Hommage au père Hamel, assassiné il y a trois ans par deux terroristes à Saint-Étienne-du-Rouvray

Par Emmanuelle Bourdy
28 juillet 2019 Mis à jour: 28 juillet 2019

Les paroissiens de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) se souviennent du 26 juillet 2016. Alors que le père Jacques Hamel venait de célébrer la messe du matin en présence de deux paroissiens et de trois religieuses, deux hommes ont alors attaqué le prêtre.

Dès la fin de l’office, ces deux terroristes islamistes ont surpris le prêtre. Ils portaient des armes et étaient notamment munis de couteaux. Hurlants et menaçants, ils se sont mis à profaner des symboles religieux et ont même exigé que l’un des otages filme la scène avec un téléphone.

Jacques Hamel s’est ainsi éteint à l’âge de 86 ans sous la brutalité des coups de couteaux portés à la gorge. C’est dans ces conditions extrêmes qu’il a encore eu la force de crier «Va t’en Satan» avant de succomber à ses blessures. L’un des otages a été quant à lui grièvement blessé.

Dès leur sortie de l’église, les deux terroristes ont été abattus, l’un des deux était seulement âgé de 19 ans.

La ville et les paroissiens ont ainsi rendu hommage au prêtre trois ans après le drame, jour pour jour, et une messe a été célébrée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen en l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray.

En vue de la béatification du père Hamel, en avril 2019, un volumineux dossier a été remis à la Congrégation des causes des saints, non loin de la place Saint-Pierre au Vatican. Ainsi que l’a souhaité le Pape François, celui-ci devrait être classé «prioritaire» malgré les nombreux autres dossiers en cours d’examen.

Roseline, la jeune sœur du père Hamel, a écrit un livre émouvant intitulé Jacques mon frère. Elle y raconte la relation fusionnelle qu’elle avait avec ce frère de dix ans son aîné. Elle explique quel type d’homme était Jacques, très pudique sur sa foi, toujours à l’écoute des autres et extrêmement dévoué à sa mission paroissiale. Elle explique au micro de France 3 Normandie qu’il «n’aurait pas pu vivre différemment» et raconte que, malgré une enfance marquée par de nombreuses séparations, leur relation est devenue fusionnelle au fil des ans.

Trois années après cette terrible tragédie, elle se remémore : «Le souvenir du massacre sur le corps de mon frère est toujours présent. Mais quand je vois les personnes qui viennent à cette célébration, c’est une grande force pour nous.»

Le père Hamel repose désormais en paix depuis trois ans dans le cimetière qui jouxte la basilique de Bonsecours et cet endroit est déjà devenu un lieu de pèlerinage. Jacques Hamel pourrait être reconnu et célébré comme martyr de la Foi chrétienne.

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