Un homme d’affaires chinois est arrêté pour avoir dénoncé les atrocités commises par le régime communiste chinois sur internet

Par Olivia Li
27 août 2019 Mis à jour: 28 août 2019

Le chef d’entreprise chinois Li Huaiqing a été arrêté l’an dernier pour soi-disant « implication dans la mafia ». Mais récemment, son accusation a changé pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État » pour avoir partagé en ligne un article sur l’histoire violente de l’Armée rouge chinoise. Ses biens de plusieurs millions d’euros, incluant son entreprise et ses biens immobiliers, ont tous été confisqués par les autorités locales.

Li Huaiqing, 53 ans, était propriétaire de Fuhuadian Company, une entreprise privée de Chongqing City. Il est actuellement détenu au centre de détention du district local de Jiangbei.

À la mi-août, l’épouse de Li, Bao Yan, et son avocat ont tous deux reçu un acte d’accusation du tribunal, les informant que M. Li serait jugé le 22 août au premier tribunal intermédiaire de Chongqing.

Selon l’acte d’accusation, M. Li aurait tenté d’ « inciter à la subversion du pouvoir d’État » entre octobre 2017 et janvier 2018 dans sept de ses messages sur WeChat, une plateforme de type Facebook. Le message accusait l’Armée rouge chinoise d’avoir causé plus d’un million de morts dans la province du Sichuan.

L’avocat engagé par son épouse Bao pour le représenter a fait plus de 20 tentatives pour le rencontrer, mais n’a jamais reçu l’approbation de la police du district de Jiangbei.

Le 19 août, Bao Yan a publié une lettre ouverte sur les médias sociaux, dans laquelle elle décrit les épreuves que sa famille a traversées entre les mains des autorités locales.

Mme Bao a dit que son mari est un vétéran de l’armée et un homme au grand cœur. Au cours des dernières années, M. Li a fait don d’un total de près de 300 000 yuans (38 250 €) à plusieurs organismes de bienfaisance en Chine. Il a fourni une aide financière aux enfants des montagnes de Daliang, dans la province du Sichuan, car il avait servi dans cette région alors qu’il était militaire et qu’il avait été témoin du sort des familles pauvres qui s’y trouvaient. Il a également aidé les victimes de maladies pulmonaires professionnelles et a accordé une aide financière à certains de ses anciens camarades qui avaient de la difficulté à joindre les deux bouts après avoir servi dans l’armée.

La vie aisée et heureuse de la famille a brusquement pris fin début 2017, lorsque l’un des débiteurs de M. Li l’a signalé à la police et l’a accusé d’être impliqué dans la mafia. Le débiteur a affirmé que M. Li l’avait contraint à signer une soi-disant reconnaissance de dette. En Chine, certains groupes de gangs se livrent à des activités illégales de prêt prédateur.

Bien que Li ait fourni un certain nombre de témoins et de preuves qui ont réfuté les accusations, la police s’est rendue à sa résidence et à son entreprise le 31 janvier 2018. Ils ont détenu M. Li, son épouse Bao, son fils aîné issu d’un précédent mariage, trois employés actuels et cinq anciens employés qui avaient quitté l’entreprise il y a au moins deux ans.

« J’ai toujours des cauchemars aujourd’hui à cause de cette horrible expérience », écrit Mme Bao dans la lettre ouverte. « J’ai été détenue sans raison pendant 60 heures et j’ai dû subir des interrogatoires et des intimidations continuels avant que la police ne me libère sans explication ni excuses. »

La police n’a même pas épargné le fils cadet du couple qui n’avait que 10 ans à l’époque. Ils sont allés dans son pensionnat pour l’intimider. Selon Mme Bao, la police a interrogé l’enfant de manière agressive. Longtemps après, l’enfant a refusé d’aller à l’école car il avait peur que la police vienne l’y arrêter.

Bao Yan s’est plainte des mauvais traitements infligés par la police dans sa lettre ouverte : « Il y a des lois clairement établies qui protègent les citoyens mineurs. Quand la police a interrogé mon fils de 10 ans, n’était-ce pas un mépris total de l’État de droit ?

« L’accusation portée contre Li Huaiqing était initialement qualifiée d’ ‘implication dans la mafia’ et s’est transformée en ‘incitation à la subversion du pouvoir d’État’. C’est comme si la police faisait tout cela pour les apparences. »

En février 2018, la police a confisqué les biens de M. Li, y compris ceux de sa société et ses biens immobiliers. La sœur de M. Li a également été impliquée dans l’affaire, et les autorités ont saisi ses biens. La valeur totale des biens confisqués aux deux familles dépasse 100 millions de yuans, selon Mme Bao.

