La censure d’Apple en Chine s’infiltre à Hong Kong et Taïwan, selon un rapport

Par Dorothy Li
29 août 2021
Mis à jour: 29 août 2021

Une liste d’expressions et de termes censurés d’Apple s’est introduite discrètement dans ses services proposés à Hong Kong et à Taïwan. La révélation vient d’un rapport récent qui montre que la tendance du géant de la technologie à suivre la ligne du Parti communiste chinois (PCC) devient maintenant la norme dans les régions où le régime souhaite affirmer son contrôle.

« Apple censure largement le contenu politique en Chine continentale, y compris les références générales aux dirigeants chinois, au système politique chinois, aux noms des dissidents, aux organisations de presse indépendantes et aux termes généraux relatifs à la démocratie et aux droits de l’homme », a dit CitizenLab dans un rapport publié le 18 août.

Apple propose des services permettant de faire graver du texte, des chiffres et des émojis sur la couverture des appareils iPhone, iPad, AirPod et autres produits.

Désormais, la censure du PCC « saigne » à Hong Kong et à Taïwan, ont dit les chercheurs après avoir analysé les règles de filtrage des mots-clés qu’il est possible d’utiliser en vue des gravures dans six régions différentes.

Citizenlab, un groupe de recherche indépendant basé à l’université de Toronto, a dit qu’Apple n’a pas proposé de liste explicite interdisant certains termes et expressions dans le service de gravure.

Les chercheurs ont trouvé 1 105 règles de filtrage des mots-clés en Chine continentale, suivie de 542 à Hong Kong et de 397 à Taïwan. En revanche, les données au Japon, au Canada et aux États-Unis ne varient qu’entre 170 et 200.

Toutefois, selon le rapport, les différences en ce qui a trait aux diverses motivations apparentes derrière cette censure sont plus parlantes que ne l’est la variabilité de tailles des listes de mots-clés.

Les termes et expressions bloqués au Japon, au Canada et aux États-Unis sont liés à des contenus vulgaires, racistes ou dérogatoires. « La censure politique imposée par le gouvernement est rare », dit le rapport.

Mais en Chine continentale, plus de 40 % des mots-clés refusés par le service de gravure ont une motivation politique, comme les caractères chinois « liberté de la presse ».

Les noms en chinois des médias « Epoch Times » et « La Voix de l’Amérique » (le service de diffusion internationale par radio et télévision du gouvernement américain) figurent parmi les contextes censurés.

Une capture d’écran d’apple.com, prise le 21 août 2021, montre que le nom du dirigeant chinois, Xi Jinping, est bloqué à Taïwan. (Capture d’écran via apple.com)

« Parmi les 458 mots-clés politiques qu’Apple censure en Chine continentale, Apple en censure 174 à Hong Kong et 29 à Taïwan », selon le rapport.

Apple a censuré les noms des principaux dirigeants du PCC, notamment le dirigeant actuel Xi Jinping et l’ancien dirigeant Mao Zedong. Ces noms, écrits à la fois en caractères chinois simplifiés et traditionnels, ont été interdits.

De même, le terme Falun Gong, qui est le nom d’une pratique spirituelle réprimée par le PCC, est également censuré dans l’ancienne colonie britannique Hong Kong et dans l’État autonome de Taïwan.

« Une grande partie de cette censure dépasse les obligations légales d’Apple à Hong Kong, et nous n’avons connaissance d’aucune justification légale pour la censure politique du contenu à Taïwan », ont dit les chercheurs.

S’aligner sur les normes en matière de droits de l’homme

CitizenLab suggère qu’Apple « n’aurait pas de motivation évidente pour censurer » certains termes, puisque les règles sont appliquées de manière contradictoire dans les six régions.

Néanmoins, ils ont tout de même accusé Apple de « manquer de transparence dans ses politiques de modération du contenu et d’avoir étendu de manière inexpliquée ses règles de modération à motivation politique d’une région à l’autre ».

Le public s’inquiète également de l’acquiescement de la multinationale aux exigences du régime, qu’Apple explique souvent comme faisant partie des activités commerciales en Chine.

Des recherches antérieures ont indiqué que le géant de la technologie a retiré des applications de son App Store en Chine conformément aux ordres du régime, et a bloqué des centaines d’applications jugées sensibles par le PCC.

La nouvelle fonction de protection de la vie privée annoncée par Apple en juin ne s’appliquera pas à des pays comme la Chine.

Malgré la surveillance étroite des autorités chinoises, Apple a enregistré cette année le chiffre d’affaires le plus élevé de son histoire pour le trimestre de juin, grâce à la vigueur des ventes sur le marché chinois.

Tout en présentant un gros bénéfice, le régime exigerait en fin de compte « des entreprises qu’elles trouvent un équilibre entre leur pénétration du marché intérieur chinois et leur complaisance face aux pressions et réglementations du gouvernement en matière de contenu, y compris les réglementations qui exigent la censure des discours politiques », selon le rapport.

« Les entreprises devraient avant tout aligner leurs pratiques de modération de contenu sur les normes internationales en matière de droits de l’homme lorsqu’elles sont confrontées à des exigences nationales et régionales contradictoires. »

Le logo d’Apple sur la vitrine d’un Apple Store à Pékin, en Chine, le 7 janvier 2019. (Kevin Frayer/Getty Images)

La responsable de la protection de la vie privée d’Apple, Jane Horvath, a dit que les termes et expressions avaient été censurés « conformément aux lois, règles et réglementations locales des pays et régions où nous personnalisons et où nous expédions » dans une lettre qui répondait au directeur du Citizen Lab le 17 août.

Jane Horvath a affirmé qu’il pouvait y avoir des cas de demandes « rejetées par erreur ».

« Et nous avons un processus en place pour examiner et corriger ces situations lorsqu’elles se produisent », a-t-elle déclaré.

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