FAO: comment la Chine s’est débarrassée de la France à coup d’écoutes téléphoniques et de dizaines de millions pour acheter des voix

Par David Vives
1 août 2019
Mis à jour: 2 août 2019

La mascarade qui s’est jouée à l’ONU le 23 juin et qui a été rapportée par L’Opinion est la nouvelle démonstration que le régime chinois accorde peu d’importance au fair-play.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est un organisme dont le but est de lutter contre la faim dans le monde en gérant l’assistance technique aux pays en développement, en conseillant les gouvernements, en mettant en place le dialogue entre États et en menant les missions de renseignements dans différents domaines dont la nutrition, de l’agriculture. Un organe majeur dont la présidence était vacante, opposant plusieurs candidats en campagne depuis septembre 2018.

Les Français espéraient voir leur représentante, Catherine Geslain-Lanéelle, candidate de la France et de l’Union Européenne, l’emporter en comptant sur ses alliés historiques et sur la démarche ouverte de sa délégation.

Entre septembre 2018 et l’élection, elle a parcouru 65 pays. À deux reprises, le président Macron l’emmène deux fois en voyage officiel. Elle reçoit les soutiens des commissaires européens Hogan (Agriculture), Mimica (Développement) et Vella (Environnement). Les ambassadeurs se mobilisent.

Le 23 juin au matin, au siège de l’Organisation à Rome, elle arrive en minivan pour trouver deux énormes autobus garés devant la barrière. La délégation chinoise. «Ils étaient 80, nous sept», confie Catherine Geslain-Lanéelle à L’Opinion.

Quand la Chine achète la voix de pays à coup de dizaines de millions d’euros d’investissement

Ce qui va suivre aura des allures de jamais vu dans les couloirs de la FAO. Durant l’élection à huis-clos, il est interdit de communiquer sur les choix des votants. Des sources rapportent aux Français que certains votants photographient leurs bulletin. La délégation demande l’installation de portiques détectant les métaux pour faire respecter la règle. La délégation chinoise refuse selon le quotidien.

D’après un membre de l’équipe française, la Chine a demandé à ses soutiens de prendre en photo leur vote. Une photo servant de preuve, dans la mesure où la Chine a sorti le carnet de chèque pour acheter ses soutiens.

Toute la stratégie chinoise au cours de la campagne se sera résumé à son carnet de chèque. Au Cameroun, la Chine annule 64 millions d’euros de dette, au Congo, 18 millions. La liste continue: Zambie, Côte d’Ivoîre, Tchad, Madagascar. Des pays parfois francophones mais où les investissements du Parti communiste chinois de plusieurs dizaines à quelques centaines de millions d’euros semblent avoir eu le dernier mot.

Des pays soutenant historiquement la France, tel que la Serbie ou le Pérou, suivent le train chinois en marche sur fond d’accords commerciaux.

Catherine Geslain-Lanéelle recueillera au final 71 voix sur les 85 espérées. Les pays européens, certains pays des Caraïbes et du Pacifique seront restés fidèles à leur engagement auprès de la France. Mais il manque des voix. C’est ainsi que le candidat chinois, Qu Dongyu, l’a emporté dès le premier tour avec 108 voix.

«Ce n’est pas Qu Dongyu qui a fait campagne. C’est l’État chinois, qui avait commencé un travail invisible bien en amont. Je le dis sans esprit de revanche : la Chine voulait la FAO, elle a fait ce qu’il fallait pour l’avoir», regrette Catherine Geslain-Lanéelle d’après le média français.

Écoutes téléphoniques et interférences

On peut légitimement penser que la stratégie du carnet de chèque est ce qu’elle est, on a tant pour ce que l’on paye. Mais il ne s’agit pas d’une simple compétition, car s’ajoute à cela une série de coups tordus, qui « soulignent la naïveté européenne », d’après le journaliste qui a suivi la délégation. Des interférences ont bien montré que les Chinois ne sont pas les « concurrents comme les autres » que l’on voudrait croire.

La délégation française commence en effet à douter dès la mi-mars sur la confidentialité de ses communications. Les Chinois rencontrent systématiquement tous les contacts faits par la France, dans les heures suivantes les entrevues.

La DGSI intervient. Mme Geslain-Lanéelle reçoit le 8 avril la confirmation que sa boîte mail .gouv.fr a été infiltrée de l’extérieur.

Tous les échanges avec l’Élysée, les Affaires étrangères, le réseau européen, les ambassadeurs ont été consultés par des pirates y compris les RDV, les agendas, les programmes. Les téléphones des membres de l’équipe semblent beaucoup « grésiller ».

Ce ne seront pas les premiers serveurs gouvernementaux piratés par le Parti communiste, ni les premiers téléphones d’officiels étrangers. En la matière, les dirigeants du Parti communiste semblent ne douter de rien et ne reculer devant rien. Tout cela reste évidemment officieux, comme à l’habitude, pas de dénonciation. Même quand le téléphone de Mme Geslain la localise à Shanghai quand elle le rallume, une fois de retour à l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Prochaine étape pour le régime de Pékin, le FMI, qui aura besoin d’un nouveau représentant après le départ de Christine Lagarde. Le poste revient généralement aux Européens, mais rien ne saurait être moins sûr, en ces temps de volonté de domination mondiale du régime communiste chinois.

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