Jeffrey Epstein possédait de nombreux secrets sur des gens puissants, selon un journaliste

Par Jack Phillips
14 août 2019 Mis à jour: 14 août 2019

Un chroniqueur du New York Times a déclaré s’être rendu dans ce qu’il a nommé la « caverneuse demeure de Manhattan » de Jeffrey Epstein. L’endroit, désignant un domicile non loin de l’Upper East Side du multimillionnaire disgracié, avait servi de lieu de transit pour des dizaines de filles.

« L’impression dominante que j’ai retirée de notre conversation d’environ 90 minutes était que M. Epstein connaissait un nombre étonnant de gens riches, célèbres et puissants, et qu’il avait des photos pour le prouver », écrit James B. Stewart pour le Times.

La Hewitt School, école pour filles à quelques dizaines de mètres de l’immeuble, avait reçu 15.000$ de la part du multimillionnaire, selon des récents rapports. (Wikimedia Commons)

Le reporter affirme que J. Epstein, 66 ans, « prétendait en savoir beaucoup sur ces personnes, des histoires embarrassantes, ainsi que des détails sur leurs pratiques sexuelles et le genre de drogues qu’ils appréciaient ».

Lorsque J. B. Stewart a appris la mort du financier disgracié, accusé de trafic sexuel d’enfants, l’une de ses premières pensées « était que beaucoup d’hommes et au moins quelques femmes ont dû avoir des soupirs de soulagement sur les secrets que M. Epstein emporte dans sa tombe ».

Dans leur conversation, Jeffrey Epstein n’a pas essayé de dissimuler son scandaleux passé. Il a confirmé sa culpabilité sur les chefs d’accusations émis par l’État de Floride au cours des années 2008-2009. Parmi ces derniers se trouvait la prostitution de mineures.

Il a estimé que J. Epstein, cependant, semblait être « inexcusable » et que son profil de délinquant sexuel en col blanc intouchable « était ce qui avait poussé tant de gens à se confier à lui ».

« Tout le monde a des secrets. Et comparés aux miens, les leurs semblaient inoffensifs », aurait déclaré J. Epstein au journaliste.

Entre-temps, durant l’interview, le financier semblait « à l’aise de discuter de son intérêt pour les jeunes filles », ajoutant que « criminaliser les rapports sexuels avec des adolescentes était une aberration culturelle, alors que cela est parfaitement acceptable de nos jours ».

Un policier se tenant devant le tribunal fédéral de New York le 15 juillet, au moment d’une audition de Jeffrey Epstein. (Johannes Eisele/AFP/Getty Images)

M. Stewart affirme avoir remarqué des photos à l’intérieur du manoir de J. Epstein.

« J’ai remarqué une photographie de M. Epstein avec l’ancien président Bill Clinton, et un autre avec le directeur Woody Allen », a écrit Stewart. « Le fait d’afficher des photos de célébrités qui ont aussi été prises dans d’autres scandales sexuels [dans le passé] m’a semblé étrange. »

Pleins feux sur les co-conspirateurs

Deux jours après la mort du riche financier dans la prison de New York, le procureur général William Barr a indiqué que « les complices n’auront pas la vie facile ».

« Je peux vous assurer que cette affaire se poursuivra contre quiconque a pu s’en rendre complice », a déclaré M. Barr lors d’une conférence sur l’application de la loi à la Nouvelle-Orléans. « Les victimes méritent justice, et elles l’obtiendront. »

La résidence d’Epstein à New York, située au 9 East 71st Street à Manhattan. (Scott Heins/Getty Images)

À présent, il est très probable de voir les autorités orienter leurs recherches sur l’équipe de recruteurs et d’employés. Selon les rapports de police, ces derniers connaissaient le penchant de J. Epstein pour les filles mineures et étaient chargés de trouver ses futures victimes pour lui.

L’Associated Press a examiné des centaines de pages de rapports de police, de dossiers du FBI et de documents judiciaires qui montrent que Jeffrey Epstein comptait sur toute une équipe d’associés pour organiser les « massages » qui finissaient en actes sexuels.

Si des assistants d’Epstein espéraient éviter des accusations en témoignant contre lui, le suicide du multimillionnaire a changé la donne.

L’ancienne petite amie de J. Epstein, la Britannique Ghislaine Maxwell, a été décrite dans un procès intenté en 2017 comme l’ « employée la plus directement concernée » par les réseaux de trafic sexuel entretenus par J. Epstein. Elle a supervisé et formé des recruteurs, élaboré des plans de recrutement et aidé à dissimuler ces activités aux forces de l’ordre, selon le procès.

Alors que Ghislaine Maxwell demeure aujourd’hui introuvable, ses représentants ont souhaité ne pas répondre aux demandes de commentaires. Dans une déclaration écrite sous serment, elle a nié avoir commis tout acte répréhensible.

L’Associated Press a contribué à ce rapport.

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