« J’ai l’impression qu’on se réveille de quelque chose »

14 novembre 2015
Mis à jour: 15 novembre 2015

Ce samedi, le ciel parisien était gris au dessus de la Place de la République. Une foule silencieuse faisait des allées et venues devant le Monument à la République et ses trois statues représentant la Liberté, l’Égalité et la Fraternité. Tous sont venus se recueillir et rendre hommage aux victimes des attentats survenus la nuit dernière dans la capitale.

« Mesdames et Messieurs, Mesdames et Messieurs, c’est la police », lançait d’un ton retenu une voix sortant d’un mégaphone. Le silence de plomb était régulièrement rompu par les injonctions des autorités, qui appelaient à « vider la Place de la République ».

Place de la République, le 14 novembre. ( Epoch Times )
Place de la République, le 14 novembre. ( Epoch Times )

Mais durant toute cette journée du 14 novembre, la Place ne s’est jamais vidée. Les badauds continuaient à approcher les statues, d’autres se tenaient éloignés, le regard dans l’horizon. Les messages de soutien, les bougies et les fleurs se sont multipliés toute la journée, dans le calme et le recueillement. Vers 16h, une adolescente a tenté d’allumer des bougies, comme beaucoup avant elle ; mais le vent soufflait encore fort et les éteignait toutes systématiquement.

Place de la République. Après la dispersion, un homme rallume les bougies. ( Epoch Times )
Place de la République. Après la dispersion, un homme rallume les bougies. ( Epoch Times )

« Il faut qu’on se parle les uns les autres, dans ces moments, c’est important », confie Daniel, 75 ans. « Quand on appelle à tout fermer, comme l’ont fait les autorités, c’est la psychose de la peur, c’est leur montrer qu’ils ont raison, et qu’ils peuvent continuer à nous faire peur. Aubrac disait, « Résister, c’est debout! » », soutient le parisien. Devant l’ampleur du drame, Daniel se sent revenu au temps des résistances, celles de la 2nde Guerre mondiale, ou de Mai 68, « derrière les barricades ».

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Rens et Cathelin. ( Epoch Times )

Rens et Cathelin, arrivés de Belgique, sont venus pour leur part à la rencontre de ces parisiens venus témoigner leur souffrance. « C’est étrange, c’est une sensation très étrange ce qui se passe ici. Nous nous sentons vraiment tristes pour les français. C’est inquiétant ce qui est en train d’arriver, la peur est tangible », déclarent-ils.

Pascal Baethens, photographe et artiste belge. ( Epoch Times )
Pascal Baethens, photographe et artiste belge. ( Epoch Times )

« Pour l’instant, on allume un cierge. Pour l’instant, c’est dur, on ne sait pas quoi dire… à part que Dieu les accueille », indique un autre passant. Pour Pascal Baetens, photographe belge, « le 13 novembre sera le 11 septembre français ». « J’étais aux deux endroits de ces attentats, c’est terrible… J’ai l’impression qu’on se réveille de quelque chose comme si avant on avait du mal à faire la différence entre les fictions qu’on regarde et la réalité… Là, on se rend compte que la guerre, c’est réel. »

Un enfant allumes les bougies du monument. (David Vives/Epoch Times)
Un enfant allume les bougies du monument. (David Vives/Epoch Times)

Un peu plus tard, de plus en plus de passants se retrouvent et affluent autour des statues parisiennes. Le silence demeure, le recueillement toujours profond n’est rythmé que par les flashs des photographes. Un enfant s’avance, et patiemment, rallume une dizaine de bougies. Avec la petite foule qui s’est collée au Monument à la République, les bougies restent toutes allumées, cette fois.

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