Hong Kong : arrestation de Chow Hang-tung, l’une des organisatrices de la veillée de Tiananmen

Par Epoch Times avec AFP
4 juin 2021
Mis à jour: 5 juin 2021

Vendredi 4 mai, la police hongkongaise a arrêté Chow Hang-tung, l’une des organisatrices de la veillée en souvenir de la répression de Tiananmen, une manière pour les autorités de montrer leur implacable détermination à empêcher toute commémoration dans la ville. 

Quelque 7000 policiers ont été mobilisés pour dissuader les habitants de braver l’interdiction de participer à la veillée annuelle commémorant l’intervention sanglante, le 4 juin 1989, de l’armée chinoise contre le mouvement social et étudiant à Pékin. Pour la deuxième année consécutive, elle a été interdite et les autorités ont rappelé que toute participation à un rassemblement non autorisé était passible de cinq ans de prison.

Vendredi au petit matin, quatre policiers ont procédé à l’arrestation de l’avocate Chow Hang-tun, devant son bureau en centre-ville. Elle était jusqu’alors l’une des rares figures du mouvement pro-démocratie à ne pas être en détention ou à ne pas avoir choisi l’exil. Cette avocate de 37 ans, vice-présidente de l’Alliance Hong Kong, est à l’origine de l’organisation chaque 4 juin de la traditionnelle veillée avec des bougies qui se tenait dans le Parc Victoria, situé au cœur de l’île de Hong Kong.

Chow Hang-tung, avocate et vice-présidente de l’Alliance Hong Kong pour le soutien des mouvements démocratiques patriotiques de Chine. (Photo : PETER PARKS/AFP via Getty Images)

La police a confirmé avoir arrêté Mme Chow et un homme âgé d’une vingtaine d’années pour avoir annoncé un rassemblement illégal via les réseaux sociaux. « Leurs propos en ligne consistaient à faire de la publicité et à appeler des personnes à participer ou à assister à des activités publiques interdites », a déclaré le commissaire divisionnaire Law Kwok-hoi à la presse.

La veillée a été interdite pour la deuxième année de suite par la police, les autorités invoquant comme l’an passé les restrictions liées à la pandémie du Covid-19 causée par le virus du PCC (Parti communiste chinois). Pourtant, la ville n’a enregistré aucun cas de contamination locale d’origine non identifiée en plus d’un mois.

Après cette interdiction, l’Alliance Hong Kong avait annoncé qu’elle n’organiserait pas la veillée. Chow Hang-tun avait en revanche indiqué à la presse qu’elle prévoyait de se rendre à titre personnel au Parc Victoria, où se recueillaient pacifiquement jusqu’à l’an passé une foule d’habitants.

Un homme est arrêté lors d’un contrôle et d’une fouille dans le quartier de Causeway Bay à Hong Kong, le 4 juin 2021. (Photo : ISAAC LAWRENCE/AFP via Getty Images)

 

Des centaines de figures du mouvement pro-démocratie emprisonnés

Les autorités ont également averti que ceux qui se rassembleraient pour commémorer Tiananmen pourraient enfreindre la loi en se rendant coupables de subversion. Des centaines de policiers ont bouclé vendredi après-midi les accès au Parc Victoria et procédé à de nombreuses interpellations et fouilles dans les rues avoisinantes.

Plus d’une centaine de figures du mouvement pro-démocratie ont, à ce jour, été arrêtées en vertu de la loi sur la sécurité nationale, passible de la prison à vie. La plupart se sont vues refuser toute libération sous caution et se trouvent actuellement derrière les barreaux.

« Protégez la vérité et refusez d’oublier »

Cette répression ne semblait pas avoir dissuadé certains Hongkongais de commémorer vendredi cet anniversaire en rivalisant d’inventivité. « Un régime peut interdire un rassemblement, mais il ne pourra jamais interdire les revendications qui sont au plus profond des individus », a écrit jeudi sur Facebook l’ex-député en détention Lee Cheuk-yan, également président l’Alliance de Hong Kong.

Les habitants ont été invités à allumer des bougies chez eux ou dans leur quartier vendredi soir et à publier des messages sur les réseaux sociaux. « Allumez les lumières où que vous soyez – que ce soit la torche de votre téléphone, de vraies bougies ou des bougies électroniques », avait écrit Mme Chow sur Facebook quelques heures avant son arrestation.

(Photo : ISAAC LAWRENCE/AFP via Getty Images)

L’artiste Pak Sheung-chuen a appelé tous les habitants à écrire les chiffres 4 et 6, pour la date du 4 juin, sur les interrupteurs de leur maison, pour transformer le fait d’allumer la lumière en geste de commémoration. « Protégez la vérité et refusez d’oublier », a-t-il écrit sur Facebook.

(Photo : Anthony Kwan/Getty Images)

Pendant des décennies, Hong Kong et Macao furent les seuls endroits de Chine où l’on célébrait l’anniversaire du « massacre » de la place Tiananmen à Pékin par l’armée chinoise. Pour la première fois en 30 ans, en 2020, la veillée n’avait pas été approuvée par les autorités, dans un contexte de reprise en main musclée de la ville par le pouvoir central chinois.

En Chine continentale, cette répression, qui fit des centaines, voire plus d’un millier de morts, demeure un tabou.

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