Des jaguars en voie de disparition sont «tués sur commande» pour l’industrie de la médecine traditionnelle

Par Epoch Times
30 septembre 2018
Mis à jour: 6 novembre 2019

Dans le pays sud-américain du Suriname, des jaguars en voie de disparition sont tués illégalement par des braconniers, malgré leur statut protégé.

Les produits dérivés des jaguars sont lucratifs sur le marché noir. Bien qu’ils soient braconnés pour leurs griffes et leurs dents afin de fabriquer des bijoux et des aliments, l’industrie de la médecine traditionnelle est aussi particulièrement rentable.

Les immigrants chinois au Suriname, un afflux résultant de l’investissement de la Chine dans les ressources sud-américaines, ont mis en place des réseaux souterrains pour gérer une entreprise de « pâte de jaguar » qui fournit l’industrie de la médecine traditionnelle en Asie, selon Protection mondiale des animaux, une organisation sans but lucratif basée à Londres.

Photos de jaguars illégalement braconnés | Protection mondiale des animaux

La pâte de jaguar, aussi appelée colle de jaguar, est fabriquée en faisant bouillir l’animal pendant sept jours. Il est ensuite exporté illégalement via les bagages à main. Selon Nicholas Bruschi, qui a dirigé une enquête secrète de la Protection mondiale des animaux, la pâte est censée servir à des fins médicinales telles que l’amélioration des performances sexuelles, le traitement de l’arthrite et l’amélioration de la santé générale, bien qu’il n’existe aucune preuve à l’appui de ces allégations.

Selon les conclusions de l’enquête, un seul jaguar peut produire 20 à 30 pots de pâte de jaguar et peut se vendre environ 2 600 €. Les dents de jaguar, étant la partie du corps la plus précieuse, sont également une grande partie de l’industrie.

Les griffes, les dents et les crocs de jaguar sont vendus illégalement pour fabriquer des bijoux. Protection mondiale des animaux

Les jaguars, quant à eux, sont vendus illégalement dans le commerce exotique des animaux de compagnie à des individus fortunés en tant que symboles de statut. Ils sont souvent maintenus dans des conditions inacceptables et tués par leurs maîtres quand ils deviennent trop gros.

La Protection mondiale des animaux a constaté que l’industrie du braconnage passe souvent inaperçue par les autorités. Les jaguars ne sont pas seulement tués lors d’affrontements lorsqu’ils entrent en contact avec des humains ou du bétail. Les trafiquants peuvent commander un jaguar aux braconniers en mettant littéralement des primes, par le biais de contacts ou même par les médias sociaux, et ils sont ensuite « tués sur commande », comme le dit M. Bruschi. Les animaux sont ensuite traqués. L’enquête a révélé qu’ils sont souvent chassés pendant des jours par des braconniers, recevant des projectiles à maintes reprises, jusqu’à ce qu’ils soient immobilisés, capturés et tués. Le revenu qu’ils procurent peut dépasser ce qu’un individu en milieu rural ne peut gagner en un mois.

« Il est certainement probable que l’afflux de citoyens chinois a élargi le marché intérieur des organes de jaguar au Suriname », explique Pauline Verheij du Fonds international pour la protection des animaux. Les preuves indiquent clairement l’existence d’un vaste réseau souterrain bien organisé qui exploite le commerce.

Selon Nancy del Prado, avocate spécialiste de l’environnement à Paramaribo, la peine encourue pour avoir tué, transporté, acheté, vendu ou possédé des animaux protégés tels que des jaguars peut aller jusqu’à 115 300 € d’amende ou jusqu’à 6 ans d’emprisonnement. Les trafiquants de jaguars restent souvent en mouvement, expédiant les cargaisons illicites d’un véhicule à l’autre, depuis différents endroits sûrs, afin de contrecarrer les autorités. Toutefois, même lorsqu’ils sont pris en flagrant délit, les faits donnent à penser que les contrevenants peuvent rester impunis.

Jaguar Pxhere | Peter Neve

Les perspectives d’avenir des jaguars au Suriname sont incertaines. Elles figurent actuellement sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN et sont classées quasi menacées. Sur une note positive, il y a encore beaucoup d’habitats naturels dans la jungle sauvage au Suriname, qui est une forme naturelle de protection pour les jaguars. Cependant, si l’on envisage de construire une route dans l’arrière-pays, allant du nord au sud, c’est-à-dire à partir de Paramaribo jusqu’au Brésil, une partie de cette protection pourrait être perdue.

Références :

Pauline Verheij :
https://www.ifaw.org/international/about-us/wildlife-trade/pauline-verheij

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