« La Chine est son plus grand ennemi » : un rapport français analyse l’emprise croissante de Pékin à travers le monde

Par Eva Fu
26 septembre 2021
Mis à jour: 14 octobre 2021

Malgré les efforts considérables déployés par Pékin pour imposer son propre modèle autoritaire au monde libre, « le meilleur ennemi de la Chine en matière d’influence », c’est elle-même, estime un groupe de réflexion rattaché au gouvernement français.

Ces conclusions sont tirées d’un rapport français de près de 650 pages intitulé « Les Opérations d’influence chinoises » publié par l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM), un organisme indépendant affilié au ministère des Armées.

Selon le rapport publié cette semaine, Pékin s’isole sur le plan mondial après avoir pris un virage agressif sur le front diplomatique ces dernières années. Un comportement qui suscite un retour de bâton de la part de la communauté internationale, même de la part de pays traditionnellement en bons termes avec le régime chinois.

Selon le rapport, les relations de la Chine avec l’Occident se sont nettement détériorées depuis 2017.

Un exemple notable est celui de la Suède, le premier pays occidental à établir des relations diplomatiques avec le Parti Communiste Chinois (PCC) à l’époque où celui-ci prend le contrôle de la Chine.

Jusque-là Pékin bénéficiait d’une opinion publique relativement favorable en Suède, mais un virage a été amorcé avec la nomination en 2017 d’un nouvel ambassadeur chinois, Gui Congyou, explique le rapport.

Les provocations de Gui Congyou – menacer les responsables suédois pour qu’ils n’assistent pas à une cérémonie destinée à récompenser un dissident chinois emprisonné, intimider les médias locaux qui produisent des reportages critiques sur la Chine, faire pression sur un hôtel à Stockholm pour qu’il annule une célébration de la fête nationale taïwanaise – ont été « désastreuses ». Le ministère suédois des Affaires étrangères a convoqué M. Gui une quarantaine de fois depuis son arrivée en 2017. Les parlementaires du pays ont demandé son expulsion à deux reprises. La cote de la Chine auprès du public a également chuté, 80 % des Suédois ont désormais une opinion négative de la Chine, contre moins de la moitié il y a quatre ans.

 

Des manifestants brandissent des pancartes et des banderoles lors d’une manifestation à Sydney pour demander au gouvernement australien de boycotter les Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin en raison du non-respect des droits de l’homme par la Chine, le 23 juin 2021. (Saeed Khan/AFP via Getty Images)

L’Australie, qui exporte près d’un tiers de ses recettes vers la Chine, a également changé de position vis-à-vis du régime.

Les sanctions commerciales de rétorsion imposées par Pékin à Canberra, pour avoir demandé une enquête indépendante sur l’origine du virus, l’année dernière, n’ont fait que susciter une résistance accrue à l’influence chinoise, y compris dans le milieu universitaire. Pendant ce temps, l’Australie a adopté une loi en décembre 2020 destinée à imposer davantage d’obstacles aux entreprises en relation avec la Chine désireuses d’acquérir des actifs australiens.

Des dérives similaires ont eu lieu ailleurs : L’Afrique devient toujours plus exaspérée face à l’Initiative ceinture et route (ICR), l’énorme projet chinois, destinée à essaimé des infrastructures sur l’ensemble du globe. Selon elle, la Chine provoque l’épuisement des ressources naturelles, la pollution des terres et exploite les travailleurs.

Un ouvrier chinois porte du matériel pour la première ligne ferroviaire reliant la Chine au Laos, un élément clé de l’Initiative ceinture et route lancée par Pékin à travers le Mékong, à Luang Prabang, au Laos, le 8 février 2020. (Aidan Jones/AFP via Getty Images)

Le Canada a dénoncé la détention arbitraire de ses citoyens par Pékin à la suite de l’arrestation de Meng Wanzhou, un cadre de Huawei, une mesure que les observateurs ont qualifiée de « diplomatie de l’otage ». L’étouffement des libertés à Hong Kong par le régime a suscité la colère du Royaume-Uni, et ses graves violations des droits de l’homme dans le Xinjiang ont plongé l’image de Pékin au plus bas auprès des démocraties occidentales.

Le rapport note qu’en février, six États d’Europe centrale et orientale qui ont participé au sommet « 17+1 » avec la Chine, longtemps retardé, ont choisi d’envoyer un représentant subalterne et non leur chef d’État attitré, ce qui témoigne d’une « perte d’appétence » dans l’engagement avec Pékin, probablement liée à l’image ternie du régime, selon le rapport. Le groupe 17+1, « censé être une porte vers l’Europe pour Pékin », est désormais un « mécanisme zombie » et la Lituanie a montré l’exemple en se retirant.

Les auteurs espèrent que le rapport enverra un coup de semonce aux dirigeants de Pékin quant aux conséquences de leurs actions.

Le « comportement contre-productif » adopté par Pékin ces dernières années discrédite toujours davantage le gouvernement chinois : « Son problème d’impopularité prend en effet des proportions telles qu’il pourrait indirectement affaiblir le Parti, y compris vis-à-vis de sa propre population. »

Eva Fu est  journaliste  à New York travaillant pour Epoch Times, spécialiste des relations entre les États-Unis et la Chine, la liberté religieuse et les droits de l’homme.

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