La baisse des importations met fin au modèle de croissance chinois

13 juin 2015 Mis à jour: 18 octobre 2015

 

D’abord la bonne nouvelle : l’excédent commercial de la Chine a augmenté, passant de 30,2 milliards d’euros en avril dernier à 52,8 milliards en mai

La mauvaise nouvelle ensuite est que cet accroissement provient entièrement de la baisse des importations (-17,6 % par rapport à l’an dernier), ce qui signifie que l’économie chinoise est réduite à une stagnation totale.

Diana Choyleva du bureau de conseil économique Lombard Street Research a expliqué : « Selon notre estimation, pendant la dernière décennie, la croissance trimestrielle moyenne calculée sur la base annuelle s’élevait à 6 % et n’était qu’à  5 % en 2014. Pour le premier trimestre de l’année en cours, nous observons une contraction. La demande intérieure réelle calculée sur la base annuelle s’est effondrée de près de 8 % par rapport au dernier trimestre 2014. »

Si l’excédent commercial avait été atteint par l’augmentation des exportations, ce serait vraiment une bonne nouvelle. Pourtant, ce n’est pas le cas. Les exportations ont également chuté de 2,5 % par rapport à mai 2014, bien qu’elles aient rebondi depuis avril dernier.
Ces chiffres montrent clairement que les deux moteurs de la croissance chinoise sont en train de se désintégrer.

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Selon Yuqing Xing et Manisha Pradhananga de l’Institut national des études supérieures en politiquede Tokyo, les exportations et les investissements directs étrangers (IDE) assuraient environ 50 % de la croissance chinoise au cours de la dernière décennie.
« Sur la base de ces résultats, nous concluons que l’économie chinoise reste très dépendante de la demande extérieure sous la forme d’exportations et des IDE, tandis que le rééquilibrage de l’économie vers la demande intérieure n’est pas encore achevé », ont-ils expliqué.
Le problème actuel est que les exportations deviennent progressivement de moins en moins compétitives en raison du coût de la main d’œuvre plus élevée et une monnaie relativement plus forte.

 

L’autre moitié de la croissance provient principalement des investissements dans l’immobilier et les moyens de production qui nécessitent beaucoup de matières premières. Et ces matières premières sont importées.
Comme ces investissements ont été financés en grande partie par des dettes, tandis que de nombreux projets ne rapportent actuellement pas suffisamment de liquidités, ce modèle a aussi été revu à la baisse. Si la Chine arrête de construire des villes fantômes et de moyens de production excédentaires, le pays aura moins besoin d’importer de grandes quantités de matières premières.

 

Version originale : China Trade Data Shows Growth Model Has Run Its Course

 

 

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