Joe Biden, premier Président des États-Unis à reconnaître le génocide arménien

Par Epoch Times avec AFP
24 avril 2021
Mis à jour: 26 avril 2021

Le 24 avril, Joe Biden a reconnu le génocide arménien, devenant le premier Président des États-Unis à qualifier ainsi la mort d’un million et demi d’Arméniens massacrés par l’Empire ottoman en 1915, suscitant la colère de la Turquie.

« Les Américains honorent tous les Arméniens ayant péri dans le génocide qui a commencé il y a 106 ans aujourd’hui », a écrit Joe Biden dans un communiqué. « Nous affirmons l’histoire. Nous ne faisons pas cela pour accabler quiconque mais pour nous assurer que ce qui s’est passé ne se répètera jamais », a-t-il ajouté.

Son homologue turc Recep Tayyip Erdogan a immédiatement réagi en dénonçant « la politisation par des tiers » de ce débat de l’histoire. La Turquie n’a « de leçons à recevoir de personne sur son histoire », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a de son côté salué une « mesure très forte envers la justice et la vérité historique ».

« Honorer les victimes »

Le génocide arménien est reconnu par plus de vingt pays dont la France, ainsi que par de nombreux historiens mais il est vigoureusement contesté par la Turquie. Malgré des années de pressions de la communauté arménienne aux États-Unis, aucun Président américain ne s’était jusqu’ici risqué à fâcher Ankara.

En décembre 2019 lors d’un vote symbolique, le Congrès américain a reconnu le génocide arménien, mais le Président Donald Trump, qui entretenait d’assez bonnes relations avec Recep Tayyip Erdogan, avait refusé d’utiliser le mot, parlant seulement d’ « une des pires atrocités de masse du 20e siècle ».

Au téléphone avec le chef de l’État turc, le locataire de la Maison Blanche a exprimé sa volonté de bâtir une « relation bilatérale constructive », selon le bref compte-rendu américain qui évoque la nécessité d’une « gestion efficace des désaccords ». Il s’agit d’« honorer les victimes, pas d’accabler qui que ce soit », a insisté une responsable américaine, sous couvert de l’anonymat. « Nous continuons de considérer la Turquie comme un allié crucial au sein de l’Otan », a-t-elle ajouté.

Sans citer explicitement les États-Unis, le Président turc avait dès jeudi adressé une mise en garde à peine voilée à Washington. Les deux dirigeants sont convenus de se rencontrer en juin en marge du sommet de l’Otan à Bruxelles.

Des millions d’Arméniens et Turcs tués

Les Arméniens estiment qu’un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l’Empire ottoman, alors allié à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie. Ils commémorent ce génocide chaque année le 24 avril.

La Turquie, issue du démantèlement de l’empire en 1920, reconnaît des massacres mais récuse le terme de génocide, évoquant une guerre civile en Anatolie, doublée d’une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

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