Ile-de-France : Pécresse finance les maires pour équiper leur police d’armes létales

Par Epoch Times avec AFP
24 septembre 2021
Mis à jour: 24 septembre 2021

Valérie Pécresse, présidente (Libres, ex-LR) de la région Ile-de-France et candidate pour mener la droite à la présidentielle, a fait adopter mercredi un amendement pour financer notamment l’armement létal des polices municipales, l’opposition de gauche fustigeant un « coup de force ».

« Il a été décidé de soutenir les maires décidant d’armer leurs polices municipales », a expliqué Frédéric Péchenard, vice-président chargé de la sécurité et ancien directeur de la police nationale de Nicolas Sarkozy, lors de l’examen en commission permanente, qui vote aides et subventions, de la dernière levée du « bouclier de sécurité » mis en place par Mme Pécresse depuis 2016.

L’amendement intègre « l’armement prévu aux articles R 511-12 et suivants du code de sécurité intérieure », qui comprend les révolvers chambrés pour le calibre 38 spécial ou le 357 magnum, les armes de poings ou à feu d’épaule, les pistolets à impulsion électrique, dans les « équipements de protection et de défense » pouvant faire l’objet d’une subvention.

Une mesure inédite prise sans débat ou passage en commission

Le groupe communiste a dénoncé un amendement envoyé à « 00h16 » la nuit précédant sa présentation. « Valérie Pécresse impose, sans débat ni passage en commission, une mesure inédite qui ne relève pourtant pas des compétences de la Région », souligne-t-il.

« C’est un amendement totalement inacceptable sans au moins un débat démocratique » en assemblée plénière, a déclaré Ghislaine Senée, présidente du groupe écologiste.

Même Wallerand de Saint-Just (RN), favorable à l’armement létal des policiers municipaux, a critiqué une discussion « au débotté et à brûle-pourpoint ».

Vincent Jeanbrun, chef du groupe LR, Libres et divers droite, a critiqué la maire PS de Paris Anne Hidalgo, dont la future police municipale ne disposera pas d’arme létale.

« On peut faire le choix, comme Mme Hidalgo, (…) de demander à des agents de police municipale de risquer leur vie sans la capacité de se défendre », a dit M. Jeanbrun, entraînant une réaction de Jean-Marc Germain, conseiller régional PS et époux de la candidate à la présidentielle.

« Ce n’est pas parce qu’on dit ce qu’on pense sur votre épouse qu’il faut m’interrompre », a ajouté M. Jeanbrun, s’attirant les foudres de l’opposition.

« Je pense à nos collègues de Montrouge, à Clarissa Jean-Philippe (tuée par Amedy Coulibaly en janvier 2015, NDLR) dont les collègues auraient pu peut-être la sauver s’ils avaient été armés », a encore argué M. Jeanbrun.

 

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