Instituts Confucius : le cheval de Troie du régime chinois

Par Octavio Nuiry
18 mai 2020
Mis à jour: 19 mai 2020

Sur les campus universitaires américains, le Parti communiste chinois (PCC) a, pendant près de deux décennies, financé plus de 100 Instituts Confucius – des organisations de propagande gérées par l’État chinois qui s’associent à de nombreux établissements d’enseignement américains à court d’argent pour endoctriner les jeunes étudiants américains.

Certaines grandes et importantes institutions, telles que l’Université de Columbia, l’Université George Washington, Stanford, Purdue, Emory et l’Université de Californie, Los Angeles (UCLA), ont reçu des fonds du PCC pour créer des Instituts Confucius aux États-Unis.

Ces dernières années, les instituts Confucius ont vu leur influence grandir sur l’enseignement supérieur américain, ce qui a suscité une controverse et des critiques de plus en plus vives.

Par exemple, un rapport de l’Association nationale des universitaires (NAS), publié en 2017, a exprimé des inquiétudes concernant l’influence des Instituts Confucius sur la liberté académique et leurs liens étroits avec le PCC. « Ces instituts écartent l’histoire politique chinoise et le non-respect des droits de l’homme, présentent Taïwan et le Tibet comme des territoires incontestablement chinois, et enseignent à une génération d’étudiants américains l’histoire officielle de la Chine », selon le rapport. La NAS a recommandé la fermeture ou la réforme de tous les Instituts Confucius.

Le manque de transparence, la menace à la liberté académique et l’accès du PCC au système éducatif américain – accès que la Chine n’étend pas aux programmes américains – ont également été notés dans un rapport cinglant publié en 2019 par la sous-commission permanente du Sénat américain chargée des enquêtes (PSI).

Le rapport montre un « étonnant manque de transparence et de réciprocité dans la façon dont les Instituts Confucius financés et contrôlés par le régime chinois fonctionnent en toute impunité dans les universités américaines », selon l’ISP, qui a noté que le PCC avait injecté plus de 150 millions de dollars dans 100 Instituts Confucius installés dans des lycées, collèges et universités américains.

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« Près de 70 % des écoles américaines qui disposent d’un Institut Confucius et qui ont reçu plus de 250 000 dollars de subventions par an pour ces Instituts Confucius n’ont pas correctement communiqué ces informations au ministère de l’éducation », indique le rapport.

Propagande et contrôle

Les programmes de l’Institut Confucius sont supervisés et contrôlés par le ministère chinois de l’Éducation (MOE), qui est dirigé par le département central de la Propagande du PCC. Supervisés par une branche du MOE connue sous le nom de Hanban, les instituts font partie d’une initiative de propagande mondiale plus large visant à infiltrer les lycées, les collèges et les universités et à faire subir un lavage de cerveau aux étudiants américains pour qu’ils acceptent la propagande communiste chinoise et améliorer l’image du PCC à l’étranger.

Il y a environ 12 ans, le chef de la propagande du PCC de l’époque, Li Changchun, a décrit l’Institut Confucius comme « une enseigne séduisante pour étendre notre culture à l’étranger ». Selon un article paru dans Politico en 2018, M. Li Changchun a vanté les avantages offerts par les Instituts Confucius en matière de propagande, en affirmant que « l’Institut a contribué de manière significative à améliorer notre pouvoir d’influence. L’enseigne ‘Confucius’ est naturellement attrayante. Sous prétexte d’enseigner la langue chinoise, tout semble raisonnable et logique ».

Et ce ne sont pas seulement les campus universitaires qui ont été dupés et infiltrés par le PCC. Le rapport bipartite de l’ISP, rédigé par les sénateurs Rob Portman (Républicain-Ohio) et Tom Carper (Démocrate-Delaware), met en garde contre la croissance rapide des « salles de classe Confucius », des cours de mandarin financés par le PCC dans plus de 500 écoles primaires, collèges et lycées aux États-Unis.