Bao Yan s’est retrouvée démunie et a dû emprunter de l’argent pour pouvoir se nourrir et nourrir son jeune fils.

Elle croit également que son mari est victime d’un coup monté par la police de Chongqing qui, au cours de la dernière décennie, a fabriqué des accusations contre des propriétaires de sociétés privées afin de piller leurs biens.

Entrepreneurs privés en Chine à haut risque

Selon le rapport 2017 sur l’analyse des risques criminels des entrepreneurs, au moins 2 292 entrepreneurs chinois ont été condamnés en 2017, dont 1 984 dirigeants d’entreprises privées, soit 86 %.

Une fois que le propriétaire d’une entreprise privée est condamné ou accusé d’une crime, ses biens lui sont souvent confisqués. C’est plus ou moins la raison pour laquelle les entrepreneurs privés courent un risque extrêmement élevé d’être accusés injustement de crimes – c’est dans le but de saisir leurs biens.

L’une de ces victimes était Shi Lijun, un entrepreneur privé du canton de Mengyin, dans la province du Shandong, qui possédait trois entreprises textiles valant plus d’un milliard de yuans (environ 128 millions €). En 2014, le secrétaire du parti de l’époque, Zhu Kaiguo a monté un coup à l’encontre de Shi Lijun. L’entrepreneur Shi a été détenu illégalement pendant deux ans et demi et tous ses biens ont été confisqués par le gouvernement local. M. Shi a plaidé non coupable et a été libéré, mais ses biens n’ont pas été restitués, selon l’édition chinoise d’Epoch Times de mai 2017.

Au cours des « Deux Sessions » de cette année, les sessions plénières annuelles des deux organisations qui prennent les décisions politiques au niveau national, Sun Qian, procureur général adjoint du plus haut bureau du procureur général de Chine, a déclaré que certaines collectivités locales « arrêtent les propriétaires de sociétés privées et suspendent leurs sociétés » sans raison valable ou pour des infractions mineures.

Selon un rapport publié en mars 2019 par le magazine financier chinois Caixin, Sun Qian a révélé que lorsqu’il s’est rendu dans une province lors d’une inspection, il a constaté que parmi les 100 premières entreprises privées de la région, des dirigeants de plusieurs dizaines d’entre elles avaient été arrêtés. Leurs entreprises ont dû arrêter la production et des travailleurs ont été mis à pied.

Depuis que le Parti communiste chinois (PCC) a pris le pouvoir en Chine en 1949, les entrepreneurs privés ont été la cible de la répression gouvernementale dans de nombreux mouvements politiques.

Historique documenté des crimes de l’Armée rouge dans le Sichuan

Le post sur WeChat de l’article de Li Huaiqing dénonçant les crimes atroces commis par l’Armée rouge pendant la guerre civile chinoise, était basé sur des rapports bien documentés que l’on peut trouver dans au moins trois publications : Business Daily, New Sichuan et Sichuan Monthly.

Le Business Daily disait dans un rapport du 27 novembre 1933 : « Dans le seul canton de Tongjiang, plus de 2 300 foyers ont été massacrés et exécutés par les bandits rouges, que la victime soit riche ou non, et même les savants vertueux n’ont pas été épargnés. En fin de compte, il ne restait que quelques dizaines de foyers intacts dans tout le canton. »

Le Sichuan Monthly rapportait en novembre 1934 que dans le canton de Tongwei, plus de 120 000 habitants furent exécutés, d’après le nombre de cadavres trouvés dans des dizaines de fosses funéraires. L’une de ces fosses était gigantesque et contenait environ 10 000 personnes. Parmi les victimes se trouvaient des femmes enceintes et des bébés qui n’avaient que quelques mois.

De plus, lorsque l’Armée rouge, face aux attaques du Kuomintang, a décidé de se retirer de la province du Sichuan en décembre 1933, le commandant Zhang Guotao a ordonné aux soldats des trois derniers régiments en retraite de brûler toutes les maisons et champs civils, afin de « ne laisser aucune provision pour l’ennemi ».

Selon le rapport mensuel du Sichuan, le nombre total de morts causées par l’Armée rouge dans la province du Sichuan s’élève à 1,11 million.

Xiao Lusheng, journaliste d’Epoch Times, a contribué à ce rapport.

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