Kirghizstan: l’ONU veut une enquête après la mort d’un militant en prison

Par Epoch Times avec AFP
28 juillet 2020
Mis à jour: 28 juillet 2020

L’ONU a réclamé mardi une enquête impartiale et indépendante sur la mort d’un défenseur des droits humains au Kirghizstan, décédé samedi en prison, et a demandé l’élargissement des prisonniers vulnérables dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

Azimjon Askarov, un militant de 69 ans, membre de la minorité ouzbèke, est officiellement décédé d’une double pneumonie, selon les autorités. Il avait été condamné à la prison à vie en 2010 après des violences ethniques dans le sud du Kirghizstan.

« Il devrait y avoir une enquête rapide et impartiale sur les circonstances de sa mort », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme, Liz Throssel, lors d’un briefing virtuel.

« En vertu des droits humains internationaux, sa famille a le droit de réclamer réparation », a-t-elle pointé.

Envisager des libérations pour raisons humanitaires

L’ONU avait demandé aux autorités kirghizes de libérer M. Askarov pour raisons de santé, a rappelé Mme Throssel.

« Ces dernières semaines nous avons reçu des informations sur une détérioration de son état de santé, mais en dépit de nos appels répétés, aucune assistance médicale d’urgence ne lui a été fournie, et il n’a pas pu être libéré pour raisons humanitaires », a-t-elle déploré.

Elle a par ailleurs réitéré l’appel de l’ONU à envisager des libérations pour raisons humanitaires « pour les prisonniers les plus vulnérables » dans le contexte de la pandémie de Covid-19.

Ex-république soviétique

Le Kirghizstan – ex-république soviétique et loyal allié de la Russie – avait rompu en 2015 un accord de coopération conclu en 1993 avec les États-Unis, après que Washington a remis un prix prestigieux au militant Azimjon Askarov, dénonçant une « provocation ».

En 2016, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a jugé que la détention d’Askarov était arbitraire et qu’il avait été torturé en détention. Mais plusieurs tribunaux kirghizes avaient maintenu sa condamnation.

En 2012, Azimjon Askarov s’était vu attribuer le « Prix international de la liberté de la presse » par le Comité de protection des journalistes (CPJ).

 

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