Il existe un sérieux lien entre l’alcool et le cancer du sein, mais les femmes n’y prêtent pas attention

23 février 2019 Mis à jour: 10 juillet 2019

Selon des chercheurs de l’Université Flinders à Adélaïde, en Australie, les femmes d’âge mûr ne comprennent pas qu’il existe un lien prouvé entre la consommation d’alcool et un risque accru de cancer du sein.

L’étude à petite échelle suggère que les femmes dans la quarantaine, la cinquantaine et la soixantaine consomment encore de grandes quantités d’alcool malgré le risque croissant de cancer du sein.

Les femmes d’âge mûr : inconscientes des risques

(kiatipol/iStock)

L’étude, récemment publiée dans la revue PLOS ONE, a recruté 35 femmes âgées de 45 à 64 ans qui n’ont jamais reçu de diagnostic de cancer. La Dre Emma Miller et son équipe ont interviewé chaque participante au sujet de leurs habitudes de consommation d’alcool, de leur niveau de scolarité et de leur opinion sur leur propre risque de développer un cancer du sein.

Il s’est avéré que bon nombre de ces femmes étaient prêtes à réduire leur consommation d’alcool si cela nuisait à leur mode de vie, à leurs relations ou à leur poids corporel. Cependant, la plupart d’entre elles ne se rendaient pas compte des risques potentiels à long terme pour la santé associés à leurs habitudes de consommation.

« Il est intéressant de noter que les membres du groupe étaient plus conscientes des méfaits à court terme, comme l’impact de l’alcool sur leur poids, leur santé mentale et leurs relations plutôt que sur le cancer », a souligné la Dre Miller au Science Daily.

La chercheuse croit que la raison pour laquelle plusieurs femmes ne connaissent pas les risques à long terme que pose l’alcool pour la santé pourrait être attribuable à une culture où les normes sociales et le marketing des produits concernant l’alcool sont omniprésents.

« L’alcool est fermement ancré dans le tissu de la société australienne, procurant du plaisir et définissant la plupart des événements majeurs de nos vies », a dit la Dre Miller. « La sensibilisation au risque de cancer lié à l’alcool, malgré son importance, ne suffira pas à contrer les habitudes de consommation. »

L’alcool et le risque de cancer du sein : un lien prouvé

(Image Point Fr/Shutterstock)

Le cancer du sein est l’un des cancers les plus fréquemment diagnostiqués. Selon breastcancer.org, environ une Américaine sur huit développera un cancer du sein invasif au cours de sa vie et on estime que 268 600 cas de cancer du sein invasif et 62 930 cas de cancer du sein non invasif seront diagnostiqués en 2019.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) note que le cancer du sein est le type de cancer le plus répandu chez les femmes dans le monde. De nombreux facteurs peuvent augmenter le risque de développer un cancer du sein dont certains ne peuvent être contrôlés, notamment l’âge et le sexe ainsi que d’autres facteurs sur lesquels une personne peut agir, notamment la consommation d’alcool.

Un important rapport publié en 2017 par le Fonds mondial de recherche sur le cancer met en garde contre le fait qu’une seule boisson alcoolisée par jour peut augmenter la probabilité de développer un cancer du sein. Des études à grande échelle menées par de multiples institutions de recherche, dont l’Institut national du cancer (NCI) et l’American Cancer Society, ont toutes abouti à la même conclusion au fil des décennies : il y a un lien entre le cancer du sein et l’alcool, et ce n’est pas bon. Selon le NCI, pour chaque 10 g d’alcool (l’équivalent d’un peu moins d’un verre) que vous consommez chaque jour, votre risque augmente de 7 %.

Comment l’alcool augmente-t-il le risque de cancer du sein ?

(Rido/Shutterstock)

L’alcool augmente en partie le risque de cancer du sein en augmentant la quantité d’œstrogènes en circulation dans le sang. Plus il y a d’œstrogènes, plus le risque de cancer du sein est élevé. Cela explique aussi pourquoi le fait d’avoir des enfants plus tôt dans la vie et de les allaiter peut réduire le risque de cancer du sein, puisque le taux d’œstrogènes qui circulent est faible pendant la grossesse et pendant que la femme allaite.

Pourtant, l’augmentation de l’œstrogène n’est pas la seule façon dont l’alcool accroît le risque de cancer du sein. Une étude réalisée en 2016 par l’Université de Houston indique que l’alcool déclenche également des niveaux plus élevés d’un gène cancérigène, le BRAF. Ce gène imite les effets cancérigènes de l’œstrogène, même en l’absence d’œstrogène. Ainsi, même les femmes atteintes d’un cancer du sein hormono négatif augmentent leur risque de récidive en consommant de l’alcool.

Les habitudes de consommation d’alcool sont-elles toutes aussi nocives ?

(FRED TANNEAU/AFP/Getty Images)

Les habitudes de consommation ne sont pas toutes aussi nocives. Prendre un verre de vin tous les soirs avec le repas augmente moins votre risque que de prendre sept verres de vin d’affilée à une fête.

Selon le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA), les recherches actuelles montrent que la consommation excessive d’alcool est plus dangereuse qu’une seule consommation quotidienne, même si la quantité d’alcool consommée pendant une semaine peut être la même. Le fait de boire plusieurs verres au cours d’une même séance entraînera un taux d’alcoolémie plus élevé que celui d’un seul verre, ce qui peut déclencher un métabolisme de l’alcool d’un type différent, ce qui peut endommager l’ADN.

En gros, plus vous buvez et plus vite vous l’ingérez, plus vous augmentez votre risque de cancer du sein.

Cependant, l’alcool diminue le risque de maladie cardiaque

(Philippe Huguen/AFP/GettyImages)

Alors, l’alcool est-il mauvais pour vous ? Non. Selon la NIAAA, une consommation modérée d’alcool diminue le risque de décès à la suite d’une maladie coronarienne. La consommation modérée d’alcool est définie par le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis comme un maximum d’un verre par jour.

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