La Chine pourrait annexer Taïwan pour ses semi-conducteurs

Par Rita Li
17 octobre 2021
Mis à jour: 17 octobre 2021

Le besoin de disposer des puces électroniques les plus performantes du monde pourrait inciter Pékin à s’emparer de Taïwan, pays autonome, ont averti des chercheurs américains.

Taïwan abrite certaines des usines de semi-conducteurs les plus grandes et les plus avancées du monde, notamment le plus grand fabricant de puces sous contrat du monde, Taiwan Semiconductor Manufacturing Corporation (TSMC).

« Actuellement, Taïwan est le principal producteur de circuits intégrés au monde », a déclaré la société de recherche américaine IC Insights dans un communiqué (pdf).

« La Chine a un énorme problème avec son incapacité à produire des circuits intégrés de pointe pour répondre à ses besoins futurs en matière de systèmes électroniques – un problème qui, selon elle, pourra être résolu en annexant Taïwan coûte que coûte. »

Au début du mois, le dirigeant chinois Xi Jinping s’est engagé à annexer Taïwan pour « préserver sa souveraineté », même s’il n’a jamais dirigé ce pays.

Des chercheurs affirment que Pékin rêve depuis longtemps de disposer des capacités de l’île à fabriquer les puces informatiques les plus sophistiquées du monde.

Semi-conducteurs en vitrine lors du Semicon TaiwanTaipei, la foire mondiale des semi-conducteurs, le 30 septembre 2009. Environ 500 entreprises présentent leurs derniers produits chaque année. (PATRICK LIN/AFP via Getty Images)

La Chine, premier importateur mondial de puces, se situe en bas de l’échelle en termes de production de semi-conducteurs.

L’année dernière, les États-Unis ont imposé des restrictions sur les exportations du géant chinois des télécommunications Huawei et celles de la plus grande usine chinoise de fabrication de circuits intégrés, SMIC. Selon IC Insights, cela a amené la Chine « à douter de sa capacité à être compétitive dans le futur sur le marché des circuits intégrés et de l’électronique ».

« Ensemble, la Chine et Taïwan détiendraient environ 37 % de la capacité mondiale de production de circuits intégrés, soit près de trois fois plus que les États-Unis », selon les conclusions de l’étude.

Qu’il s’agisse de machines à laver, d’appareils électroniques ou d’avions de chasse, des millions de produits dépendent aujourd’hui des puces électroniques (souvent désignées par le terme générique de « semi-conducteurs ») pour faire fonctionner les systèmes électroniques. Les puces plus petites offrent de meilleures performances, mais leur fabrication nécessite des technologies et des équipements plus avancés.

Selon une étude d’IC Insights, Taïwan et la Corée du Sud sont les deux seuls pays capables de produire des puces de moins de 10 nm, soit un centième de micromètre. Sous l’impulsion de TSMC, Taïwan détient de loin la plus grande part (63 %) de cette technologie de pointe dans le monde entier, tandis que la société sud-coréenne Samsung détient les 37 % restants, selon les informations disponibles.

La pénurie mondiale prolongée de puces électroniques provoquée par la pandémie a mis en évidence l’importance économique et stratégique du rôle de Taïwan dans la fabrication des puces.

Des ouvriers produisent des puces LED dans une usine de la ville de Huaian, dans la province chinoise du Jiangsu (est), le 16 juin 2020. (STR/AFP)

Selon les rapports d’IC Insights, les fabricants indépendants de semi-conducteurs de l’île devraient représenter près de 80 % de l’ensemble du marché mondial de la fabrication de semi-conducteurs en 2021.

Parallèlement, les entreprises taïwanaises détiennent près de 90 % de la capacité totale de production de circuits intégrés de Taïwan, ont constaté les chercheurs. Taïwan détenait également la plus grande part de cette capacité parmi tous les pays ou régions du monde en décembre 2020.

« Si la Chine tentait de prendre le contrôle militaire de l’île, l’économie taïwanaise s’effondrerait, mais l’économie chinoise en souffrirait également beaucoup », indique IC Insights.

« La question est de savoir si la Chine est prête à accepter des difficultés économiques à relativement court terme pour bénéficier, à long terme, de la plus grande puissance de production de circuits intégrés de pointe du monde sous son contrôle pour les années à venir. »

TSMC a récemment annoncé, le 14 octobre, son intention de créer une nouvelle usine au Japon en 2024 afin de répondre à la demande de puces à long terme.

Le directeur général de la section commerciale de la Commission européenne a déclaré le même jour, lors d’un forum virtuel, que l’Union européenne et Taïwan ont des valeurs communes dans le domaine des semi-conducteurs et sont donc des partenaires naturels.

Le géant taïwanais des puces a également déclaré en 2020 qu’il construirait une usine de fabrication en Arizona pour un montant de 12 milliards de dollars, pour aider les États-Unis à réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement en technologies clés basées à l’étranger.

TSMC a annoncé au mois de juin que la construction de cette usine avait commencé.

Les actions de TSMC ont augmenté de plus de 3 % ce vendredi lorsque l’entreprise a affiché un bénéfice plus élevé que prévu au troisième trimestre, contre une hausse de 1,3 % pour le reste du marché.

Rita Li est journaliste pour Epoch Times, spécialiste de la Chine. Elle a commencé à écrire pour l’édition en langue chinoise en 2018.


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