Jean-Louis Touraine: « L’achat d’un rein à l’étranger est interdit mais nous n’avons pas les moyens de vérifier »

Par Epoch Times avec AFP
23 septembre 2019 Mis à jour: 23 septembre 2019

L’examen du projet de loi de bioéthique passera en examen le 24 septembre à l’Assemblée nationale. Parmi les amendements, une trentaine concernent la traçabilité des transplantations d’organes pour les patients français allant se faire opérer à l’étranger – notamment dans des pays où la marchandisation du corps humain est monnaie courante.

D’après les statistiques officielles de l’Agence de Biomédecine, près de 400 personnes « disparaissent » chaque année des listes d’attente d’organe en France. Des malades qui n’ont pas été transplantés, qui ne sont pas décédés mais qui sortent magiquement des statistiques. Où sont passés ces patients ?

Les pays proposant ce type de transplantation d’organes ne respectent pas les mêmes normes éthiques que la France, pas du tout. Certains, comme la Chine, s’appuient sur des prélèvements forcés d’organes, où des prisonniers de conscience sont assassinés lors de la transplantation. Les chiffres de ce tourisme de transplantation d’organes depuis 20 ans sont alarmants.

À cette occasion, NTD a interviewé Jean-Louis Touraine, député de Lyon et rapporteur de loi bioéthique. Il a également passé toute sa carrière professionnelle à travailler dans le domaine de la transplantation.

« Il est interdit pour un Français d’aller solliciter l’achat de rein, puisqu’en France le don est gratuit et le sera toujours. Alors que l’achat d’un rein à l’étranger est interdit, nous n’avons pas les moyens de faire respecter cet interdit. Il arrive qu’il y a des malades qui reviennent d’un autre pays où ils ont payé un donneur et bénéficié sur place d’une transplantation.

S’il y a des prélèvements forcés, cela doit être réprimé, cela doit être prohibé, cela doit évoluer. D’ailleurs, la Société Internationale de Transplantation, qui regroupe des médecins et des chirurgiens ,ne veut pas accepter en son sein les médecins et chirurgiens qui contribuent à des actions de prélèvements forcés.

Le fait qu’il y ait une transparence internationale faciliterait la progression rapide vers un meilleur respect de l’éthique et des différents droits de l’homme. La démarche qui consisterait en des échanges sur les informations, qui enregistrerait les différents prélèvements va contribuer à ce que cette évolution puisse se développer le plus vite possible.

Je pense que dans tous les pays nous avons un certain devoir d’exercer notre rôle de contrôle international. Bien sur, c’est plus facile de le faire en France, et même en France ne sommes pas parfaits sur tout.

Je pense qu’on a tous le devoir de contribuer à cet effort u niveau international parce que tout simplement les droits de l’homme sont universels, les droits de l’homme ne sont pas pour un pays, c’est pour le monde entier.

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