Infirmière poignardée dans les Deux-Sèvres : une députée tente un hommage à l’Assemblée

Par Epoch Times avec AFP
18 février 2020
Mis à jour: 20 février 2020

« Il ne peut y avoir dans cet hémicycle de minutes de silence à l’initiative d’un député ou d’un groupe », a répondu Richard Ferrand.

La députée insoumise Caroline Fiat a voulu rendre hommage mardi 18 février à l’Assemblée nationale à l’infirmière poignardée jeudi 13 février par un patient à Thouars dans les Deux-Sèvres, en réclamant une minute de silence, démarche à laquelle s’est opposé le président Richard Ferrand (LREM).

« Nous avons passé le week-end à n’entendre parler, bien malgré nous, que de l’élection municipale à Paris, occultant toute l’actualité, notamment le 14 février où le personnel hospitalier s’est mobilisé pour clamer son amour à l’hôpital public. Pire encore, a été passé sous silence le meurtre d’une jeune collègue (…) poignardée à mort par un patient », a déclaré cette aide-soignante de profession lors des questions au gouvernement.

Émotion dans l’hémicycle

Elle faisait référence à une infirmière âgée de 32 ans, tuée jeudi par arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars (Deux-Sèvres). Le jeune suspect a depuis été mis en examen.

« Dès qu’un fonctionnaire d’État décède dans l’exercice de ses fonctions, il est d’usage de lui rendre hommage par une minute de silence dans cet hémicycle », a poursuivi la députée, disant sa « grande surprise » qu’une demande en ce sens ait été refusée dans la matinée lors de la conférence des présidents de l’Assemblée.

Très émue, l’élue LFI a donc proposé d’utiliser le temps de parole lui restant pour rendre hommage à l’infirmière au nom de son groupe, plusieurs élus de gauche se levant dans la foulée.

« Minute de silence pour des cas exceptionnels »

« Mme Fiat, nous sommes tous sensibles à l’émotion provoquée par le drame que vous venez d’évoquer, mais ainsi que je l’ai indiqué au président de votre groupe, l’usage limite la pratique des minutes de silence à des cas exceptionnels et solennels, et il ne peut y avoir dans cet hémicycle de minutes de silence à l’initiative d’un député ou d’un groupe », lui a répondu Richard Ferrand.

« Permettez-moi aussi de vous dire que sur tous les bancs siègent des professionnels de santé et que chacun ici partage la peine de la famille endeuillée », a-t-il poursuivi, avant de retirer la parole à Caroline Fiat, qui était debout larmes aux yeux.

S’associant « à la tristesse de la nation », le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran a pour sa part annoncé qu’il se rendrait « dans les prochains jours à Thouars, sans presse, à la rencontre des équipes » hospitalières, comme l’a fait vendredi le « délégué ministériel à la santé mentale », Franck Bellivier.

Il répondait à une question du député (PS) de Gironde Alain David sur la situation des hôpitaux.

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