Îles Féroé : l’insoutenable massacre de dauphins sur les plages filmé par un journaliste de France 2

Par David Vives
28 août 2019 Mis à jour: 30 août 2019

Attention, les images ci-dessous peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.

Ce mercredi 28 août, le journaliste de France 2 Hugo Clément a posté la photo d’un massacre de dauphins globicéphales sur Twitter. Un spectacle affreux pour le journaliste qui témoigne avoir vécu l’un « des moments les plus difficiles » de sa vie professionnelle.

Anciennement sur Konbini, le journaliste fera sa rentrée sur une émission Sur le front, et dont la première portera sur les océans.

Sur la photo, on voit plusieurs dauphins agonisant dans une mer de sang sur une plage des îles Féroé, province autonome du Danemark comptant 50.000 habitants.

Chaque année, les habitants suivent cette coutume. D’après une tradition appelée Grindadrap, soit littéralement la « mise à mort des baleines », il s’agit d’une tuerie nécessaire, qui aurait « permis à leurs ancêtres de survivre ».

Chaque été, les dauphins sont rabattus sur les côtes puis tués à l’arme blanche. Leur viande est ensuite distribuée à la population locale. Un moyen de subsistance non négligeable pour les habitants.

Pourtant, les autorités sanitaires recommandent aujourd’hui l’arrêt de cette pratique. En effet, les taux de mercure et de polluants organiques persistants (POP) trouvés aujourd’hui dans la viande de dauphin inquiètent sérieusement les médecins.

Directeur du département de médecine et de santé publique sur l’archipel, Pál Weihe recommande cependant de ne pas y toucher. « En manger est si problématique pour la santé des Féringiens que nous leur avons demandé de faire ce sacrifice culturel. Car c’est un sacrifice de ne plus consommer cette nourriture traditionnelle », explique-t-il à l’AFP.

Cette privation serait compliquée à mettre en place. D’après lui, la viande de dauphin « fait partie » de l’identité et de la culture des Féroé. C’était comme si « le Danemark ou la Grande-Bretagne devaient arrêter de manger du bacon au petit-déjeuner, ce serait un pan de leur culture qui disparaîtrait », explique-t-il.

Des membres d’ONG ont tenté de filmer le massacre mais ont été interpellés par les autorités. Ils ont tous été condamnés à des peines de prison.

D’après le journaliste de France 2, 800 cétacés sont tués chaque année aux Féroé. Il ajoute aussi que ces animaux sont « ultra sociaux et très doux envers l’être humain » ainsi que « protégés par la convention de Berne sur la vie sauvage ». « Ils avaient été si curieux, si accueillants. Il faut encaisser cette journée d’horreur », témoigne le journaliste.

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