La fusée européenne Vega essuie un nouvel échec

Par Epoch Times avec AFP
17 novembre 2020
Mis à jour: 17 novembre 2020

Nouvel échec pour la fusée Vega: le lanceur européen a dévié de sa trajectoire mardi peu après son décollage, perdant les deux missions qu’il devait placer en orbite, une grave déconvenue pour Arianespace, encore inexpliquée.

C’est la deuxième fois en deux ans que Vega essuie un échec, après une défaillance à l’été 2019 qui avait conduit à détruire le lanceur, par précaution.

Huit minutes après un décollage réussi lundi à 22H52 depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane française (mardi à 02H52 heure de Paris), la trajectoire de la fusée s’est « dégradée », ont expliqué les équipes chargées du suivi des opérations selon la retransmission vidéo du lancement, a constaté une journaliste de l’AFP.

Déviation de la trajectoire

Elle a rencontré une « anomalie » dans sa trajectoire et « la mission est perdue », a confirmé depuis Kourou Stéphane Israël, le PDG d’Arianespace, la société qui opère les lancements, confirmant une « déviation de la trajectoire ».

Analyses des données en cours

On ignore encore ce qu’il s’est passé, et « les analyses des données de la télémesure sont en cours pour préciser les raisons de cet échec », a précisé le groupe. Une conférence de presse prévue mardi après-midi pourrait donner de premiers éclaircissements.

La trajectoire trop basse observée de la fusée pourrait laisser penser qu’elle serait retombée en mer après s’être peut-être partiellement disloquée dans l’atmosphère, sans danger aucun, puisque le trajet emprunté se trouve à des milliers de kilomètres de toute zone habitée.

Le lanceur européen embarquait à bord deux satellites qu’il devait placer en orbite à 700 kilomètres d’altitude, au cours d’une mission d’une durée programmée pour 1 heure et 42 minutes.

SEOSAT-Ingenio (750 kg) était le premier satellite d’observation de la Terre pour le compte de l’Espagne et de l’agence spatiale européenne (ESA). Mission phare du plan stratégique de l’Espagne pour l’espace, il s’agissait d’un satellite d’imagerie optique à haute résolution, qui devait alimenter des applications de cartographie, d’affectation des terres, de surveillance environnementale et de gestion des risques.

Mission Taranis

Autre passager du lanceur: Taranis, le premier satellite scientifique conçu pour observer la face cachée de orages, des phénomènes électromagnétiques mystérieux survenant à des altitudes comprises entre 20 et 100 km au-dessus de la Terre, et découverts il y a seulement une trentaine d’années.

Mission française, Taranis – du nom du Dieu du ciel et de l’orage dans la mythologie celtique gauloise – avait été développée en coopération avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et le centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour le compte du centre national des études spatiales (CNES) français. Son coût: 110 millions d’euros.

Petit (la taille d’une machine à laver), ce satellite de recherche fondamentale cumulait pas moins de huit instruments: micro-caméra, photomètre, détecteur d’électrons et de rayons gamma… exploités comme un seul grâce à un « cerveau », le calculateur MEXIC.

Deuxième mission de l’année

Il s’agissait de la deuxième mission de l’année pour Vega, qui a connu « une année 2020 difficile » (2 lancements contre 4 prévus), avait expliqué lundi à l’AFP Mario Fragnito, directeur de Vega au comité exécutif d’Arianespace, en référence à l’épidémie de Covid-19 et à des météos particulièrement défavorables en Guyane qui ont obligé à maints reports du premier vol.

Ce devait être le 17e lancement de l’histoire de cette fusée légère fabriquée en Italie, présentée comme la « petite sœur » d’Ariane. Et le septième lancement de l’année 2020 pour Arianespace, qui commercialise les vols d’Ariane et de Vega.

Le 10 juillet 2019, peu après son décollage de Kourou, Vega avait rencontré une anomalie importante, probablement due à une défaillance sur la partie avant du moteur de son deuxième étage, entraînant la destruction du lanceur au-dessus de l’océan. Le lanceur, alors chargé de placer en orbite un satellite militaire des Emirats Arabes Unis, essuyait son premier échec, après quatorze succès d’affilée depuis le début de son exploitation en 2012.

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