Jonathann Daval affirme être le seul impliqué dans la mort de sa femme Alexia

Par Epoch Times avec AFP
16 novembre 2020
Mis à jour: 16 novembre 2020

Trois ans après le meurtre de sa femme Alexia, l’heure de vérité a sonné ce lundi pour Jonathann Daval, appelé à comparaître devant la Cour d’assises de la Haute-Saône pour répondre d’un crime qui avait bouleversé la France.

Jonathann Daval, qui avait reconnu après de multiples revirements avoir tué sa femme, a réaffirmé ce lundi matin être seul impliqué dans la mort de son épouse Alexia en 2017, au premier jour de son procès devant les assises de la Haute-Saône.

Invité par le président de la cour, Matthieu Husson, à dire s’il reconnaissait toujours « être le seul impliqué dans la mort de (son) épouse », cet informaticien de 36 ans, les yeux rougis et au bord des larmes, a simplement répondu « oui ». Avant l’ouverture de l’audience, la partie civile avait de nouveau évoqué une « éventuelle complicité ».

Le 30 octobre, le corps en partie calciné d’Alexia Daval, une employée de banque de 29 ans, était retrouvé dissimulé sous des branchages, dans un bois situé à quelques kilomètres du domicile des Daval à Gray-la-Ville (Haute-Saône).

C’est le mari, Jonathann, qui avait signalé deux jours plus tôt la disparition de son épouse lors d’un jogging.

Les jours suivants, le visage baigné de larmes du trentenaire s’affichait dans les médias.

Deux années d’instruction

Mais en janvier 2018, le veuf éploré devient suspect : placé en garde à vue, il craque et avoue le meurtre de se femme, survenu selon lui lors d’une violente dispute.

S’en suivront deux années d’instruction durant lesquelles Jonathann livrera plusieurs versions, se rétractant, puis accusant son beau-frère, avant de reconnaître de nouveau le meurtre lors d’une audition bouleversante devant le juge d’instruction.

En juin 2019, il avouera enfin lors de la reconstitution avoir incendié la dépouille d’Alexia.

Malgré ces aveux, plusieurs questions restent en suspens : comment cet homme calme et effacé sans passé judiciaire a-t-il basculé dans le crime et pu rouer de coups puis étrangler son épouse ? Comment a-t-il trouvé les ressources nécessaires pour tenter de maquiller le crime ?

Les jurés devront chercher les réponses dans la personnalité de l’accusé et l’intimité d’un couple apparemment sans histoire mais parcouru de tensions qui rencontrait des difficultés pour concevoir un enfant.

Le soir du meurtre, Jonathann affirme avoir refusé un rapport sexuel à sa femme qui, en retour, se serait montrée violente, lui reprochant de « ne pas être un homme ».

Alexia, « violente en paroles et en actes », « l’humiliait », soutient l’accusé qui dit l’avoir « étranglée » et « frappée pour qu’elle se taise ».

L’image d’une Alexia dominatrice révulse les parents de la victime, Isabelle et Jean-Marc Fouillot, qui redoutent que « la défense et Jonathann tapent sur elle » au procès.

L’enjeu, c’est « d’arriver à comprendre ce qui s’est vraiment passé, dans un climat délétère où on ne peut plus rien dire », estime de son côté l’un des avocats de Jonathann, Me Randall Schwerdorffer.

Un meurtre « orchestré » ?

Le conseil, qui a promis « un moment de vérité », a vainement demandé le report du procès. Il se réserve la possibilité d’une nouvelle demande de renvoi lundi matin si son client n’était pas autorisé à parler sans masque.

Jonathann « nous a dit qu’il était prêt à parler de choses qu’on ne sait pas », a assuré samedi au quotidien régional L’Est Républicain sa mère, Martine Henry qui a prévu d’être présente aux côtés d’autres proches de l’accusé.

Les déclarations de ce dernier seront naturellement guettées avec attention par la vingtaine de parties civiles, notamment les parents d’Alexia qui martèlent dans les médias leur conviction d’un meurtre « orchestré » par un Jonathann qui n’a pas tout dit.

Pointant la présence inexpliquée de médicaments dans le sang d’Alexia, ils suspectent un empoisonnement et entendent reposer la question de la « préméditation » et de la « complicité », pourtant écartée par l’instruction, a prévenu l’un de leurs avocats, Me Gilles-Jean Portejoie.

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