Urgences : appel à une « grande manifestation » le 14 novembre

Par Epoch Times avec AFP
10 octobre 2019 Mis à jour: 11 octobre 2019

Jeudi soir, des centaines de médecins et personnels soignants du « collectif interhôpitaux » ont décidé d’organiser « une grande manifestation » le 14 novembre à Paris, « pour obtenir un plan d’urgence pour l’hôpital public ».

La première assemblée générale de ce collectif récemment créé s’est déroulée dans la capitale, à la faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière, où les nombreux participants ont dû se répartir dans trois amphithéâtres.

La première reprend les revendications portées depuis bientôt 7 mois par les grévistes des urgences et les syndicats, notamment une « augmentation immédiate de 300 euros net mensuels de tous les salaires » et « l’arrêt des fermetures de lits d’hospitalisation ».

La seconde précise les « modalités d’action » et appelle à rejoindre le mouvement des pompiers le 15 octobre avant un « rassemblement à Paris le 29 octobre », à l’occasion du vote en première lecture du budget de la Sécu à l’Assemblée, puis à une « grande manifestation » le 14 novembre, espérée « avec le soutien de la population ».

 

« C’est un acte politique, pas technique. On ne joue plus »

Pas d’appel à la grève, donc, ni à une « journée morte », comme l’annonçaient pourtant syndicats et grévistes des urgences la semaine dernière.

En revanche, le collectif inter-hôpitaux propose « l’arrêt du codage » des actes médicaux, ce qui priverait les hôpitaux d’une grande partie de leurs ressources financières.

« C’est un acte politique, pas technique. On ne joue plus, il faut en finir avec l’hôpital entreprise », a justifié André Grimaldi, ancien chef du service de diabétologie de la Pitié-Salpêtrière.

« Il faut donner envie à Bercy de lâcher du lest. Les « gilets jaunes » ont réussi, alors les blouses blanches peuvent y arriver aussi », a renchéri Renaud Péquignot, président du syndicat de médecins Action Praticiens Hôpital.

« Nous sommes à la croisée des chemins. C’est la dernière chance de sauver l’hôpital tel que nous le voulons », a insisté Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Henri-Mondor (Créteil, Val-de-Marne).

Une « profonde souffrance morale »

Le chirurgien Noël Garabedian, président de la commission médicale des Hôpitaux de Paris, s’est inquiété de « voir fuir les personnels » à cause de « salaires qui ne correspondent plus du tout à la réalité ».

Faute de personnel, 900 lits sont actuellement fermés à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), confrontée à des difficultés de recrutement et de fidélisation chez les soignants, notamment les infirmières, a fait savoir Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch

« La pression qui est exercée sur nous pour répondre à la rentabilité est insupportable et beaucoup d’entre nous se demandent s’ils finiront leur carrière à l’hôpital public », a expliqué Hélène Gros, chef du service de médecine interne de l’hôpital Robert-Ballanger (Aulnay-sous-Bois, Seine-Saint-Denis).

Une « profonde souffrance morale » s’est aussi installée chez les jeunes médecins, à qui « l’hôpital ne parvient plus à garantir des conditions de travail et de sécurité décentes », a témoigné Victor Desplats, président du Syndicat des internes des Hôpitaux de Paris.

 

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