Japon : Shinzo Abe remanie son gouvernement

3 août 2017
Mis à jour: 3 août 2017

Deux piliers inamovibles depuis 2012, un nouveau ministre de la Défense et un chef de la diplomatie renouvelé pour la première fois en cinq ans de pouvoir : voici les hommes-clefs du gouvernement remanié du Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Taro Aso, ministre des Finances et vice-Premier ministre

C’est le premier pilier. À 76 ans, ce ténor du Parti libéral-démocrate (PLD) tient le portefeuille des Finances ainsi que celui de vice-Premier ministre depuis le retour de M. Abe à la tête du pays en décembre 2012. Il avait été chef du gouvernement de septembre 2008 à septembre 2009 après avoir occupé divers postes de ministre.

Cet héritier d’entrepreneur est connu pour sa propension à dépenser sans compter dans le but de relancer l’économie. Gardien des deniers de l’État, il doit néanmoins composer avec une dette énorme.

Yoshihide Suga, secrétaire général et porte-parole du gouvernement

C’est le deuxième pilier, fidèle des fidèles, l’homme de confiance qui s’exprime quasi quotidiennement devant la presse, qui défend publiquement M. Abe et ses équipes. Agé de 68 ans, élu sept fois député de la préfecture d’Akita (nord), il avait été une fois ministre des Affaires intérieures dans l’éphémère premier gouvernement Abe de 2006-2007.

 Taro Kono, ministre des Affaires étrangères

Figure déjà très connue du grand public nippon, Taro Kono, 54 ans, député de la préfecture de Kanagawa près de Tokyo, est le fils aîné de Yohei Kono, connu pour avoir émis, en 1993, en tant que secrétaire général du gouvernement d’alors, la « Déclaration Kono » dans laquelle figuraient « les excuses » et « les remords » du Japon pour l’enrôlement forcé de femmes asiatiques dans les bordels de l’armée japonaise durant la Deuxième guerre mondiale. Taro Kono, qui a débuté sa carrière dans le secteur privé, a déjà occupé une place dans un précédent gouvernement Abe, en tant que ministre délégué à la Réforme administrative et à la prévention des catastrophes naturelles.

 Itsunori Onodera, ministre de la Défense

Cet élu de 57 ans, originaire de la région du Tohoku (nord-est), est un connaisseur des questions de sécurité, pour avoir déjà été ministre de la Défense de fin 2012 à septembre 2014, puis membre de diverses commissions dédiées. M. Onodera a aussi travaillé au sein du PLD sur les questions sensibles de la présence de bases militaires américaines contestées à Okinawa et des îles Kouriles (appelées Territoires du Nord au Japon), au centre d’un différend avec la Russie empêchant depuis plus de 70 ans la signature d’un traité de paix bilatéral.

 Toshimitsu Motegi, ministre de l’Economie

Cet ancien employé de maison de négoce et consultant économique, qui a étudié aux Etats-Unis, hérite à 61 ans de l’un des portefeuilles les plus en vue. Il sera chargé de mettre en application les suites des abenomics (politique de relance initiée en 2012 par M. Abe), notamment le volet budgétaire et fiscal qui comprend une hausse prévue de la taxe sur la consommation (la TVA japonaise). M. Motegi avait été ministre du Commerce et de l’Industrie dans un précédent gouvernement Abe, formé fin décembre 2014.

Hiroshige Seko, ministre du Commerce et de l’Industrie (Meti)

Ce sénateur de 54 ans conserve ce portefeuille qu’il avait obtenu lors du remaniement effectué il y a tout juste un an à la suite des élections sénatoriales. De pair avec le ministre des Affaires étrangères, il suit les dossiers du libre-échange commercial, rendu compliqué par le retrait des Etats-Unis d’un vaste accord transpacifique (TPP).

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