« J’en ai rien à f**tre du confinement ! », les policiers ont du mal à faire respecter les consignes dans les quartiers

Par Emmanuelle Bourdy
25 mars 2020
Mis à jour: 25 mars 2020

Depuis la mise en application du confinement en France, même si la plupart des gens respectent les consignes, les forces de l’ordre ont en revanche bien du fil à retordre dans les quartiers difficiles. Inlassablement, ils doivent redire que les sorties doivent être courtes et doivent rester proches du domicile. Les contrôles dans les banlieues relèvent parfois du tour de force.

Après une semaine de confinement, le journal Le Point a fait un reportage édifiant sur la situation dans le 18e arrondissement, au nord de Paris, où les policiers ne chôment pas. Les contrôles sont nombreux, car cet arrondissement est toujours très fréquenté. Pourtant, les trafiquants (de haschisch, médicaments, cigarettes de contrebande, téléphones volés, etc.) n’en sont pas déroutés pour autant et continuent éhontément leurs business malhonnêtes.

Devant la supérette Carrefour City tenue par Mourad, les magouilles vont bon train. « Avec cette situation de crise, ceux qui restent dehors sont les pires ! Il n’y a plus que trafics et magouilles. Ils se foutent de l’autorité de ce pays et de ses lois. J’essaie de leur expliquer comment leur comportement met les autres en danger. Mais ils m’envoient balader. Certains, les plus méchants, me répondent qu’ils sont là pour niquer la France. C’est terrible ! » se désole Mourad.

Mais les forces de l’ordre doivent, malgré tout, œuvrer dans ces conditions difficiles et faire face autant à la mauvaise volonté de certains, qu’à la violence d’autres. Pour cela, ils doivent souvent user de patience, tout en restant très fermes pour arriver à faire plier les plus récalcitrants, les plus véhéments, voire les plus agressifs. Les policiers peuvent aller jusqu’à une fouille de la personne contrôlée lorsque cela est nécessaire.

Tout cela se faisant avec des moyens souvent bien insuffisants, par rapport à l’épidémie grandissante du virus du PCC*. L’un des policiers, interrogés par Le Point a spécifié que « près de 10 % de notre effectif a posé un arrêt par peur du coronavirus. Il s’agit souvent des plus jeunes, qui ont moins le sens du service public. Les autres sont présents pour assurer la sécurité et les contrôles sans masques ni gants. On se fait une raison. On est très exposés et on sait qu’on attrapera tous ce virus. Mais on se doit d’être là, à nos postes, pour la population. C’est notre devoir.»

* Il y a eu récemment une controverse sur l’origine du virus qui a déclenché la pandémie mondiale actuelle. Le Parti communiste chinois (PCC) préfère le terme « nouveau coronavirus ». D’autres l’ont appelé le « virus du PCC » ou encore le « virus de Wuhan », d’après son lieu d’origine, comme il est fréquent de nommer les maladies d’après le lieu où elles sont apparues.

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