États-Unis: des parents surveillés comme une menace terroriste quand ils critiquent le système scolaire

Un porte-parole du FBI dément ces allégations, l'agence n'a pas pour mission d'enquêter sur les parents qui osent s'exprimer
Par Jack Phillips
19 novembre 2021
Mis à jour: 20 novembre 2021

Selon une lettre rédigée par le comité judiciaire des représentants du Grand Old Party [GOP, surnom donné au Parti républicain], un dénonciateur anonyme aurait divulgué des documents suggérant que le FBI déploie des outils spécifiquement dédiés à la lutte antiterroriste pour surveiller tout parent ou individu ayant menacé un membre du système scolaire.

La lettre du GOP comprend une copie des documents fournis par l’informateur du FBI. Ces documents incluent notamment un courriel envoyé par un certain Carlton L. Peeples, membre de la Division de l’inspection du FBI. On y apprend que les agents du FBI doivent marquer ce genre de menace de l’étiquette « EDUOFFICIALS », pour « suivre toute situation qui pourrait être mise en relation ».

« Nous demandons à vos bureaux d’appliquer cette étiquette aux enquêtes et aux évaluations des menaces visant spécifiquement les administrateurs, la direction, les enseignants et le personnel des commissions scolaires », indique le courriel. Le courriel a été signé par le directeur adjoint de la division antiterroriste, Timothy Langan, et le directeur adjoint de la division criminelle de l’époque, Calvin Shivers.

Dans leur lettre mardi, les républicains du comité judiciaire ont rappelé que le procureur général Merrick Garland avait garanti lors d’une audience devant la Chambre des représentants que ni le FBI, ni le Département de la Justice, n’utilisaient les outils de lutte antiterroriste pour cibler les menaces formulées par des parents contre des membres du système scolaire. Les documents nouvellement dévoilés, réfutent, selon eux, les engagements du procureur général.

Un porte-parole du FBI a déclaré à Epoch Times mardi soir : « [L’agence] n’a jamais eu pour mission d’enquêter sur les parents qui osaient s’exprimer ni de surveiller ce qui est dit lors des réunions des conseils scolaires, et nous n’allons pas commencer maintenant. »

« La mission du FBI est de protéger le peuple américain et de faire respecter la Constitution. [Sa mission est de remplir] ces deux buts concomitants, il ne s’agit pas d’atteindre un [de ces objectifs] au détriment de l’autre », a approfondi le porte-parole. « Nous sommes pleinement engagés à préserver et à protéger les droits du premier amendement, y compris la liberté d’expression. Le FBI se focalise sur la violence et les menaces de violence qui empiètent potentiellement la loi fédérale. »

Avant qu’une enquête antiterroriste puisse être ouverte, il doit y avoir des preuves d’un recours potentiel à la violence ou à la force, ou d’une violation possible de la loi fédérale, a poursuivi le porte-parole du FBI.

Mais selon les républicains de la Chambre des représentants, les documents de l’informateur prouvent que le FBI utilise les ressources antiterroristes à la demande d’un « certain groupe d’intérêts de gauche » pour cibler des parents.

Par ailleurs, ils n’ont pas manqué de rappeler le tollé provoqué par la lettre de la National School Boards Association (NSBA) qui avait été adressée à la Maison Blanche quelques semaines auparavant. La NSBA n’hésitait pas à associer des parents inquiets par les programmes scolaires à des « terroristes nationaux ». En outre, la lettre déclarait que le FBI et les agences fédérales devaient exploiter le Patriot Act et d’autres outils pour les surveiller. [Le Patriot Act, est une loi qui autorise les services de sécurité à accéder aux données informatiques des particuliers et des entreprises pour lutter contre le terrorisme.]

Reprenant cette lettre, M. Garland avait publié un mémorandum exhortant le FBI à s’attaquer à une prétendue « flambée de harcèlement, d’intimidation et de menaces de violence » et à mettre en place des « lignes de communication dédiées au signalement de ces menaces ». Finalement, au 23 octobre, la NSBA se rétractait en s’excusant auprès de la Maison Blanche pour la terminologie employée dans sa lettre.

Aujourd’hui, les révélations de l’informateur « remettent en question l’exactitude et l’exhaustivité » du témoignage de M. Garland devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a eu lieu le mois dernier.

« Si … vous étiez au courant des actions du FBI au moment de votre témoignage », écrivent les républicains, le document « montre que vous avez délibérément trompé le comité sur l’utilisation par le Département de la Justice d’outils de lutte antiterroriste pour cibler des parents ».

Lors de l’audition de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, M. Garland a nié les allégations selon lesquelles son Département oserait qualifier les parents inquiets de terroristes nationaux.

« Le Département de la Justice soutient et défend le droit des parents, garanti par le premier amendement, de se plaindre avec autant de véhémence qu’ils le souhaitent de l’éducation de leurs enfants ou du programme enseigné dans les écoles », a-t-il déclaré aux parlementaires le 21 octobre.

M. Garland a également laissé entendre que les républicains avaient mal interprété son mémorandum, en estimant qu’il ne concernait que les menaces de violence visant les employés et les enseignants du système scolaire.

« Il ne s’agit pas de ce qui se passe dans les réunions des conseils scolaires », a fait remarquer le procureur général. « Il s’agit uniquement des menaces de violence et de la violence visant les responsables des écoles, les employés des écoles et les enseignants. »

Après la publication de la lettre originale de la NSBA, des dizaines d’établissements scolaires à travers les États-Unis avaient coupé les liens avec l’association. Ce lundi, la NSBA du Kentucky a annoncé que ses membres avaient voté pour quitter l’association.


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