Des images du nouvel hôpital militaire de Wuhan spécialisé dans le traitement des coronavirus révèlent un environnement carcéral

Par Nicole Hao
4 février 2020
Mis à jour: 4 février 2020

Un hôpital nouvellement construit dans la ville de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie de coronavirus en Chine centrale, a commencé à fonctionner le 3 février sous la supervision de l’armée chinoise.

Le personnel médical y sera composé de travailleurs de différentes organisations, telles que des universités médicales militaires et des hôpitaux militaires. La force de soutien logistique conjointe de l’Armée populaire de libération (APL) supervisera les opérations.

L’hôpital, qui n’est pas ouvert au public, ne recevra que des patients selon les dispositions prises par le gouvernement local de Wuhan.

Des internautes et des médias chinois ont partagé des vidéos montrant l’intérieur de l’établissement, qui corroborent les images diffusées par les autorités.

Dans une vidéo publiée le 2 février, un membre de l’équipe de construction qui a travaillé sur l’hôpital démontre que toutes les portes sont verrouillées de l’extérieur, ce qui signifie que les patients ne peuvent pas entrer ou sortir librement de leurs chambres ou de l’établissement.

« Ce soi-disant hôpital est en fait une prison. Vous ne pouvez pas en sortir si vous êtes à l’intérieur », dit-il. « En fait, les patients attendent de mourir ici. Ils seront ensuite envoyés au crématorium après leur mort. »

Cette information n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante par Epoch Times.

L’hôpital

Le 3 février, l’hôpital de Huoshenshan a été officiellement mis en service. L’agence de presse nationale chinoise Xinhua a fait l’éloge de la rapidité avec laquelle cet hôpital a été construit, car plus de 4 000 ouvriers n’ont mis que 10 jours pour construire cet hôpital d’une capacité de 1 000 lits. L’ « hôpital » est en réalité construit d’un empilement de plusieurs conteneurs aménagés sommairement.

Un autre média d’État, China Pictorial, a rapporté que la surface totale de construction de l’hôpital est de 59 000 m2. La zone des services isolés est de 34.000 m2.

Les autres bâtiments à l’intérieur de l’hôpital sont des quartiers d’habitation pour le personnel médical et les soldats.

Un autre nouveau bâtiment construit à Wuhan en réponse à l’épidémie, l’hôpital Leishenshan, sera remis à l’armée le 5 février et mis en service le 6 février, selon le rapport. L’hôpital de Leishenshan est plus grand, et peut accueillir 1 300 patients atteints de coronavirus.

Comme l’hôpital de Huoshenshan, l’hôpital de Leishenshan sera également gardé par des soldats et ne recevra que des patients prévus par les autorités de Wuhan.

Une prison ?

Le 2 février, les médias publics et les internautes chinois ont partagé des photos et des vidéos de l’hôpital de Huoshenshan.

D’après les photos diffusées, les chambres de fortune en forme de conteneurs sont compactes et propres. La chambre de chaque patient a une fenêtre donnant sur le couloir, mais la fenêtre est fermée par des barreaux de fer.

Vue intérieure de l’hôpital de Huoshenshan dans la ville de Wuhan, province de Hubei, Chine, le 2 février 2020. (STR/AFP via Getty Images)

À côté de la fenêtre se trouve une petite boîte, dans laquelle on peut insérer des plateaux de nourriture. La boîte peut être ouverte depuis la chambre et le couloir.

À l’intérieur de la chambre, il y a deux portes : l’une est reliée à une salle de bain attenante, et l’autre ouvre sur une salle dite « tampon » où le personnel médical prépare ses traitements. La salle tampon est équipée d’un lavabo et d’une porte donnant sur le couloir.

Sur l’autre mur de la chambre du patient se trouve une grande porte double, mais elle ne peut pas être ouverte de l’intérieur.

Twitter est bloqué en Chine, mais certains utilisent un logiciel VPN pour contourner le pare-feu. @Dubha3 a déclaré sur Twitter le 2 février : « L’hôpital de Huoshenshan est comme une prison ou une cage. Je crains que les patients ne soient pas autorisés à en sortir avant de mourir et d’être envoyés dans un funérarium pour y être incinérés ».

Guyan Gonggong a publié sur Pincong, une plateforme chinoise de médias sociaux, le 2 février : « L’hôpital est géré par l’armée, ce qui signifie que tout ce qui se trouve à l’intérieur est un secret militaire. Ce sera un crime si quelqu’un le divulgue ».

« Personne ne peut entrer librement dans les zones gérées par l’armée. La famille et les amis [des patients] ne sauront pas si une personne est morte à l’intérieur », craignait l’utilisateur de Twitter @Zhanyoutongmeng.

Préoccupations en matière de pollution

Les internautes chinois craignent également que la construction des installations ait pollué les sources d’eau à proximité.

L’hôpital Huoshenshan est situé sur la rive du lac Zhiyin, l’une des sources d’eau douce de Wuhan. Bien que l’hôpital dispose d’un équipement d’intégration des eaux usées installé le 30 janvier, les gens s’inquiètent toujours de savoir si cet appareil peut filtrer efficacement les déchets biologiques et empêcher le coronavirus de se propager dans les sources d’eau.

Le 25 janvier, le journal chinois Economy Observer a cité des représentants du gouvernement de Wuhan, qui ont reconnu que l’hôpital pourrait être une source potentielle de pollution du système d’approvisionnement en eau de Wuhan. Ils ont dit avoir contacté des fournisseurs d’appareils pour trouver les meilleurs équipements de traitement des eaux usées pour l’hôpital.

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