Les habitants de Shanghai remettent en question les données sur le Covid-19 alors que la ville intensifie son contrôle du virus

Par Eva Fu
2 novembre 2020
Mis à jour: 2 novembre 2020

La ville la plus peuplée de Chine a intensifié les mesures de contrôle du virus malgré l’assurance donnée à la population d’une propagation limitée de Covid-19, des affirmations qui contredisent les récits des résidents locaux.

Shanghai, un centre financier mondial situé sur la côte est de la Chine, n’a signalé que 3 infections virales domestiques depuis la mi-mars, attribuant pratiquement toutes les récentes flambées à des cas « importés » de l’étranger.

Dans de récentes interviews accordées à Epoch Times, des habitants de la métropole ont exprimé leur scepticisme à l’égard du récit officiel, décrivant un niveau d’alerte accru qui rappelle les premiers jours où le virus a traversé la Chine.

Le contrôle de la température corporelle et le port du masque, qui avaient cessé depuis un certain temps, sont revenus, ainsi que l’application du code de santé, un programme numérique à trois niveaux qui marque la santé des gens en vert, jaune et rouge, qui était auparavant omniprésent dans tout le pays. De telles mesures prises à un moment où d’autres régions comme le Xinjiang et Qingdao sont confrontées avec leurs propres nouveaux foyers de contamination, a accru l’anxiété du public.

Dans le district résidentiel de Huamu, dans la région de Pudong, les habitants ont déclaré que les autorités avaient minimisé le nombre de cas de virus ainsi que les mesures de quarantaine imposées à certains habitants du quartier.

Récemment, des discussions en ligne ont fait surface, suggérant qu’il y avait jusqu’à 5 infections locales confirmées qui ont entraîné la mise en quarantaine de dizaines de voisins.

Les responsables de Pudong, dans un post publié tard dans la nuit du 26 octobre, ont rejeté l’information comme étant des « rumeurs », disant qu’ils n’ont trouvé qu’un seul patient dans la région de Pudong, qui est tombé malade pendant la quarantaine et n’a pas infecté les autres. Le post a également déclaré que les contacts du patient ont été testés négatifs.

Contestant les affirmations des autorités, une résidente du quartier de Huamu a déclaré que « de nombreuses personnes ont été mises en quarantaine ».

« Ce que les autorités ont dit à propos des résultats négatifs au virus est faux », a-t-elle confié dans une interview, ajoutant que des règles plus strictes concernant le virus sont apparues du jour au lendemain dans sa zone résidentielle.

Un autre résidente a rappelé qu’un responsable du comité de quartier a affirmé que tous les comités de voisinage ont reçu l’instruction d’ » effectuer un contrôle rigoureux, comme au début de l’épidémie ».

« Le virus est toujours là, et il rôde. Qui sait qui pourrait être le prochain à être infecté », a-t-elle déploré.

Caméras de surveillance à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, en Chine orientale, le 29 mai 2019. (STR/AFP via Getty Images)

D’autres parties de Shanghai montraient également des signes de renforcement du contrôle du virus.

Il y a environ une semaine, le personnel de sécurité de l’hôpital Jing’an Shibei de Shanghai a refusé deux personnes âgées parce qu’elles n’avaient pas l’application du code de la santé. Bien que leur température corporelle ait été normale, les deux personnes n’avaient pas de smartphones et n’étaient pas assez douées en technologie pour utiliser le code pour prouver leur état de santé, a raconté un témoin à Epoch Times.

Dans le hall de l’hôpital, des bénévoles et des agents de sécurité ont crié à travers des haut-parleurs pour que tout le monde « se mette en ligne à un mètre de distance », a-t-elle dit. Les médecins étaient « armés jusqu’aux dents », équipés de lunettes de protection et de combinaisons de protection contre les agents dangereux, invisibles ces derniers temps, a-t-elle dit, ajoutant que cet équipement perfectionné pourrait être dû à une aggravation de l’épidémie.

Les bus ont installé des thermomètres infrarouges et ont refusé toute personne « hors normes » de monter à bord, a fait savoir un autre résident.

Un avis d’urgence partagé avec Epoch Times par les habitants a montré qu’une société de gestion des services publics avait reçu l’ordre de fermer toutes les entrées des quartiers résidentiels sous leur surveillance, à l’exception de l’entrée principale. Elle a également ordonné un contrôle renforcé des entrants.

Un avis d’urgence à Shanghai daté du 24 octobre pour intensifier les mesures de contrôle de l’épidémie. (Tous droits réservés)

D’autres photos fournies à la rédaction montrent un agent de sécurité se tenant à côté d’un chauffeur de bus pour faire respecter la réglementation sur le virus, tandis que des volontaires en uniforme rouge et en chapeau s’agitaient dans les parcs publics pour vérifier la température des gens.

« Shanghai est entrée en état de guerre », a estimé une personne lors d’une interview. « Les chauffeurs ont des gardiens pour les accompagner et les visiteurs des parcs ont des gardes rouges. »

Les autorités communistes chinoises sont enclines à réprimer les nouvelles négatives qui pourraient affecter son image nationale, surtout à l’approche d’événements majeurs et d’anniversaires importants.

La ville devrait accueillir le 5 novembre l’exposition internationale annuelle sur les importations en Chine, une occasion qui a attiré une foule de 917 200 visiteurs internationaux en 2019, selon les médias chinois. Les autorités se sont engagées à en faire un succès malgré le virus et ont récemment invité des responsables mondiaux à y assister.

La page de l’événement 2020 présentait une interview de Vitaly Mankevich, président de l’Union russo-asiatique des industriels et des entrepreneurs, qui a déclaré aux médias d’État chinois que l’exposition était un témoignage que « les mesures de contrôle des épidémies du gouvernement chinois ont été très efficaces ».

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