Haute-Marne : des agriculteurs victimes d’un vol d’arbres fruitiers qu’ils venaient de planter

Par Nathalie Dieul
12 février 2020 Mis à jour: 12 février 2020

À Isômes en Haute-Marne, deux agriculteurs se sont fait voler des arbres fruitiers qu’ils avaient plantés deux semaines plus tôt. Au-delà du préjudice financier, qui s’élève à 800 euros, les producteurs ont un sentiment de dépit et d’écœurement à cause des incivilités qui se répètent.

Ils s’étaient fait voler des fruits, du blé ; les réservoirs de leurs tracteurs ont été régulièrement siphonnés. Mais c’est la première fois que des arbres fruitiers disparaissent de leurs champs. Les producteurs de l’exploitation Les Cassis d’Alice n’en reviennent toujours pas.

« C’est pas un préjudice énorme, mais moralement ça nous touche », remarque Philippe Apert auprès de nos collègues de France 3. « On plante des arbres pour récolter des fruits pour notre exploitation, mais on plante des arbres aussi pour embellir autour de la ferme et pour la génération qui suit. On pensait être un peu à l’abri de ça dans nos campagnes, mais visiblement non… »

Vendredi soir, l’exploitant agricole s’est promené le long de la parcelle où 12 arbres fruitiers avaient été plantés à la fin janvier. Il s’est rendu compte que la moitié de ces arbres avaient disparu, les voleurs ne laissant que les tuteurs.

Les fruits du pommier, des mirabelliers et des cerisiers subtilisés auraient servi dans quelques années à leur production de confitures, de sirops et de liqueurs de fruits.

« En apprenant ces vols, je me suis effondrée », témoigne à son tour Cécile Apert. « Ce n’est pas tant pour le préjudice financier, c’est pour le geste. On nous a volé des arbres fruitiers qui ne donneront que d’ici 5 ans. C’est du vivant, c’est ce qu’on travaille. C’est notre passion aussi, surtout… On a volé des arbres, c’est notre lien avec la terre… »

Ce « sentiment de dépit et d’écœurement », Mme Apert l’a partagé sur Facebook avec une photo du champ ne contenant que des tuteurs.

La publication a été largement partagée et commentée. De nombreuses personnes ont donné des idées de sévices à imposer aux voleurs s’ils les prenaient sur le fait. Cependant, les producteurs ont répondu qu’ils ne les mettront pas en pratique : « Fidèles à nos valeurs de respect, de bienveillance et de pacifisme, nous n’en ferons rien. »

Avec les années et les incivilités qui se sont multipliées, le magasin de vente directe sur l’exploitation a été équipé d’une alarme et des caméras de surveillances ont également été placées.

Malgré tout, ce dernier vol qui dépasse l’imagination amène M. Apert à s’interroger : « Qu’est-ce qu’il faut faire ? Mettre des clôtures et barricader toutes les exploitations ? Ce n’est pas dans notre philosophie. »

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