Hong Kong perd de son éclat économique sous l’influence du continent

30 mai 2015 Mis à jour: 18 octobre 2015

 

Pour la première fois en une décennie, Hong Kong n’est plus en tête de la liste des villes les plus compétitives en Chine et, selon les observateurs, cela est dû au contrôle étouffant exercé par le régime chinois.

Selon le Livre bleu sur la compétitivité urbaine récemment publié par l’Académie chinoise des sciences sociales – une enquête concernant 294 villes de Chine, Taïwan incluse – Hong Kong est désormais numéro deux derrière la métropole de Shenzhen, sa voisine directe de l’autre côté de la frontière de la Chine continentale.

Le rapport d’enquête affirme que Shenzhen a dépassé Hong Kong, centre financier international animé et ancienne colonie britannique, parce que la ville continentale a mieux encouragé l’innovation. En 2014, les autorités de Shenzhen ont investi 4,05% de son produit intérieur brut pour soutenir le secteur de l’innovation et de la technologie. Hong Kong n’y a consacré que 0,73%.

Le rapport suggère également que la position de Hong Kong a été affectée par les manifestations des étudiants (Occupy Central) de l’an dernier. De septembre à décembre 2014, des centaines de milliers de Hongkongais ont occupé trois quartiers de la ville pour protester contre le diktat restrictif de Pékin sur les réformes politiques à Hong Kong.

Dans sa chronique régulière pour l’édition en langue chinoise d’Epoch Times, Meng Tianyu, commentatrice politique basée au Canada, considère comme suspect ce classement de l’Académie chinoise des sciences sociales. Cependant, Mme Meng reconnaît que Hong Kong a régulièrement perdu sa prestance de marché d’affaires compétitif depuis 1997, année de la rétrocession de l’ancien territoire britannique à la Chine.

Selon Meng Tianyu, les Chinois du continent ont particulièrement accru leurs parts dans les secteurs de l’immobilier, des finances, de l’énergie, de la construction et du marché boursier de Hong Kong.

Et les Hongkongais eux-mêmes n’ont rien fait pour éviter cela. Les patrons locaux de grandes entreprises ont commencé à devenir membres de la Conférence consultative politique du peuple chinois, l’organe consultatif politique multipartite du PCC. Aujourd’hui, selon Mme Meng, personne «n’ose contester ‘l’édit magistral’ de Pékin».

Les propriétaires des petites entreprises pensent de plus en plus à satisfaire les goûts des Chinois du continent en stockant les produits que ces derniers recherchent et contribuent ainsi à la transformation de l’économie locale et du mode de vie. «À première vue, l’économie de Hong Kong est entre les mains des Chinois du continent», a constaté Meng Tianyu.

Bien que les Hongkongais soient conscients de l’intrusion de Pékin dans leur mode de vie et aient «démontré la volonté de Hong Kong de se battre pour la démocratie et la liberté» lors des manifestations de l’an dernier, Mme Meng craint qu’ils puissent ne pas être en mesure de résister à l’assimilation par des moyens économiques.

Selon elle, le régime chinois manipule aussi les Hongkongais à travers son contrôle des médias – les journaux pro-démocratie perdent des contrats publicitaires lucratifs, les cadres sont remplacés par des employés favorables à Pékin et les éditeurs sont violemment agressés dans la rue.

Meng Tianyu pense aussi que la seule raison pour laquelle Hong Kong n’est pas encore «totalement ruiné» par le régime chinois est le fait que les responsables du PCC profitent de son statut de «région administrative spéciale» pour blanchir leur argent sale, ce qui n’est qu’un secret de polichinelle.

Certaines histoires de blanchiment d’argent ont même été relatées dans les journaux de Hong Kong. Par exemple, l’an dernier, l’histoire de Dannuo Zhao, une Chinoise du continent âgée de 22 ans, qui avait blanchi plus d’1,15 milliard d’euros par le biais de la Banque de Chine à Hong Kong. Dannuo Zhao aurait placé cet argent pour le compte de Xu Caihou, l’ancien numéro 2 de l’armée chinoise, plus tard tombé en disgrâce et récemment décédé.

Mme Guo Jun, présidente du bureau d’Epoch Times à Hong Kong, pense que même si Hong Kong peut encore préserver son statut du centre financier international, cet avantage dépend de son système juridique anglo-américain hérité de son passé britannique, qui est actuellement à son tour érodé.

Dans un discours sur les affaires courantes de la Chine au cours de cette année, Mme Guo Jun a remarqué que le Parti communiste chinois (PCC) était intervenu en réinterprétant la Loi fondamentale (le document constitutionnel de Hong Kong), notamment en demandant à Hong Kong d’adopter une législation sur la sécurité qui pourrait compromettre les libertés civiles, tout en manipulant l’application des réformes politiques du territoire spécial.

«Si cette situation perdure et si Hong Kong continue de perdre ses avantages juridiques, son statut de centre des finances et de l’information va inévitablement disparaître. Hong Kong, la célèbre Perle de l’Orient, n’existera plus», a averti Guo Jun.

 

Article original : Political Commentators: Hong Kong is Less Competitive and it’s China’s Fault

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