La Commission américaine pour la liberté religieuse demande instamment à Pékin de libérer un leader chrétien chinois

Par Frank Fang
7 août 2019 Mis à jour: 7 août 2019

Le 5 août,  Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a publié une déclaration, appelant Pékin à libérer Hu Shigen, leader d’une maison-église chrétienne chinoise et défenseur de la liberté religieuse, emprisonné en Chine.

« Hu Shigen a simplement appelé le gouvernement chinois à permettre aux chrétiens de pratiquer leurs croyances religieuses sans ingérence. Il est temps pour la Chine d’abandonner les accusations injustes portées contre Hu et de le libérer », a déclaré Gary Bauer, commissaire de l’USCIRF, dans un communiqué de presse.

La Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF en anglais : The United States Commission on International Religious Freedom) est une entité du gouvernement fédéral bipartite créée par le Congrès américain pour surveiller, analyser et faire rapport sur les menaces à la liberté religieuse dans le monde.

M. Hu a été arrêté en juillet 2015 lors d’une opération de répression massive contre les avocats et militants des droits de l’homme en Chine, communément appelée « l’incident du 709 ». D’éminents avocats tels que Wang Quanzhang et Wang Yu ont également été arrêtés.

Le 3 août 2016, Hu Shigen a été jugé par le tribunal intermédiaire du peuple de la ville de Tianjin et condamné pour « atteinte à la sécurité nationale et à la stabilité sociale ». Il a ensuite été condamné à 7 ans et demi de prison.

Auparavant, M. Hu avait été condamné à 20 ans de prison en 1992, pour son implication dans la fondation du Parti démocratique libre de Chine et du Free Labor Union [ndt. : se traduirait par « Syndicat du travail libre » de Chine]. À l’époque, les autorités chinoises l’accusaient « d’organiser et de diriger un groupe contre-révolutionnaire » et de « propagande de groupe contre-révolutionnaire et d’incitation ».

Il a été libéré en 2008, après 16 ans d’emprisonnement et de torture, selon la Commission. Après son incarcération, Hu Shigen est devenu desservant de plusieurs églises souterraines.

Les lieux de culte chrétiens qui ne sont pas sanctionnés par le Parti communiste chinois font souvent l’objet de répression.

« La persécution des églises chrétiennes par la Chine est une tache sur sa réputation internationale », a déclaré M. Bauer.

Il a ajouté : « La Chine s’efforce peut-être d’être une puissance économique de premier plan, mais le monde ne peut oublier le traitement déplorable que le gouvernement inflige aux croyants religieux et aux défenseurs de la paix sur son territoire. »

En novembre 2016, la famille de Hu Shigen a été autorisée à le voir pour la première fois à la prison de Changtai de Tianjin. Selon les défenseurs chinois des droits de l’homme, sa santé s’est détériorée pendant son emprisonnement. Sa famille a demandé sa libération conditionnelle pour raisons médicales. La demande n’a jamais été approuvée par les autorités chinoises.

En janvier 2018, M. Hu a été transféré à l’hôpital de la prison pour cause de maladie coronarienne. Le même mois, sa famille a présenté une nouvelle demande de libération pour des raisons médicales, mais la demande n’a pas été approuvée.

La sœur aînée de M. Hu lui a rendu visite à l’hôpital en novembre 2018 et a appris qu’il avait été détenu sans interruption dans l’aile hospitalière de la prison.

Le cas de Hu Shigen est inclus dans le rapport annuel 2019 de l’USCIRF sur l’état de la liberté religieuse dans le monde.

L’USCIRF avait exhorté le Département d’État américain à désigner la Chine comme un « pays particulièrement préoccupant » pour les « violations systématiques, continues et flagrantes de la liberté religieuse commises par Pékin ».

Le Département d’État a procédé à une telle désignation depuis 1999.

La section du rapport sur la Chine documente les abus contre les chrétiens, les musulmans ouïghours, les bouddhistes tibétains et les pratiquants de Falun Gong, entre autres. Le Falun Gong, une discipline spirituelle comportant des enseignements moraux, des exercices pacifiques et une méditation, fait l’objet de persécutions dans tout l’État depuis juillet 1999, dont l’incarcération de dizaines de milliers de personnes en prison, dans des centres de lavage de cerveau et des camps de travaux forcés.

« Le gouvernement chinois semble être en guerre avec toutes les religions – avec n’importe quel citoyen chinois cherchant Dieu, essayant de trouver un sens à sa vie, la signification de la vie, ou voulant rendre un culte comme il l’entend », a déclaré G. Bauer, dans une interview accordée en mai à l’émission en ligne American Thought Leaders(groupe de réflexion) d’Epoch Times.

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