Isère : un père de famille lynché à coups de poing, de pied et de barre de fer pour s’être plaint de tapage nocturne

Par Séraphin Parmentier
3 juin 2020
Mis à jour: 3 juin 2020

Après avoir demandé à quatre jeunes qui écoutaient de la musique sur un parking situé en bas de son immeuble de baisser le volume, un père de famille a été sauvagement molesté sous les yeux de son épouse.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 mai en bas d’un immeuble de La Tour-du-Pin, une commune d’environ 8000 habitants située à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Grenoble.

Peu après minuit, un jeune père de famille avait appelé les gendarmes pour se plaindre du tapage provenant d’un parking de la rue des Bains depuis plusieurs heures.

Les forces de l’ordre étaient intervenues et le bruit avait cessé. Mais une fois les gendarmes partis, le tapage avait aussitôt redoublé.

Le jeune homme s’était alors décidé à descendre afin de demander aux fauteurs de trouble de réduire le volume de la musique qui s’échappait de leur voiture.

Une fois sur le parking, la situation a rapidement dégénéré, des coups ont été échangés et le père de famille a fini par être violemment molesté à coups de poing, de pied et de barre de fer par les quatre individus à qui il demandait de faire moins de bruit.

Retrouvés par la police malgré le fait qu’ils aient pris la fuite, les quatre protagonistes ont été jugés le mardi 2 juin dans le cadre d’une procédure en comparution immédiate, rapportent les journalistes du Dauphiné Libéré.

« Je ne suis pas quelqu’un de violent ! Je ne me suis pas contrôlé », a expliqué Bilel Ammari, l’un des quatre suspects qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel.

Présent à l’audience, le père de famille est apparu en fauteuil roulant. Souffrant d’une fracture du péroné ainsi que de nombreuses plaies et ecchymoses au visage et sur l’ensemble du corps, il s’est vu délivrer 45 jours d’ITT après avoir été hospitalisé.

« Ma copine voulait descendre, mais je l’ai empêchée. C’est moi qui suis descendu, en glissant un couteau dans ma poche. Je leur ai alors demandé de baisser la sono de la voiture », a-t-il expliqué.

S’il n’a jamais sorti son arme de sa poche, il a toutefois reconnu avoir porté le premier coup : « Ils se sont moqués de moi, puis l’un s’est approché. J’ai alors donné le premier coup. »

Le père de famille subira ensuite un véritable déferlement de violence, l’un des protagonistes récupérant une barre de fer dans le coffre de sa voiture avant de le frapper. Une fois au sol, il a continué à recevoir une pluie de coups alors que sa compagne assistait à la scène depuis la fenêtre de leur logement.

Les quatre accusés condamnés

Visionnée au cours de l’audience, la vidéo de son agression a été qualifiée de « saisissante » par la partie civile. Une séquence de plus de deux minutes qui témoigne de l’acharnement subi par la victime.

« Quarante coups, de poing, de pied, mais surtout de barre de fer », a ainsi souligné le substitut du procureur de la République.

« C’est le dossier de l’agacerie quotidienne. Il y a dix jours, c’est une gamine qui en est morte à Lyon. Mon client n’est pas descendu pour taper, mais pour seulement demander le silence afin de pouvoir dormir tranquillement. Réagir avec une telle violence, ce n’est pas un comportement social normal », a observé Me Jullien, avocat de la victime.

La défense a au contraire mis en avant le fait que c’était le jeune père de famille qui avait porté le premier coup, plaidant pour une responsabilité partagée.

« On n’est pas dans une cour de récré pour savoir qui a commencé. Seuls les faits doivent être jugés : on a 45 jours d’ITT et le principal prévenu a porté à lui seul 30 coups. C’est d’une violence extrême, c’est un lynchage en règle », a objecté le représentant du ministère public.

« La chronologie des faits est importante ! La situation était totalement évitable si la victime n’avait pas fait le choix de porter un coup le premier. Le premier coup de poing est important, il a occasionné 10 jours d’ITT à mon client. Oui, mon client a été violent mais si la rixe démarre, c’est parce que monsieur l’a décidé », a alors rétorqué Me Abram, défenseur du principal accusé.

Après une heure de délibéré, le tribunal correctionnel a finalement prononcé la responsabilité de la victime à hauteur de 15 % et condamné les quatre prévenus.

Bilel Ammari a écopé de 12 mois de prison ferme avec maintien en détention, Youssef Djedi a pour sa part été condamné à 6 mois de prison ferme avec maintien en détention et révocation de trois mois de sursis liés à une précédente condamnation. Yacine Djedi a quant à lui été condamné à 4 mois ferme avec révocation d’un précédent sursis de deux mois. Inconnu de la justice, le quatrième accusé a écopé de 4 mois de sursis simple.

 

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