Incommodée par l’odeur de poisson qui s’échappe du barbecue de ses voisins, une végane les assigne en justice

Par Séraphin Parmentier
4 septembre 2019 Mis à jour: 4 septembre 2019

Outre les nuisances olfactives dont elle fait grief à ses voisins, la plaignante a fait valoir un nombre incalculable de doléances.

Indisposée par les odeurs de nourriture s’échappant du jardin jouxtant sa propriété, Cilla Carden, une massothérapeute de la banlieue de Perth, ville de plus d’un million d’habitants située au sud-ouest de la côte occidentale de l’Australie, a poursuivi ses voisins en justice pour qu’ils arrêtent d’utiliser leur barbecue, considérant qu’il s’agissait d’un trouble du voisinage.

Adepte du régime végan, la plaignante ne supporte plus les effluves de poisson grillé provenant du jardin de ses voisins. « Tout ce que je peux sentir, c’est le poisson. Je ne peux pas profiter de mon jardin. Je ne peux pas y aller », a-t-elle confié à la chaîne de télévision australienne 9News.

Déboutée en première instance au mois de février, elle a interjeté appel devant la Cour suprême de l’État d’Australie-Occidentale courant mars. Celle-ci a rejeté sa demande courant juillet, la plus haute juridiction de l’État estimant que les voisins de Mme Carden avaient « une utilisation familiale de leur jardin et leur maison », rapporte la BBC.

« Le problème est insurmontable »

Si le fumet du poisson la dérange visiblement au plus haut point, Cilla Carden reproche également à ses voisins de fumer des cigarettes dans leur jardin, de bouger des chaises ou de jouer au ballon. À l’occasion de la procédure en appel, la plaignante avait ainsi fourni un dossier de griefs de quelque 400 pages.

« Le volume de documentation produit laisse à penser que dans une certaine mesure, le problème est insurmontable », a expliqué Peter Quinlan, président de la Cour suprême d’Australie-Occidentale.

La Cour a également fait valoir que les voisins de la demanderesse s’étaient efforcés de ménager Mme Carden, soulignant notamment qu’ils n’avaient « pas autorisé leurs enfants à jouer dehors le soir » et qu’ils avaient déplacé leur barbecue.

Malgré ses déboires judiciaires, Cilla Carden envisage pourtant de déposer un nouveau recours devant les tribunaux prochainement.

Des litiges similaires en France

Les tribunaux français sont eux aussi régulièrement amenés à se prononcer dans le cadre de singulières querelles de voisinage : ce mardi, une sexagénaire landaise devait ainsi comparaitre devant le tribunal de Dax après qu’un de ses voisins, excédé par le bruit des canards et des oies qu’elle élève, l’a assignée en justice.

Ce jeudi, le tribunal de Rochefort doit également rendre son verdict dans l’affaire opposant un couple de retraités de Charente-Maritime à leur voisine, propriétaire d’un coq prénommé Maurice dont le chant lui a valu une assignation en justice.

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