La France rappelle son ambassadeur aux États-Unis au sujet de l’accord sur les sous-marins

Par Jack Phillips
20 septembre 2021
Mis à jour: 20 septembre 2021

La France a rappelé vendredi ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie après l’annonce, par le président Joe Biden et le Premier ministre australien Scott Morrison, d’un accord conjoint sur les sous-marins qui, selon les dirigeants français, équivaut à un coup de poignard dans le dos.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré qu’il avait reçu l’ordre du président Emmanuel Macron de rappeler les ambassadeurs – une mesure qui n’est généralement réservée qu’aux cas extrêmes et habituellement contre des adversaires – pour protester contre l’accord. Monsieur Le Drian et d’autres ont fait valoir que ni les États-Unis, ni l’Australie n’avaient consulté la France au préalable.

« À la demande du président de la République, j’ai décidé de rappeler immédiatement à Paris nos deux ambassadeurs aux États-Unis et en Australie pour des consultations », a déclaré M. Le Drian. « Cette décision exceptionnelle est justifiée par l’exceptionnelle gravité des annonces faites le 15 septembre par l’Australie et les États-Unis. »

Canberra a annoncé en début de semaine qu’elle renonçait à un accord de plusieurs dizaines de milliards de dollars avec la France pour utiliser à la place la technologie des sous-marins nucléaires construite par les États-Unis et le Royaume-Uni. Des responsables américains ont ensuite déclaré avoir informé Paris quelques heures seulement avant l’annonce de l’accord par M. Biden, mercredi.

Pour cela, M. Le Drian a fustigé le prétendu « comportement inacceptable entre alliés et partenaires, à la suite duquel les conséquences affectent la conception même que nous avons de nos alliances, de nos partenariats et de l’importance pour l’Europe de la région Indo-Pacifique ».

Macron, qui n’a pas fait de commentaires publics sur l’accord, a reçu une lettre de Morrison mercredi matin annonçant l’annulation de leur accord, a déclaré Le Drian vendredi. Les responsables français ont ensuite tenté de contacter la Maison Blanche pour faire le point sur la situation, a-t-il ajouté.

Le premier ministre britannique Boris Johnson, le premier ministre australien Scott Morrison et le président américain Joe Biden lors d’une conférence de presse conjointe via AVL depuis la salle bleue du Parlement, à Canberra, en Australie, le 16 septembre 2021. (Mick Tsikas/AAP Image)

Le secrétaire d’État Antony Blinken a tenté cette semaine de limiter les dégâts en faisant l’éloge de la France, alliée cruciale dans l’Indo-Pacifique, mais en vain.

« C’était vraiment un coup de poignard dans le dos. Nous avons construit une relation de confiance avec l’Australie, et cette confiance a été trahie », a déclaré M. Le Drian dans un communiqué au ton tranchant jeudi, comparant l’annonce de Biden à des déclarations précédemment faites par l’ancien président Donald Trump pendant son mandat. « Cela ne se fait pas entre alliés. »

Brian Aggeler, l’ambassadeur américain par intérim à Paris, a été convoqué au bureau du ministère des Affaires étrangères à Paris vendredi, selon des reportages. Il a été informé que l’ambassadeur français aux États-Unis, Philippe Étienne, rentrait en France pour une durée indéterminée. Il n’est pas clair si la France rappellera son ambassadeur au Royaume-Uni.

Jeudi, l’ambassade de France à Washington a annulé le gala qu’elle avait prévu pour célébrer la longue alliance franco-américaine, qui remonte à la guerre d’indépendance des États-Unis qui s’est produite à la fin du XVIIIe siècle.

Epoch Times a contacté l’administration Biden pour recueillir d’éventuels commentaires. Les porte-parole de la Maison-Blanche et du gouvernement australien n’ont pas fait de déclarations publiques sur le retrait des ambassadeurs français.

En mars, la Russie a rappelé son ambassadeur aux États-Unis après que M. Biden a déclaré dans une interview qu’il était d’accord avec le fait que le président Vladimir Poutine était « un tueur » et a affirmé que le dirigeant russe « paierait le prix » de l’ingérence électorale présumée de l’année dernière. Les États-Unis ont également imposé des sanctions à plusieurs entités russes en raison de cette ingérence présumée et de campagnes de piratage informatique visant des intérêts américains.

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