Google aurait favorisé entre 2 et 16 millions de votes pour Hillary Clinton lors des dernières élections américaines

Par Petr Svab
20 août 2019 Mis à jour: 20 août 2019

Depuis 2016, Google a régulièrement fait l’objet d’attaques de la part des partisans de Trump, accusé de faciliter les contenus liés aux démocrates. L’entreprise a toujours affiché sa « neutralité politique », mais celle-ci a été remise en question à plusieurs reprises.

Le résultat de nouvelles recherches enfoncent un peu plus le clou pour l’entreprise californienne.

Un ancien ingénieur de l’entreprise a récemment présenté une pile de documents internes suggérant une ingérence politique. Une fuite qui n’a pas manqué d’être commenté par le président américain.

« Wow, le rapport vient de sortir ! Google a manipulé entre 2,6 à 16 millions de votes pour Hillary Clinton aux élections de 2016 ! », a écrit Donald Trump le 19 août. « Google devrait être poursuivi en justice. Ma victoire était encore plus grande que prévu ! », a t-il ajouté.

Le rapport est celui de Robert Epstein (au rapport avec l’affaire Jeffrey Epstein), psychologue de recherche à l’American Institute for Behavioral Research and Technology en Californie, qui a étudié pendant des années l’influence de Google sur les opinions politiques et les votes de ses utilisateurs.

Dans un rapport publié le 18 février 2016, Robert Epstein a déclaré que Google avait « le pouvoir d’influencer entre 2,6 millions et 10,4 millions de votes à Clinton le jour du scrutin, sans que personne ne le sache et sans laisser de trace écrite ».

En se basant sur une observation des résultats de recherche de Google le jour du scrutin 2016 et dans les semaines précédentes, Robert Epstein a déterminé qu’il y avait effectivement un soutien envers Hillary Clinton dans les résultats et que 2,6 millions de votes avaient été transférés vers la candidate démocrate.

En juillet, un cadre de Google a encore répété au Congrès que les produits de l’entreprise sont conçus et exploités de manière à être politiquement neutres.

Critique

Alors que Google avait auparavant critiqué les recherches de Robert Epstein comme étant « imparfaites », Epstein a répondu en disant que Google n’avait pas réussi à réfuter ses arguments sur le fond.

L’étude s’est appuyée sur les réponses de « dizaines de milliers de participants à cinq élections nationales dans quatre pays », a indiqué le chercheur.

Le chercheur n’a pas compris la fourchette de 2 à 16 millions donnée par le président Trump. Selon lui, le large éventail de ses estimations – 2,6 à 10,4 millions de votes ont été transférés à Clinton – s’explique par le fait que Google ait pu « augmenter l’ampleur des effets », par exemple en ciblant certains électeurs ou en comptant sur le fait que les électeurs s’exposent de multiple fois à certaines informations biaisées.

Le tweet de Trump faisait également référence au compte Twitter de Judicial Watch, une organisation dédiée à la surveillance des activités du gouvernement américain.

« Nous interprétons le tweet du président Trump comme un encouragement pour que Judicial Watch enquête sur cette question dans le cadre de notre projet d’intégrité électorale « , a déclaré Jill Farrell, porte-parole de Judicial Watch, à The Epoch Times par mail.

Fuite de documents

Les recherches de Robert Epstein ont récemment été mises en lumière en raison de son témoignage devant le Congrès le 16 juillet. Le chercheur a récemment fait des commentaires et des analyses s’étendant sur quelque 1.000 pages de documents internes, publiés le 14 août par Zachary Vorhies, ancien ingénieur de la firme américaine.

Dans une interview accordée le 14 août à Breitbart Radio, Robert Epstein a affirmé que les dirigeants de Google avaient commis un parjure en disant au Congrès que l’entreprise ne « trafiquerait » pas les résultats de recherche et ne tiendrait aucune listes noires.

Ce dernier point a en effet été remis en question par les recherches de Robert Epstein.  Dans la pile de documents qui ont fait l’objet de fuites, les enquêteurs ont décelé la présence de deux listes noires. L’une de ces listes, qualifiée de « personnalisée », c’est-à-dire tenue et mise à jour par un individu, contient un certain nombre de sites politiques marginaux, dont la plupart semblent soutenir des positions conservatrices. Il comprend également certains sites Web conservateurs tels que dailycaller.com et newsbusters.org.

Une liste noire signifie que les sites n’apparaissent pas dans les résultats affichés par le moteur de recherche de Google.

Robert Epstein a également noté que l’un des documents divulgués décrit comment créer un « twiddler » – un programme qui modifie les résultats de recherche, par exemple, en poussant certains résultats vers le haut et d’autres vers le bas, en fonction de critères spécifiés par le programmeur.

« [Google a] littéralement reclassé les résultats de recherche pour répondre à leurs besoins en constante évolution, et certains de ces besoins sont politiques », a dit M. Epstein.

Les documents que Vorhies a fournis, ainsi que les enregistrements en caméra cachées d’employés de Google par Project Veritas indiquent que l’entreprise a créé une « iniquité algorithmique ». Ce concept expliquerait la préférence politique pour les démocrates dans les services du moteur de recherche.

Plusieurs études ont également montré que l’agrégateur Google News présente un fort biais pour les idées de gauche. Ces biais ont également été observés sur ses résultats de recherche.

M. Robert Epstein a averti qu’en 2020, si des entreprises comme Google et Facebook soutiennent toutes le même candidat, elles seraient en mesure à eux seules de transférer 15 millions de votes.

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