La France est-elle prête pour la sécheresse ?

3 août 2015
Mis à jour: 26 octobre 2015

 

Des températures record et des précipitations en dessous de la moyenne. Voilà ce qui résume parfaitement la situation de la France cet été. 67 départements sont aujourd’hui en état d’alerte pour sécheresse et un total de 131 arrêtés préfectoraux visant à réduire la consommation d’eau ont été émis. Un grand nombre de ces départements sont déjà en état de crise et ont interdit les prélèvements d’eau non prioritaires y compris agricoles. Mis à part la viticulture – les crus pourraient bien être millésimés cette année – les autres cultures souffrent grandement. Outre les phénomènes directement observables, comme le manque de précipitations, la problématique est enracinée au plus profond du rapport de l’homme au territoire.

Un problème de précipitations et de sols

L’année dernière, la Californie aux États-Unis avait déjà enregistré une période de sécheresse de plusieurs mois. Quand enfin les averses sont arrivées, celles-ci se sont  transformées en inondations et coulées de boue. Solution conventionnelle, la construction de coûteuses retenues d’eau n’est peut-être finalement pas la meilleure.

La préservation des espaces humides et végétalisés pour garder l’effet spongieux du sol est à reprendre alors sérieusement en considération. Surtout à l’heure où la hausse des températures et la diminution des précipitations ne sont plus des théories, mais bien un phénomène observé et quantifié.

Une meilleure gestion du territoire pour une meilleure gestion de l’eau

De nombreux experts sont formels, nous assistons bel et bien à une hausse progressive des températures, qui riment avec des périodes de sécheresse plus fréquentes. La dernière grande sécheresse, qui avait touché toute l’Europe, notamment la France a eu lieu en 2003. Vincent Magnet et Romain Suaudeau, chargés de mission Eau Nature Centre, ont tiré certaines conclusions sur cette période, résumées dans le dossier Sécheresse et inondation : une eau à risques rédigé en 2005. Ils avancent que les « sécheresses et inondations relèvent bien de la même problématique, celle de l’aménagement du territoire sur le long terme ».

Leur dossier se conclut par un accent mis sur les solutions alternatives et durables. Économies d’eau, multifonctionnalité des barrages, etc. mais ce sont surtout les mesures visant à une meilleure rétention naturelle des eaux par les sols qui ont retenu leur attention. Les auteurs considèrent les zones humides comme les meilleurs atouts pour une gestion durable des eaux.

En effet, leur fonction d’éponge permet non seulement de maîtriser les crues mais aussi de restituer l’eau en périodes plus sèches sous formes de nappes phréatiques. Pour évoluer, la situation a sans doute besoin d’une volonté politique (reforestation et aménagement respectant les sols sur le territoire) s’agissant de la gestion des ressources d’eau à très long terme. Celle-ci dépasse largement la question politique d’un ou deux quinquennats, d’où la difficulté de sa mise en œuvre.

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