« En l’absence d’une transparence totale concernant le fonctionnement des Instituts Confucius et d’une réciprocité totale pour les efforts de sensibilisation culturelle des États-Unis sur les campus universitaires chinois, les Instituts Confucius ne devraient pas être maintenus aux États-Unis », a déclaré le sénateur Portman dans un communiqué.

Comme le PCC, les Instituts Confucius sont entourés de secret. Dans la plupart des instituts, les termes de l’accord sont cachés. En outre, « de nombreux étudiants chinois qui étudient aux États-Unis ainsi que des membres du corps enseignant pensent que les instituts sont des centres de surveillance. Aucune preuve concrète n’a été apportée pour démontrer que les instituts sont également des centres d’espionnage chinois sur le territoire américain, mais tous les observateurs indépendants qui ont examiné la situation pensent que c’est le cas », a déclaré le rapport de la NAS.

De plus, le rapport de la NAS a cité plusieurs témoignages officieux qui affirment que les Instituts Confucius sont « des centres de menaces et d’intimidation dirigés contre les ressortissants chinois et les Chinois américains, qui servent de couverture aux activités secrètes du gouvernement chinois ».

Mais la situation va peut-être changer pour les infâmes Instituts Confucius des États-Unis.

Fermeture des instituts Confucius

En 2018, le Congrès a adopté la loi sur la défense nationale et sur l’autorisation relative à l’exercice fiscal 2019.

Le projet de loi, H.R. 5515, comprenait un libellé qui empêche les universités qui accueillent les Instituts Confucius de participer à certains programmes financés par le gouvernement fédéral. Il limite le financement aux universités et les oblige à fournir un registre officiel de tous les accords ou contrats qu’elles ont conclus avec les programmes.

Dans les 15 mois précédant mai 2019, au moins 15 collèges et universités américains ont annoncé la fermeture de leurs Instituts Confucius, la pression politique s’étant intensifiée, dans l’enseignement supérieur. Depuis l’adoption de la loi d’autorisation de la défense nationale, les universités doivent choisir entre le financement destiné au développement de la langue chinoise par le gouvernement américain ou par le régime chinois.

Les fermetures récentes concernent l’université du Massachusetts à Boston, l’université du Tennessee à Knoxville, l’université du Minnesota, l’université de Purdue en Indiana, l’université de l’Oregon, l’université d’État de San Francisco, l’université de Hawaï à Manoa, l’université d’État de l’Arizona, l’université d’État de San Diego et l’université du Kansas.

Aujourd’hui, on estime à 86 le nombre d’Instituts Confucius, selon une liste mise à jour pour la dernière fois le 1er mai 2020 par l’Association nationale des universitaires. Six d’entre eux fermeront leurs portes plus tard dans l’année.

Le PCC s’est engagé dans une campagne intensive d’espionnage et de désinformation contre les États-Unis et les démocraties occidentales dans les secteurs universitaire, économique et des communications. Les objectifs de cette campagne d’espionnage incluent les institutions universitaires américaines, les institutions gouvernementales et militaires classées et les entreprises de haute technologie.

De toute évidence, les instituts de Confucius sont un cheval de Troie ; ils représentent une puissante menace pour la liberté des universités. Ils permettent également de surveiller les étudiants chinois qui étudient à l’étranger et qui pourraient y trouver un intérêt pour la liberté de pensée et d’expression.

Tous les Instituts Confucius aux États-Unis devraient être fermés immédiatement, et tous les « enseignants » chinois expulsés. C’est une intrusion au sein de l’enseignement supérieur américain, il est temps de mettre fin à cette pratique qui permet de confier les salles de classe des universités américaines à un régime étranger et ennemi comme le PCC. Les États-Unis doivent mettre fin au libre accès à leurs universités et centres de recherche dont bénéficie actuellement le régime chinois. Le centre américain de l’Institut Confucius, basé à Washington, doit également être fermé.

Octavio Nuiry, un Américain naturalisé d’origine cubaine, est un ancien chroniqueur du New Orleans Times-Picayune.

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