Hérault: une forêt sous-marine vieille de 8 000 ans découverte à 1 km de Palavas-les-Flots

Par Alexandre Roche-Nuit
14 mars 2020
Mis à jour: 14 mars 2020

Une forêt sous-marine vieille de 8.000 ans, à environ un kilomètre au large de l’Hérault, quelque part entre Palavas-les-Flots et Carnon a été découverte par une équipe archéologique du littoral languedocien.

Divulguée seulement maintenant, la découverte de cette forêt remonte à 2018, par hasard, grâce à des plongeurs du Groupement de recherches archéologiques du littoral languedocien, qui effectuaient des relevés dans cette zone.

Ils font alors une découverte incroyable : des restes d’une forêt sous-marine datant d’il y a 8.000 ans, composée des souches d’arbres avec leurs systèmes racinaires. Une époque à laquelle le niveau de la mer de cette zone était de dix mètres plus bas qu’aujourd’hui.

Pour Marie-Pierre Jézégou, ingénieure d’études au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines: « Trouver des choses au fond de l’eau, ça arrive. Mais une découverte de cette ampleur, c’est rare. »

En effet, à l’heure actuelle, seules deux autres forêts sous-marines ont été découvertes dans le monde. La première, au large de l’Alabama, aux États-Unis, en 2005. La seconde, en 2014, près du Pays de Galles.

D’après les chercheurs, ces arbres ont été protégés des tarets (des mollusques qui s’attaquent aux bois immergés, l’équivalent des termites) par le sable et la glaise. Et c’est apparemment grâce à un mouvement récent des bancs de sable que les vestiges de cette forêt ont finalement été révélés à l’équipe de plongeurs archéologiques.

Suite à une étude xylologique (spécialisée dans l’étude du bois), les chercheurs ont découvert que ces arbres étaient des chênes à feuilles caduques. En continuant leurs recherches, ils espèrent en déduire la composition du paysage à cette époque.

« Aujourd’hui, la côte comprend des lagunes et des étangs. Mais il se pourrait que 8 000 ans plus tôt, elle ait été une grande plaine drainée par des fleuves », estime Marie-Pierre Jézégou.

De plus, les chercheurs espèrent également trouver, grâce aux souches, d’éventuelles traces d’une activité humaine. D’autant que ces dernières années, de nombreux promeneurs ont ramassé des morceaux de céramiques préhistoriques dans cette zone. Notamment des tessons réalisés grâce à un coquillage, le cardium. Peut-être appartenaient-ils à ceux ayant vécu dans cette forêt sous-marine ?

En attendant, une nouvelle mission est prévue du 24 août au 21 septembre 2020, dans le but de récupérer des morceaux de souches d’arbres en mer. Des clichés sont également pris par un photographe du CNRS, afin de pouvoir modéliser la forêt en 3D.

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