La Chine développe des outils pour dissimuler ses armes nucléaires

8 janvier 2016
Mis à jour: 8 janvier 2016

Il est possible qu’une guerre nucléaire se termine sans qu’un seul missile soit tiré et que les États-Unis se retrouvent perdants

J’ai déjà abordé la question auparavant. Les États-Unis n’ont pratiquement pas déplacé leurs sites de lancements nucléaires depuis la guerre froide. Selon Richard Fisher, chercheur au International Assessment and Strategy Center, tous ces sites sont ciblés à fond par les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) russes et chinois.

Bien entendu, il est normal pour des adversaires de cibler les sites d’armes nucléaires des uns et des autres. Certains scénarios de guerre américains durant la guerre froide visaient, en premier lieu, les sites nucléaires soviétiques.

La différence aujourd’hui est qu’alors qu’il est possible de trouver exactement la plupart des sites nucléaires américains en utilisant Google Earth – et que la Russie et les États-Unis se départissent d’ogives nucléaires – le régime chinois s’efforce de développer son arsenal nucléaire et de bien le dissimuler.

Le 5 décembre 2015, le régime chinois a fait l’essai d’une rampe de lancement sur son nouveau ICBM mobile DF-41 en éjectant un missile du tube de lancement, mais sans déclencher le moteur du missile. Selon IHS Jane’s, cela « visait probablement à tester la compatibilité du système du tube de lancement avec son nouveau tracteur ».

Le DF-41, officiellement appelé le Dongfeng-41 (Vent d’Est-41), est un ICBM mobile qui peut transporter 10 ogives nucléaires. Sa portée pourrait atteindre entre 12 000 et 15 000 km, soit suffisante pour frapper New York depuis Pékin.

Ce qui est plus intéressant avec le dernier essai concerne davantage le tracteur que le missile lui-même. IHS Jane’s a rapporté que cela « confirme les rapports précédents faisant état de l’intérêt de la Chine en ce qui concerne la mobilité des lanceurs pour augmenter les chances de survie de son arsenal d’ICBM ».

La Chine a peut-être obtenu les plans du lanceur auprès de l’Ukraine. IHS Jane’s fait mention d’un rapport de 2013 de l’Arms Control Project de l’Université Georgetown qui indique que le régime chinois a obtenu « son inspiration en Ukraine pour le tracteur ICBM », où les Soviétiques et les Russes ont fait construire leurs unités mobiles ICBM, le RT-23 (SS-24 Scalpel).

Ce sont les capacités mobiles des ICBM qui devraient inquiéter la communauté américaine de la défense. L’idée des lanceurs mobiles n’a pas pour but de trouver des manières sophistiquées de lancer des missiles, mais bien de les garder dissimulés et toujours en mouvement.

Les versions précédentes du DF-41 étaient transportées par un tracteur-érecteur-lanceur de 18 roues. En février 2015, le People’s Liberation Army Pictorial, un magazine militaire chinois, a publié une photo d’un lanceur mobile avec 16 roues, supposément pour son ICBM DF-31B.

Le nouveau lanceur est un autre exemple de la nature intentionnellement opaque de l’arsenal nucléaire du Parti communiste chinois (PCC). Tandis que les États-Unis ont opté pour plus de transparence, le PCC sait bien que révéler l’emplacement des armes nucléaires indique à l’adversaire où frapper en premier.

Bien entendu, c’est un principe que les États-Unis pratiquaient auparavant. Dans les années 1980, les États-Unis ont réussi à concevoir des ICBM assez petits pour être transportés et lancés depuis un véhicule. Il s’agissait du programme Midgetman, dont l’idée était d’empêcher les adversaires des États-Unis de connaître l’emplacement de ses armes nucléaires, car les sites statiques seraient ciblés en premier lors d’une guerre nucléaire.

Le programme Midgetman a toutefois été abandonné en 1992, peu après la fin de la guerre froide.

Alors que la guerre froide entre les Soviétiques et les États-Unis est chose du passé, plusieurs menaces similaires s’appliquent à la Chine communiste.

« Si vous observez les nouvelles bases chinoises, il est très facile de conclure que la Chine veut se donner la capacité de frapper préventivement nos champs d’ICBM », a mentionné Richard Fisher dans une entrevue précédente avec Epoch Times.

« Nous nous dirigeons à court terme vers un scénario dans lequel nous serons vulnérables au chantage stratégique », estime-t-il.

Version originale : China Is Developing More Effective Ways to Hide Nukes

 

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