent à la grève. Une « journée de mobilisation nationale » sera prévue le 15 octobre afin de réclamer « des embauches massives immédiates » et une « revalorisation significative des salaires ».

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