Intenses recherches d’un avion militaire chilien disparu près de l’Antarctique

Par afp
10 décembre 2019 Mis à jour: 10 décembre 2019

Les secouristes de plusieurs pays étaient à pied d’oeuvre mardi, dans les airs et sur l’eau, pour tenter de retrouver un avion militaire chilien avec 38 personnes à bord, disparu la veille des radars alors qu’il survolait l’océan austral en direction d’une base du Chili en Antarctique

« Nous faisons tout ce qui est humainement possible pour essayer de les retrouver malgré des conditions extrêmement difficiles », a affirmé le président chilien Sebastian Piñera.

L’appareil, un Hercules C130, avait décollé de la base Chabunco de Punta Arenas (pointe sud du Chili) à 16H55 (19H55 GMT) pour rejoindre la base antarctique Eduardo Frei. Le contact radio avec l’avion de transport militaire a été « perdu » à 18H13 (21H13 GMT), selon un communiqué de la Force aérienne chilienne (FACH).

Il survolait alors le passage de Drake, bras de mer qui sépare l’extrémité sud de l’Amérique latine et l’Antarctique et qui est considéré comme redoutable par les marins.

L’avion a été déclaré « sinistré » sept heures après l’incident, a indiqué l’armée de l’Air, en soulignant qu’il disposait de réserves de carburant suffisantes pour voler jusqu’à 00H40 (03H40 GMT).

« Un amerrissage est possible »

« Un amerrissage est possible », a déclaré à des journalistes le commandant de la IV Brigade aérienne à Punta Arenas, Eduardo Mosqueira.

Dans son dernier rapport, mardi matin, l’armée de l’Air a fait état d’une « intensification des efforts de recherche » avec l’aide de 13 avions, dont deux Hercules C130 venus d’Uruguay et d’Argentine, deux navires marchands et deux vaisseaux de la Marine chilienne. Deux avions et un bateau de l’armée brésilienne se sont rendus sur place pour participer aux secours.

« Je vous assure que nous allons tout tenter jusqu’au bout », a déclaré à des journalistes le ministre de la Défense Alberto Espina.

A bord de l’appareil, 38 personnes avaient pris place : 17 membres d’équipage et 21 passagers. Parmi ces derniers figurent 15 militaires de la FACH, trois de l’armée de Terre, deux d’une entreprise privée de construction, Inproser, ainsi qu’un fonctionnaire de l’université de Magallanes.

Ils devaient effectuer des « tâches de soutien logistique »

Ils devaient effectuer des « tâches de soutien logistique », et notamment réviser un oléoduc flottant alimentant en carburant la base antarctique, la plus importante du Chili.

Les familles des disparus arrivaient mardi matin à la base aérienne de Los Cerrillos, près de Santiago, dans l’attente des dernières nouvelles. L’armée étudiait un éventuel transfert des proches vers le sud du pays.

L’armée de l’Air a déclaré « un état d’alerte » à la suite de la disparition de l’avion.

« Le processus de recherche et de sauvetage a été lancé » dans un rayon de 60 milles à partir de l’endroit où le contact a été rompu, a ajouté Francisco Torres, directeur des Opérations de la FACH. « Les conditions météorologiques étaient bonnes, c’est pour cela que le vol a été programmé », a-t-il ajouté.

Le président chilien Sebastian Piñera, « consterné » par la disparition de l’appareil, a annoncé sur Twitter qu’il se rendait à Punta Arenas pour superviser « les opérations de recherches et le déploiement d’équipes de secours », en compagnie des ministres de l’Intérieur Gonzalo Blumel, et de la Défense Alberto Espina. Il a annulé son déplacement à Buenos Aires pour l’investiture du nouveau président Alberto Fernandez.

M. Piñera s’est également entretenu avec le président du Brésil, Jair Bolsonaro, qui lui a offert d’envoyer des renforts pour participer aux recherches, a annoncé la porte-parole du gouvernement Karla Rubilar.

Le précédent incident impliquant un avion militaire en mer remonte à septembre 2011. Un crash d’avion militaire en mer avait alors fait 21 morts, près de l’île Robinson Crusoé, dans l’océan Pacifique, à 700 km du continent.

Cet accident avait soulevé une forte émotion au Chili car l’appareil transportait notamment une équipe de télévision de la chaîne publique TVN conduite par le très populaire journaliste Felipe Camiroaga, 44 ans.

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