Grèce : après la menace d’une sortie de l’euro, un « plan C » est maintenant nécessaire

2 juin 2015
Mis à jour: 18 octobre 2015

 

Depuis que le nouveau gouvernement d’Alexis Tsirpas est arrivé au pouvoir en Grèce en janvier dernier, il a essayé de faire un bras de fer avec les créanciers du pays (principalement l’Union européenne et le Fonds monétaire international) en voulant se sortir de leur politique d’austérité. Plus récemment, les citoyens grecs sont passés à l’action, cherchant à se protéger de la future situation en Grèce, tout en jouant avec les failles du système financier de l’UE.

La Grèce a une dette nationale de 316 milliards d’euros et doit aussi 240 milliards d’euros à l’Union européenne. Vendredi dernier, elle devait rembourser 305 millions d’euros au Fonds monétaire international (FMI). Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis sait bien qu’un défaut de paiement sera mal pris par l’Europe, c’est pourquoi il a utilisé cela comme une monnaie d’échange dans les négociations.

Selon Hans-Werner Sinn, professeur à l’Université de Munich et président de l’Institut de recherche économique Ifo, pour appuyer cette pression, les citoyens grecs ont commencé à emprunter de l’argent auprès des autres banques centrales européennes (en plus de la dette du gouvernement). Ils utilisent cet argent comme levier de sécurité dans le cas de difficultés avec l’UE. Le gouvernement grec leur a autorisé à le faire, leur permettant ainsi de renforcer sa position dans les négociations.

« Le gouvernement grec a fait grimper la pression avec son Plan B de sortie de l’euro, en permettant de l’autre côté la fuite des capitaux de ses citoyens. Si il le voulait, le gouvernement pourrait contenir cette tendance avec une approche plus conciliante, ou l’arrêter purement et simplement avec l’introduction de contrôles des capitaux. Mais ce faisant, cela affaiblirait sa position dans la négociation, ce qui n’est pas une option », écrit Hans-Werner Sinn.

Le gouvernement grec a créé cette situation en exploitant les failles du système.

Ils peuvent le faire en fait en raison d’une faille dans le système européen – l’Eurosystème, à cause des procédures pour que les banques centrales des différents pays travaillent ensemble. Les pères du système européen ont en effet conçu une boucle fermée entre les individus, les banques et leurs banques centrales respectives, qui fonctionnent aussi longtemps que le système fonctionne.

Si un citoyen grec transfère de l’argent à partir de la Grèce vers l’Allemagne, voici ce qui se passe: le transfert crée un trou dans la structure de financement de la banque grecque, elle-même reliée à la banque centrale grecque; le financement de la banque centrale grecque vient de l’Eurosystème, dans le cas présent de la banque allemande Bundesbank; la Bundesbank doit fournir alors moins de financement pour les banques allemandes parce qu’ils ont maintenant les dépôts grecs à amortir, la boucle est ainsi bouclée.

Malheureusement pour ce système, les citoyens grecs font deux choses. D’une part, ils gardent de plus en plus d’argent dans les mains sans le déposer à la banque – parfois plus d’un milliard d’euros par semaine. D’autre part, ils transfèrent des dépôts à d’autres pays de la zone euro ou même souscrivent à des nouveaux prêts pour le faire. Ce montant avait atteint 99 milliards d’euros à la fin avril, selon Hans-Werner Sinn. Cela représente environ un tiers de la dette du secteur public grec.

Dans le cas d’une sortie de la Grèce de la zone euro, pourquoi ce montant devrait-il être couvert par la banque centrale grecque? Parce que les fonds versés à des banques grecques viennent de la banque centrale grecque, qui est au final elle-même soutenue par la Banque centrale européenne et donc l’Eurosystème.

« Une sortie de la Grèce laisserait les banques centrales coincées car les citoyens grecs ayant des créances vis-à-vis de la banque centrale grecque. Compte tenu de la dévaluation inévitable de leur nouvelle monnaie, ainsi que le fait que le gouvernement grec n’aura pas de filet de sécurité pour amortir la dette de sa banque centrale, un défaut de paiement de leurs créances auprès des autres banques centrales sera presque certain », soutient Hans-Werner Sinn.

Il est donc temps pour les citoyens grecs de préparer un plan C.

Donc dans le cas de ce pernicieux plan B et si la Grèce quitte réellement l’euro, l’UE serait coincée en devant absorber les pertes non seulement des banques centrales, mais aussi du secteur privé grec. Le FMI ne pourra pas absorber les pertes du secteur privé, ce qui remettra en question tout l’Eurosystème.

Le gouvernement grec a créé cette situation en exploitant les failles du système. Cependant, ce qu’ils n’ont pas pris en compte est le fait que les règles ont tendance à changer très brusquement en période de bouleversement économique, ou seront interprétées différemment. Dans le cas d’un défaut de paiement de la Grèce, qui va garantir que les comptes bancaires grecques ne seront pas gelés et/ou confisqués?

En effet, dans l’Accord-cadre dite T2S, la BCE a énoncé des dispositions pour des circonstances extraordinaires ou des cas de «force majeure». Il est donc temps pour les citoyens grecs de préparer un plan C.

 

Article original : http://www.theepochtimes.com/n3/1376213-greece-threatens-creditors-with-plan-b-what-it-needs-is-a-plan-c/

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