Des journaux américains publient de la propagande communiste au détriment des valeurs américaines, assure un sénateur

Par Nicole Hao
13 novembre 2019 Mis à jour: 13 novembre 2019

Un sénateur américain exprime sa « grave préoccupation » au sujet des journaux américains qui diffusent des encarts payants placés par un organe de presse géré par l’État chinois, affirmant que cela permet au régime de Pékin de promouvoir sa propagande à l’étranger.

Dans une lettre du 7 novembre, le sénateur Rick Scott (du Parti républicain, gouverneur de Floride) a exhorté les organismes de presse à reconsidérer leur collaboration avec China Daily. La lettre était adressée à David Chavern, président et chef de la direction de News Media Alliance et de l’American Press Institute, un groupe de l’industrie des médias.

« En donnant carte blanche à la Chine communiste pour publier sa propagande dans de nos médias, nous donnons au gouvernement chinois l’occasion de promouvoir des valeurs contraires aux libertés garanties dans notre Déclaration des droits », a écrit M. Scott.

China Daily, dont le tirage à l’étranger est de 600 000 exemplaires, est supervisé par le Département de la publicité du Parti communiste chinois, l’agence gouvernementale chargée de diffuser la propagande. Plusieurs grands journaux américains, dont le Wall Street Journal, le New York Times et le Washington Post, publient un supplément du journal d’État en langue anglaise.

« En première page de l’édition du 6 novembre du China Daily, un article commence par dire : ‘Le désir d’une démocratie libérale à l’occidentale est un virus malin qui infecte les endroits dont le système immunitaire idéologique est affaibli' », écrit le sénateur Scott. « C’est la propagande que les journaux américains autorisent à associer au travail de leurs journalistes. »

Rick Scott a ensuite énuméré certains des abus du régime, y compris le vol de technologie américaine, le refus d’ouvrir son marché aux entreprises étrangères et la militarisation de la mer de Chine du Sud. Le Parti réprime également la liberté religieuse au niveau national et refuse à Hong Kong l’autonomie qu’il avait promise lorsque l’ancienne colonie britannique a été restituée à l’autorité chinoise en 1997, a-t-il expliqué.

Il a critiqué les médias pour avoir fait fi des valeurs américaines et « [vendre] l’accès à leurs lecteurs au plus offrant ».

« Alors que vous permettez au China Daily de promouvoir ses idéaux oppressifs dans notre pays, demandez-vous si les publications américaines jouissent des mêmes privilèges en Chine ou si elles sont liées par la primauté du droit et la censure de la Chine », affirme la lettre. « D’après leurs antécédents, je pense que nous connaissons tous la réponse à cette question. »

En l’absence de liberté de presse en Chine, le régime fait pression sur les médias étrangers opérant dans le pays pour qu’ils s’autocensurent sur le contenu par des menaces implicites, telles que la révocation ou le refus de visas des journalistes et la fermeture de leurs sites Internet.

Dans la perspective des élections de mi-mandat de 2018 aux États-Unis, un grand journal de l’Iowa a publié un encart de quatre pages du China Daily, qui comprenait des articles sur les effets négatifs de la guerre commerciale sur les producteurs américains de soja. L’Iowa, l’un des principaux producteurs de soja des États-Unis, a été touché par la réduction spectaculaire des importations de soja de Pékin en réponse aux droits de douane américains sur les produits chinois.

Le président Donald Trump a alors réprimandé le régime pour s’être ingéré dans l’élection avec des « publicités de propagande […] faites pour ressembler à des nouvelles ».

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